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Vapoter ou fumer : que dit la science en 2025 ?

Vapoter ou fumer : que dit la science en 2025 ?

« La cigarette électronique est 95 % moins nocive que la cigarette classique. » Voici la phrase qui ressort le plus sur la toile lorsque l’on cherche à comparer les risques du tabagisme et du vapotage pour la santé. Est-elle avérée ? Découle-t-elle de données objectives ?

Si vous voulez découvrir ce que dit réellement la science en 2025 à ce sujet, cette synthèse des dernières connaissances scientifiques ainsi que des recommandations des organismes de santé publique vous aidera à déterminer s’il est préférable de vapoter ou de fumer pour se prémunir de maladies graves.

Coup d’œil.


Vapoter ou fumer : que dit la science en 2025 ? Les résultats des rapports scientifiques à retenir

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Il existe en 2025 un consensus scientifique qui dit clairement que vapoter est beaucoup moins nocif que fumer. C’est grâce à certaines études qui ont permis de réaliser des avancées majeures dans la connaissance des effets du vapotage sur la santé, et ce depuis une décennie déjà. Voici un récapitulatif chronologique des recherches scientifiques majeures et de leurs résultats à retenir aujourd’hui, en 2025.

« Les cigarettes électroniques sont 95 % moins nocives pour la santé que les cigarettes normales » – Rapport 2015 du Public Health England

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En 2015, l’ancienne agence de santé publique britannique nommée Public Health England (PHE) missionna des chercheurs indépendants du King’s College et de l’Université Queen Mary de Londres pour un travail colossal et novateur : compiler et analyser les études et les enquêtes sur la cigarette électronique disponibles dans le monde entier pour faire émerger un comparatif fiable et exhaustif des risques du tabagisme et du vapotage pour la santé.

Il en résulta un rapport intitulé E-cigarettes : an evidence update, dont l’objectif était d’obtenir les meilleures données probantes possibles en la matière. Or, c’est ce rapport, reconnu par la communauté scientifique pour sa rigueur méthodologique, qui a conclu à l’impressionnant taux de réduction des risques permis par la vape en comparaison au tabagisme qui fait consensus dans une vaste communauté scientifique, et omniprésent sur la toile.

« En un mot, les meilleures estimations montrent que les cigarettes électroniques sont 95 % moins nocives pour la santé que les cigarettes normales. »

Une moindre exposition toxique en vapotant qu’en fumant – Rapport 2022 du Public Health England

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Depuis la publication de son rapport majeur E-cigarettes : an evidence update, le Public Health England a demandé aux chercheurs indépendants du King’s College et de l’Université Queen Mary de Londres de passer en revue les nouvelles études scientifiques disponibles pour pouvoir toujours disposer de données probantes d’actualité.

En 2022, des précisions sur la moindre dangerosité pour la santé de la cigarette électronique par rapport au tabac ont pu être apportées par les chercheurs. Ils ont conclu qu’à court et moyen terme, le vapotage représente seulement une petite fraction des risques liés au tabagisme, en précisant que des études évaluant le vapotage à plus long terme (pendant plus de 12 mois) seraient nécessaires pour vérifier que ces risques restent les même en cas d’utilisation plus longue d’une cigarette électronique.

Des conclusions tirées après une rigoureuse observation des biomarqueurs qui mesurent les concentrations de substances potentiellement nocives dans l’organisme, chez des vapoteurs comme des fumeurs. Plus précisément de biomarqueurs associés au risque de cancer, de maladies respiratoires et cardiovasculaires. D’après les chercheurs, l’exposition aux substances toxiques capables de déclencher ce type de maladies était en effet significativement plus faible dans le cas du vapotage par rapport au tabagisme, et similaire ou presque dans le cas du vapotage par rapport à la non-utilisation de produits nicotinés.

« Les biomarqueurs de dommages potentiels diminuent significativement chez les personnes passant du tabagisme au vapotage ou à la double utilisation. » – Revue Cochrane 2025

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Depuis sa création en 2012 pour fournir un éclairage scientifique aux administrations sanitaires sur différents sujets, y compris le vapotage, la revue systématique Cochrane s’est imposée comme un ouvrage phare de la recherche scientifique mondiale sur la cigarette électronique grâce à son protocole de travail exhaustif, par méta-analyse année après année de l’ensemble des études portant sur la vape disponibles dans le monde.

Le 29 janvier 2025, le Cochrane Tobacco Addiction Group (CTAG) publiait la septième mise à jour de sa revue. Cette méta-analyse de 90 publications, soit d’un échantillon de 29 044 fumeurs, a conclu à la moindre nocivité pour la santé du vapotage par rapport au tabagisme, et à une amélioration de la santé des fumeurs qui arrêtent le tabac à l’aide de la cigarette électronique nicotinée, même dans le cas d’une utilisation longue durée de la cigarette électronique, et même en cas de maintien de la consommation de quelques cigarettes en plus de la vape les premiers temps du sevrage. Les chercheurs précisaient toutefois dans la revue que les dommages réduisent davantage lorsque l’arrêt tabagique est total.

« Les analyses secondaires de la revue Cochrane sur les cigarettes électroniques pour arrêter de fumer ont montré que […] les biomarqueurs de dommages potentiels diminuaient significativement chez les personnes passant du tabagisme au vapotage ou à la double utilisation. […] Ces résultats devraient rassurer sur le fait que la fourniture de cigarettes électroniques aux fumeurs n’est pas susceptible d’entraîner une exposition accrue aux produits chimiques nocifs, même si la consommation de cigarettes persiste. »

« La vape aromatisée est moins risquée pour la santé que le tabac fumé. » – Étude 2025 du laboratoire U1059 Inserm Sainbiose de Saint-Étienne

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Dans le laboratoire U1059 Inserm Sainbiose (Santé Ingénierie Biologie) de Saint-Étienne, chercheurs et médecins de l’École des Mines, de l’Université Jean Monnet et du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) ont aussi fait avancer la recherche sur la cigarette électronique récemment grâce à une étude de 2025 sur l’activité biologique des émissions de la cigarette électronique inhalées en vapotant, visant à comparer leur dangerosité à celles de la fumée de cigarette. Une étude sous la direction de recherche de Jérémie Pourchez, financée par l’Institut National du Cancer (INCA), qui a demandé plus de 10 années de travail.

Pour cette étude, ont été analysés, d’un point de vue chimique, le pic de composés toxiques et la concentration trouvés dans les émissions de cigarettes électroniques. De la toxicologie in vitro a également été réalisée en mettant en contact toutes les 30 secondes des aérosols de cigarette électronique avec plusieurs inserts de cultures cellulaires, aussi bien issues de la sphère respiratoire (des poumons, des bronches, comme du nez) que des sphères cardiaque et vasculaire, via un robot à vapoter.

L’idée était d’obtenir des conditions de vapotage proches de la réalité, avec des e-liquides aux arômes différents, utilisés à raison de 30 à 40 bouffées pendant une dizaine à une quinzaine de minutes, et d’aller observer les effets dans les cellules exposées 24h après. Les données relevées par les chercheurs du Centre Ingénierie et Santé de Saint-Étienne attestent que l’aérosol d’une cigarette électronique, peu importe son ou ses arômes, s’est toujours montré au moins 1000 fois moins dangereux pour les cellules exposées que la fumée de cigarette.

« Une étude stéphanoise a analysé les arômes dans la vape et il en ressort qu’il n’y a pas de toxicité d’un arôme ou d’un arôme, que la vape aromatisée reste infiniment moins risquée que le tabac fumé. »

Dr. Marion Adler, Congrès E-ADD 2025

Précisons que l’arôme cannelle est le seul à s’être avéré légèrement plus dangereux que les autres, parce que sa structure moléculaire génère davantage de composés toxiques pendant la chauffe. Les dégâts qu’il inflige sont toutefois restés insignifiants par rapport à ceux causés par la fumée de la cigarette d’après Jérémie Pourchez. Le chercheur français s’est d’ailleurs exprimé dans la presse pour contredire une déclaration britannique alarmiste qui affirmait plus tôt en 2025 que les risques pour les vapoteurs étaient les mêmes que pour les fumeurs, faisant suite à une étude à la méthodologie douteuse, d’ailleurs non terminée et non publiée, menée par des scientifiques de l’Université de Manchester et dirigée par le Dr Maxime Boidin.

« Aujourd’hui, le consensus scientifique est qu’il peut y avoir des risques sur la santé à vapoter mais que, sans aucun doute, il y a un bénéfice pour la santé à passer de la cigarette de tabac au vapotage. »

Jérémie Pourchez, Directeur de Recherche

Les vapoteurs réguliers ont une légère baisse de capacité respiratoire par rapport aux non-fumeurs, mais bien meilleure que celle des fumeurs. – Étude 2025 de l’université de Louvain

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L’effet du tabagisme sur la capacité respiratoire et la récupération à l’effort est bien connu : il réduit drastiquement la capacité du sang à transporter l’oxygène et par conséquent la capacité respiratoire et celle de récupération à l’effort. C’est parce que le monoxyde de carbone de la fumée de cigarette a une affinité 200 à 250 fois plus forte pour l’hémoglobine que l’oxygène.

Cet effet s’observe scientifiquement en mesurant un indicateur de la capacité aérobie nommé VO2 max. Les recherches sur l’impact du tabac sur le VO2 max ont montré une baisse notable de cet indicateur chez les fumeurs par rapport aux non-fumeurs, y compris les sportifs. Le tabagisme diminue donc la capacité respiratoire des fumeurs, causant des performances physiques réduites et une endurance limitée, prolonge leur temps de récupération musculaire et augmente leur risque de blessures et de crampes lors d’une pratique sportive.

De son côté, l’utilisation d’une cigarette électronique n’entraîne pas de tels effets sur la capacité respiratoire et la récupération à l’effort, d’après les résultats des nombreuses études qui se sont intéressées à ce sujet. La plus récente, menée en 2025 par l’université de Louvain sur un panel de 150 sportifs amateurs, a pu démontrer que les vapoteurs réguliers n’ont qu’une légère baisse de la VO2max par rapport aux non-fumeurs. Une baisse insignifiante par rapport à celle observée chez les fumeurs.

L’étude scientifique vient corroborer les témoignages de divers praticiens de santé qui ont déclaré observer une amélioration de l’endurance et du souffle à l’effort pour leurs patients qui sont passés de la cigarette à la vape, ou qui ont complètement arrêté de fumer sans passer par la case vapotage.

Vapotage VS tabagisme : pourquoi fumer est-il plus nocif que vapoter ?

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« Entre le tabac qui fait plus de 70 000 morts chaque année et qui tue prématurément une personne sur deux et une autre option, en l’occurrence ici la vapoteuse, pour laquelle on manque de recul mais qui montre des risques moindres, mon choix se porte sans réserve vers la seconde option. […] En évitant le tabac, on ne s’expose plus à sa combustion, qui représente le plus grand risque.  »

Dr. William Lowenstein, président de SOS Addictions

Fumer est plus nocif que vapoter. Le 19 mars 2025, lors du 9e e-congrès national sur les addictions organisé par l’association SOS Addictions, dont le tabagisme, nommé E-ADD 2025, deux sommités françaises de l’addictologie ont tenu à expliquer pourquoi et à faire passer le message « N’ayons pas peur de la vape », considérée à tort comme un produit du tabac et encadrée comme tel, en Europe, par la Directive des produits du tabac (TPD). William Lowenstein et Marion Adler ont notamment présenté la grande différence entre fumée de tabac et aérosol de cigarette électronique, à l’origine de la moindre dangerosité du vapotage par rapport au tabagisme.

La fumée de tabac, qui provient de la combustion, contient du monoxyde de carbone, des goudrons, et des substances cancérigènes. Pas l’aérosol d’une cigarette électronique.

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« Ce qui est toxique dans la cigarette de tabac, c’est la fumée, la combustion, qui génère entre autres du monoxyde de carbone et des substances cancérigènes. Avec la vape, c’est de la vaporisation de nicotine, il n’y a pas de combustion, pas de tabac, pas de monoxyde de carbone. »

Dr. Marion Adler, E-ADD 2025

L’Institut Pasteur l’établissait lui-même en 2021 dans une étude scientifique : les aérosols générés par les cigarettes électroniques contiennent moins de 1 % des nombreuses substances chimiques irritantes, toxiques et cancérigènes, comme les goudrons ou le monoxyde de carbone, retrouvées dans la fumée de cigarette.

Vapoter étant infiniment moins risqué que de fumer, le Dr. Marion Adler a déclaré que la cigarette électronique doit même être conseillée par les professionnels de santé compétents aux femmes enceintes ou allaitantes dans le cadre d’un sevrage tabagique, lorsque les substituts nicotiniques sur ordonnance sont inefficaces, pour leur permettre de se protéger et de protéger leur enfant à naître ou né de la toxicité du tabac.

« Attention gynécologues, ne donnez pas de fausses informations aux patientes : ce qui est toxique, c’est le monoxyde de carbone, donc le tabac fumé. Pas la vape. Donc, rassurez les : il vaut mieux qu’une femme enceinte vapote et ne retourne pas vers le tabagisme. Idem pour une femme qui allaite ! » 

Dr. Marion Adler, E-ADD 2025

La délivrance de la nicotine par pic, avec la cigarette, est plus nocive pour la santé cardiaque que celle stable et linéaire avec la vape

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Lors du congrès E-ADD 2025, l’addictologue Marion Adler s’est également exprimée au sujet de la nicotine, pour évoquer sa non toxicité telle que dosée dans les e-liquides français dans le cadre d’une consommation normale, telle que permise par une cigarette électronique.

« C’est la combustion qui tue, pas la nicotine. La nicotine est la substance addictive. Elle n’est pas toxique. On la donne à tout patient fumeur, peu importe la pathologie. »

Dr. Marion Adler, E-ADD 2025

La nicotine n’est toutefois pas dénuée d’effets sur le système cardiovasculaire, puisqu’elle peut induire une augmentation transitoire de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle lorsqu’une concentration brutale et élevée de cette substance se retrouve dans la circulation sanguine. Ceci arrive par un seul mode d’administration : la cigarette. En effet, fumer provoque un apport intense et de courte durée de nicotine, que l’on appelle un pic nicotinique, automatiquement suivi d’une période de manque. Le tabacologue Jacques Le Houezec, spécialiste français de la nicotine et consultant indépendant en santé publique, explique ce phénomène par la présence de fines gouttelettes de goudron dans le tabac qui sont un excellent vecteur de nicotine dans le corps.

Avec une cigarette électronique, de tels effets ne sont pas observés, car le mélange de propylène glycol et de glycérine végétale des e-liquides achemine moins bien la substance que la fumée du tabac, et ne permet qu’une absorption de la nicotine stable et linéaire, à l’instar des substituts nicotiniques (patchs, pastilles, gommes), explique Jacques Le Houzec. Vapoter un e-liquide nicotiné et fumer du tabac ont ainsi de fait un impact différent sur la concentration de nicotine dans le sang, et par conséquent sur la santé cardiovasculaire.

Une concentration régulière et faible de la nicotine circulant dans le corps n’entraîne plus précisément aucun effet cardiovasculaire. C’est pourquoi les substituts nicotiniques et la cigarette électronique sont aussi recommandés aux malades cardiaques, même juste après un infarctus du myocarde, dans le cadre d’un sevrage tabagique pour les protéger des méfaits du tabac, d’après les recommandations AFSSAPS.

Vape ou cigarette ? L’avis des cardiologues

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L’effet du tabac sur le cœur est connu et grave : plus un fumeur consomme de cigarettes, plus il fragilise son cœur. Il est précisément documenté par une étude de 2022 menée par le Dr. Eva Holt, de l’hôpital Herlev et Gentofte, à Copenhague au Danemark, qui conclue :

« Nous avons constaté que le tabagisme actuel et l’accumulation de paquets-années étaient associés à une détérioration de la structure et de la fonction de la chambre cardiaque gauche – la partie la plus importante du cœur. En outre, nous avons constaté que sur une période de 10 ans, les personnes qui ont continué à fumer ont développé un cœur… moins capable de pomper le sang, par rapport aux personnes qui n’ont jamais fumé et à celles qui ont arrêté de fumer pendant cette période. »

Dr. Eva Holt

Qu’en est-il de l’effet de la cigarette électronique sur la santé cardiaque ? Comme nous l’avons évoqué précédemment, les recherches scientifiques indiquent un effet moindre de la nicotine sur la santé cardiovasculaire dans le cadre du vapotage par rapport au tabagisme compte tenu de sa libération linéaire et stable et non par pic. De façon plus large, les risques cardiovasculaires du vapotage connus en 2025 sont aussi très inférieurs à ceux du tabac, même s’ils ne sont pas nuls. Les seules études s’intéressant aux effets de la cigarette électronique sur le cœur dont les conclusions diffèrent présentent des biais ou des conflits d’intérêts.

« Le lien très fort et bien documenté qui existe entre le tabagisme et les maladies cardiovasculaires n’est tout simplement pas observé pour le vapotage, ce qui confirme la toxicité beaucoup plus faible de ces dispositifs comparativement à la fumée de cigarette. »

Dr. Martin Juneau, Cardiologue, directeur de l’Observatoire de la prévention de l’Institut de Cardiologie de Montréal

« Il serait dramatique que des vapoteurs reviennent au tabac. Les non-fumeurs ne doivent pas se mettre à l’e-cigarette, mais pour les accros au tabac, vapoter est beaucoup moins dangereux, y compris sur le plan cardio-vasculaire. »

Pr. Daniel Thomas, cardiologue et président d’honneur de la Fédération française de cardiologie

Cigarette électronique ou tabac ? L’avis de l’Institut National du Cancer et du Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard

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« Aujourd’hui, aucune étude scientifique n’a fait la preuve d’un lien de causalité entre l’utilisation de l’e-cigarette et le cancer du poumon dès lors que les produits sont achetés dans le circuit légal et ne sont pas transformés ou associés à d’autres substances. »

Institut National du Cancer

L’Institut National du Cancer conseille la cigarette électronique aux fumeurs dans le cadre d’un sevrage tabagique. L’organisme rappelle que les systèmes électroniques de délivrance de la nicotine (SEDEN) ne contiennent pas les 7000 substances chimiques du tabac, dont 70 cancérigènes reconnus (dont le benzène, l’arsenic et le chrome), à des taux significatifs, et que le risque de cancer lié à la cigarette électronique, s’il est un jour prouvé, restera toujours bien moindre que le risque extrêmement important de cancer dû au tabac. Il rappelle aussi que la nicotine n’est pas cancérigène, y compris celle des e-liquides pour cigarettes électroniques.

« Laisser penser que la cigarette électronique est aussi dangereuse que le tabac est, dans l’état actuel des connaissances, faux. Cette croyance peut avoir un impact négatif sur les personnes qui souhaitent débuter un sevrage tabagique avec l’e-cigarette et limiter ainsi leur risque de cancer. »

Institut National du Cancer

Si en 2025, des chercheurs du Département de médecine environnementale du Centre médical de l’Université de Rochester, aux États-Unis, ont mené une étude pour déterminer si la cigarette électronique pouvait causer des cancers, ils n’ont d’ailleurs pas pu apporter de preuves solides que la cigarette électronique augmente le risque de développer un jour un cancer quel qu’il soit, y compris dans la sphère nasopharyngée, les sinus et les voies respiratoires hautes, endroits du corps les plus exposés aux substances contenues dans l’aérosol des cigarettes électroniques.

Le Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard estime toutefois qu’il faudrait mener des recherches sur des vapoteurs exclusifs n’ayant jamais fumé pour trancher sur la question définitivement, en l’absence de données fiables disponibles en 2025. Le Centre se veut très rassurant toutefois, en rappelant que la norme française AFNOR XP D90-300 fixe des concentrations maximales autorisées pour les trois substances cancérogènes (formaldéhyde, acroléine, et acétaldéhyde) qui pourraient potentiellement se former dans les émissions des cigarettes électroniques lors de la chauffe d’un e-liquide par dégradation du propylène glycol, de la glycérine végétale et des arômes, pour prémunir les consommateurs de tout risque de cancer.

Vapotage ou tabagisme ? L’avis des pneumologues

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Dès 2019, la Société francophone de tabacologie (SFT) et la Société de pneumologie de langue française (SPLF) présidée à l’époque par le Pr. Nicolas Roche, ont pris position face à la question de la dangerosité de la vape par rapport à celle du tabac. Elles ont décidé de s’aligner à l’avis de l’époque du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), qui disait alors :

« On peut faire l’hypothèse que la consommation (de cigarette électronique) seule est moins à risque que la consommation de tabac mais plus à risque que l’absence de consommation. »

Dans un communiqué commun, ces sociétés savantes affirment que la cigarette électronique est probablement une aide efficace pour arrêter de fumer, à condition qu’elle soit utilisée de façon transitoire (en l’absence de donnée précise sur ses effets à long terme) en vue de l’arrêt de la consommation tabagique, et seulement en cas d’échec avec les autres dispositifs de sevrage.

Le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et tabacologue à l’institut Arthur-Vernes, auteur de plusieurs livres sur le tabagisme, coordinateur en mai 2013 d’un rapport sur la cigarette électronique pour le ministère français de la Santé, président de la commission de normalisation AFNOR sur les cigarettes électroniques et e-liquides pendant six ans, mais aussi Frédéric Le Guillou, pneumologue-allergologue, tabacologue et président de l’association Santé Respiratoire France, sont de fervents défenseurs de la vape comme un outil de réduction des risques tabagiques et d’aide au sevrage tabagique.

Ils se sont opposés au nouvel avis du HCSP rendu en 2022 lorsqu’il a exclu la cigarette électronique des outils de réduction des risques liés au tabac.

« Le Haut Conseil de Santé Publique estime que les données de la littérature ne sont pas suffisantes pour recommander l’utilisation de ce dispositif comme moyen de sevrage tabagique parce que le niveau de preuve dont on dispose n’atteint pas celui exigé pour un médicament. »

« Il existe en France une nébuleuse de lobby « antivape », regroupant généralement des chercheurs qui lisent les revues scientifiques, mais qui écoutent probablement mal les patients fumeurs et vapoteurs. En tant que médecin praticien, je pense que l’écoute de nombreux patients permet de prendre de bonnes décisions là où la science n’apporte pas de réponses définitives. […] Les auteurs de l’avis du HCSP, le soulignent eux-mêmes :  aucun élément, pour l’instant, ne permet de dire que vapoter présente un risque significatif. »

Pr. Bertrand Dautzenberg

En 2022, d’autres pneumologues se sont aussi montrés très en faveur de la vape par rapport à la cigarette et opposés à l’avis du HCSP, tel que le Dr. Sébastien Couraud, en signant une tribune publiée dans Le Monde pour rappeler que les risques à long terme du vapotage sont largement inférieurs à ceux du tabagisme, suffisamment pour justifier l’utilisation de la cigarette électronique en tant qu’outil de réduction des risques pour leurs patients.


Vapoter ou fumer : les recommandations officielles en 2025

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En 2025, les recommandations officielles qui visent à aider les consommateurs à trancher entre vapoter ou fumer divergent entre les différents organismes de santé publique français.

L’Académie nationale de médecine déclare qu’il est « préférable de vapoter plutôt que de fumer », et se montre de son côté favorable à la vape plutôt qu’au tabagisme, tout comme l’Institut National du Cancer. De son côté le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), qui considérait la cigarette électronique comme un « outil d’aide à l’arrêt du tabac chez les populations désireuses de sortir du tabagisme » a décidé de rendre en 2022 un avis plus frileux sur les bénéfices-risques de la cigarette électronique, en phase avec les recommandations américaines, européennes et de l’Organisation mondiale de la santé.

Cet avis du HCSP dit que l’e-cigarette « ne peut pas à ce jour être présentée comme un outil de réduction des risques liés au tabac », faute de preuves d’efficacité et d’innocuité suffisamment solides à moyen/long terme pour la considérer comme un outil privilégié de soin et la conseiller dans un objectif de sevrage tabagique par un professionnel de santé. Les données épidémiologiques étant pour la plupart en faveur d’une chance accrue de sevrage tabagique sous e-cigarette, le HCSP a toutefois décidé de laisser la possibilité d’une utilisation individuelle, selon le choix de chacun, explique le Dr. Ivan Berlin, membre du groupe de travail de cet avis du HCSP. 

Santé Publique France, dont l’avis dit s’aligner à celui du Haut Conseil de la santé publique, se montre cependant plus favorable à la cigarette électronique qu’au tabac en déclarant : « Pour un fumeur, l’avantage de recourir à un produit du vapotage lors de l’arrêt complet du tabac est de réduire son exposition aux nombreuses substances toxiques et cancérigènes de la fumée de tabac. »

L’organisme précise simplement que « La consommation simultanée de produits du tabac et de produits du vapotage n’est pas associée à une diminution des risques pour la santé ; en conséquence, le vapo-fumage est déconseillé. […] Les produits du vapotage ne sont pas dénués de risque, notamment quand ils contiennent de la nicotine, substance addictive. Les effets sur la santé sont insuffisamment connus à court, moyen et long terme ; Ils ne doivent pas être utilisés durant la grossesse. » Santé Publique France Santé recommande également de ne pas fabriquer de mélanges liquides pour dispositifs de vapotage et déconseille l’ajout de substances dans un e-liquide prêt à l’emploi.

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