
Quel avenir pour la cigarette électronique ? La question est plus que jamais d’actualité cet été, en France comme à l’international.
La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié une note de cadrage de ses recommandations sur le vapotage, et plus généralement sur l’arrêt de la consommation de tabac, le 20 juillet dernier, après une validation en date du 14 juin 2023.
De son côté, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) organise actuellement de son côté la dixième conférence des Parties (COP10) de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT), qui se déroulera du 20 au 25 novembre 2023 à Panama. La publication de son ordre du jour définitif est prévue pour septembre. Son ordre du jour provisoire a déjà été publié sur la toile.
Que ces organismes réservent-ils à la cigarette électronique ? Par ici pour le découvrir !
Quel avenir pour la cigarette électronique prévu par la HAS ?

Il fallut attendre le 20 juillet 2023 pour que la Haute Autorité de Santé (HAS) annonce plancher sur la mise à jour de ses recommandations de bonne pratique sur l’arrêt de la consommation de tabac et sur l’usage de la cigarette électronique. Un travail commandité par la Direction Générale de la Santé et la Société Francophone de Tabacologie (SFT) deux ans plus tôt, pour pallier à la nécessité de passer en revue la littérature scientifique sur la vape parue après 2014.
Cette annonce est parvenue sur la toile via la publication d’une note de cadrage. Un document préparatoire aux nouvelles recommandations de la HAS en la matière, qui seront discutées en commission en octobre 2024, avant un vote final en novembre, un mois plus tard. Des recommandations qui seront inscrites dans le Programme National de Lutte contre le Tabac 2023 – 2027 (PNLT) en cours d’élaboration par le ministère de la santé et de la prévention.
La HAS est donc actuellement en train d’organiser l’avenir de la cigarette électronique en France, en préparant des recommandations dont l’objectif est de mieux accompagner les patients, auxquels les médecins se conformeront dès 2025.
Une note de cadrage préoccupante

La note de cadrage partagée par la HAS détaille les écrits qui seront étudiés pour produire les nouvelles recommandations sur le vapotage. Parmi ces sources, des publications scientifiques. L’organisme y évoque entre autres la dernière synthèse de l’observatoire français des drogues et des conduites addictives (OFDT) sur le tabac et la cigarette électronique (2023), et les résultats de l’enquête ESCAPAD 2022, auxquelles s’ajoutent l’ensemble des travaux de la HAS sur le tabac, ainsi que 144 recommandations et 817 méta-analyses. Plutôt positif non ? Pas vraiment.
La Haute Autorité de Santé s’appuiera également sur le cadre légal et les orientations publiques récentes concernant la lutte contre le tabagisme et l’utilisation des cigarettes électroniques. Il s’agit plus précisément de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) du 21 mai 2003 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Sont également évoqués l’ensemble des plans nationaux successifs contre le tabagisme, y compris les propositions du CNCT, missionné par l’Alliance contre le Tabac (ACT), pour le Plan national de lutte contre le tabac (PNLT) 2023-2027. Enfin, la HAS compte aussi s’appuyer sur les nouvelles recommandations du Ministère de la Santé et de la Prévention concernant l’usage des produits de vapotage et de la cigarette électronique (novembre 2022).
La HAS ne semble donc pas partie pour séparer le bon grain de l’ivraie parmi les publications, alors que c’est le rôle qu’elle devrait précisément jouer. Par ailleurs, aucune communication n’a été apportée dans cette note de cadrage sur l’identité des membres qui rejoindront le groupe de travail. Il ne reste qu’à espérer qu’ils seront impartiaux et dénués de conflits d’intérêts. Plus préoccupant encore, la Haute Autorité de Santé pose noir sur blanc une liste de nouvelles problématiques apparues après 2014 dans notre société à cause de la cigarette électronique, auxquelles elle compte bien répondre efficacement…
Une attaque annoncée de la cigarette électronique

La note de cadrage formulée par la Haute Autorité de Santé évoque les nouvelles questions qui seront abordées par l’organisme dans leurs nouvelles recommandations de bonne pratique :
- Quelle est la place de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique et quels sont les risques de son usage ?
- Quelle prise en charge du sevrage nicotinique, notamment dans le cadre de l’usage de la cigarette électronique ?
- Quels sont les risques de la co-consommation tabac – cigarette électronique ? Quelle prise en charge ?
- Comment faire évoluer l’appréciation/perception par les patients et les médecins de l’usage de la cigarette électronique ?
Une liste de questions qui ne nous mettrait pas en alerte si l’on n’avait pas trouvé en écho, dans la note de cadrage, la présentation d’une liste des problématiques apparues consécutivement à la cigarette électronique dans notre société, posée là pour expliquer les nouveaux enjeux auxquels la Haute Autorité de Santé compte bien faire face.
La HAS écrit en effet noir sur blanc devoir résoudre quatre problématiques majeures liées à l’usage de la cigarette électronique en France :
- L’entrée dans l’addiction par la cigarette électronique. Devinez quoi ? Ce problème est présenté en parallèle de l’utilisation d’arômes dans les cigarettes électroniques. On peut donc presque déjà deviner la mesure pour y répondre…
- La prise en charge du sevrage nicotinique des vapoteurs, le produit addictif étant la nicotine. Voire le produit du diable en somme. Ne vaudrait-il pas mieux se préoccuper davantage du sevrage nicotinique des fumeurs en raison de la dangerosité du tabac, qui rappelons-le ne vient pas de la nicotine mais des substances émises lors de la combustion ?
- La co-consommation : tabac – cigarette électronique. Rappelons que les risques pour la santé découlent dans ce cas de la consommation de tabac, pas de l’utilisation de la cigarette électronique.
- L’appréciation/perception par les patients et les médecins de l’usage de la cigarette électronique, le vapotage étant considéré comme peu grave. Oui vous avez bien lu, c’est un problème que des médecins considèrent la vape comme peu grave et la proposent comme alternative à risques réduits à leur patients. Lorsque des médecins insistent sur la probable dangerosité de la vape, non prouvée, auprès de leurs patients ce qui leur arrive est meilleur, c’est vrai : ils prennent peur, arrêtent la cigarette électronique et reprennent généralement le tabac… Le Professeur B. Dautzenberg l’a déjà dénoncé à plusieurs reprises.
La question « Quel avenir pour la cigarette électronique ? » trouve donc pour réponse de réelles menaces qui risquent de s’abattre sur la cigarette électronique suite à la révision des recommandations de la Haute Autorité de Santé. Ce ne sont malheureusement pas les seules, car à l’échelle mondiale il y a aussi de quoi se préoccuper.
Quel avenir pour la cigarette électronique prévu par l’OMS ?

L’avenir pour la cigarette électronique est plus que jamais dans les mains de l’Organisation Mondiale de la Santé cet été. Quatre mois avant le début de la dixième session de la Conférence des Parties (COP10) à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), qui se tiendra du 20 au 25 novembre à Panama, le Secrétariat de la Convention a publié son ordre du jour provisoire. C’était le 5 juillet dernier.
La COP réunira une fois de plus les Parties, c’est-à-dire 181 délégations nationales auxquelles s’ajoute l’Union européenne, tous décideurs, pour leur présenter les dernières résolutions et recommandations élaborées par le secrétariat de la CCLAT. Elles visent à lutter plus efficacement contre le tabagisme dans le monde. En l’absence d’objection de l’une ou plus des Parties, les résolutions seront approuvées et contraindront les Parties à adapter leurs propres législations en conséquence. Les recommandations, à défaut d’engager juridiquement les délégations nationales présentes ainsi que l’Union Européenne, les influenceront fortement dans leurs choix législatifs.
À l’ordre du jour, en point n°6, les instruments d’application du traité et les questions techniques seront soulevées. Il s’agira plus précisément de mettre sur le tapis l’application des articles 9 et 10 de la CCLAT impactant la réglementation de la composition des produits du tabac et celle des informations sur les produits du tabac à communiquer, ainsi que la publicité en faveur du tabac, la promotion et le parrainage, qui traitera également de la représentation du tabac dans les médias du divertissement.
Du tabac au sens large, puisque le secrétariat de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac de l’OMS consacre un rapport complet sur les produits du tabac chauffés, plus que jamais dans son viseur cette session. Les cigarettes électroniques sont également au programme, le sujet du vapotage et plus généralement de la réduction des risques face au tabagisme ayant été reporté à la COP10 en 2021. La lecture des différents rapports mentionnés au point 6 de l’ordre du jour provisoire de la COP10 apporte de nombreuses informations sur ce que l’OMS réserve aux produits du vapotage.
Les aérosols bientôt bannis des espaces publics ?

Le secrétariat de la CCLAT devrait enjoindre les Parties à appliquer la décision FCTC/COP7 pour interdire l’utilisation d’inhalateurs électroniques
contenant de la nicotine dans les zones non-fumeurs, autrement dit dans les espaces publics même ouverts. Ceci pour simplifier l’interdiction recommandée de l’utilisation de produits du tabac chauffés dans les zones non fumeurs, les e-cigarettes étant d’après l’OMS difficiles à distinguer des appareils électroniques pour les produits du tabac chauffés.
L’ordre du jour provisoire de la COP10 consacre une partie entière de son point n°6 aux difficultés posées par les produits du tabac nouveaux et émergents et classification de ces produits, qui développe une remise en cause des risques réduits pour les produits du tabac chauffés, en raison d’une nocivité documentée, pas aussi réduite que les industriels du tabac le prétendent. Le secrétariat de la CCLAT considère désormais qu’utiliser un produit du tabac chauffé ne peut plus être considéré comme un sevrage tabagique :
« Article 14. Les produits du tabac chauffés étant des produits du tabac, le fait de remplacer la cigarette traditionnelle par un produit du tabac chauffé ne constitue pas un sevrage tabagique au sens de l’article 14 et des directives pour son application, qui définissent le sevrage tabagique comme le fait d’arrêter de consommer n’importe quel produit du tabac. Or les allégations de l’industrie du tabac relatives à la réduction des risques pourraient avoir pour effet d’encourager les fumeurs à opter pour une autre catégorie de produits au lieu de chercher à renoncer au tabac. »
Il ouvre la réflexion au passage de la cigarette à la vape également, en évoquant la nécessité de définir de manière uniforme la notion de « sevrage tabagique » et de déterminer si une personne qui est passée de la cigarette classique à l’utilisation continue d’une cigarette électronique peut être considérée comme ayant réussi à « arrêter de fumer ».
Un tabagisme passif est par ailleurs associé aux produits du tabac chauffés d’après le document, qui apporte une nouvelle définition de la fumée :
« La fumée est un type d’aérosol qui est produit lorsqu’une substance est suffisamment chauffée pour produire des produits de réaction chimique nocifs. Elle peut être produite dans une large plage de températures, avec ou sans combustion. Le chauffage du tabac à des températures couramment utilisées dans les produits du tabac nouveaux et émergents, y compris les produits du tabac chauffés, produit un
aérosol qui contient des produits de dégradation thermique toxiques qui n’étaient pas présents à l’origine dans le tabac avant son chauffage.Les aérosols émis par les produits du tabac chauffés relèvent donc de la définition de la fumée. Comme la source de cette fumée est un produit du tabac, les émissions de la plupart des produits du tabac nouveaux et émergents – y compris les produits du tabac chauffés – sont de la fumée de tabac. »
Cette définition ouvre la voie à l’interdiction des aérosols en zones non fumeurs. Le secrétariat de la CCLAT demande d’ailleurs aux délégations nationales et à l’Union Européenne de traiter les aérosols dégagés par les produits du tabac chauffés comme de la fumée et de considérer la consommation de ces produits comme analogue au fait de fumer, si les lois en vigueur le permettent, ou alors de modifier la législation ou la réglementation pour qu’ils le soient.
Les cigarettes électroniques : des produits du tabac pour l’OMS ?

La nouvelle définition de la fumée proposée par le secrétariat de la CCLAT pour l’OMS bouscule plus largement les codes de la classification des produits du tabac nouveaux et émergents, très hétérogènes. La définition de ces produits par l’OMS, détaillée dans le 5ème rapport du groupe d’étude de l’OMS sur la réglementation des produits du tabac, document de référence, correspond à des produits contenant du tabac dits à risques réduits, tels que les produits du tabac chauffés. Rien à voir avec la cigarette électronique à priori. Et pourtant ! Un terme habile revient à plusieurs reprises dans les documents liés à l’ordre du jour provisoire de la COP10 : « Produits à base de nicotine nouveaux et émergents ».
Issu de la classification des produits du tabac et des produits à base de nicotine nouveaux et émergents du Système harmonisé de l’Organisation Mondiale des Douanes, il est repris dans le document intitulé Difficultés posées par les produits du tabac nouveaux et émergents et classification de ces produits joint à l’ordre du jour provisoire de la COP10. Le secrétariat de la CCLAT recommande en effet aux Parties de se référer à cette classification précise pour mieux identifier les produits devant être soumis à une législation antitabac et taxés. Or, les produits du tabac chauffés et les cigarettes électroniques y sont regroupés dans une partie dédiée aux produits sans combustion et destinés à l’inhalation.
Autrement dit : les e-liquides pour cigarettes électroniques devraient être concernés par l’application de l’ensemble des articles de la Convention-cadre de l’OMS destinés à l’ensemble des produits du tabac nouveaux et émergents, et étendus aux dispositifs nécessaires à leur utilisation, donc aux cigarettes électroniques. En plus d’être frappés d’une interdiction d’utilisation dans les espaces publics, les e-cigarettes et les e-liquides seraient alors assimilés aux produits du tabac, taxés en conséquence, et souffriraient d’emballages neutres, d’obligations d’avertissements sanitaires et d’autres mesures visant à réduire leur attractivité. Les vapoteurs seraient dès lors considérés comme des fumeurs. Un bien sinistre scenario.
Vers l’interdiction des cigarettes électroniques puffs

Autre sujet phare à l’ordre du jour provisoire de la dixième session de la Conférence des Parties (COP10) à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) : la réglementation des cigarettes électroniques puffs, « en passe de devenir un problème de santé publique mondial » d’après le Rapport de situation sur les questions techniques relatives aux articles 9 et 10 de la CCLAT (réglementation de la composition des produits du tabac et réglementation des informations sur les produits du tabac à communiquer) qui lui est lié.
En possession d’un document d’information sur les caractéristiques, la commercialisation, les problèmes et les considérations réglementaires liés aux puff bars, l’OMS s’apprête à fournir des orientations faisant autorité à ses États Membres. L’organisme demande aux Parties de prêter attention de toute urgence aux e-cigarettes jetables pour préserver la santé des enfants et adolescents et protéger l’environnement. Le secrétariat de la CCLAT précise :
« Pour relever les défis posés par ces produits, les Parties devraient envisager de mettre en place une réglementation très stricte, pouvant aller jusqu’à l’interdiction, afin de protéger les enfants et les adolescents. Il convient de le faire dans le contexte de l’environnement réglementaire, tout en continuant à mettre l’accent sur la lutte antitabac fondée sur des données factuelles moyennant la mise en œuvre complète de la Convention-cadre de l’OMS. »
L’OMS reproche à ces produits des courbes de croissances fortes, notamment sur les marchés européens (+ 2200% en 2022 en Suisse), et une trop grande diversité de produits (plus de 550 000 différents disponibles sur certains marchés) malgré les risques environnementaux de leurs composants à usage unique (boîtier, batterie et résidus chimiques toxiques), et une prévalence de l’utilisation en augmentation, en particulier chez les jeunes.
En France, François Braun, l’ancien ministre de la santé, souhaitait l’interdiction des puffs. Son successeur, Aurélien Rousseau, ne s’est pas encore exprimé à ce sujet. Jean Moiroud, président de la Fivape, a vu en sa nomination une forme d’espoir pour les professionnels du secteur de la vape dans la dernière droite de l’élaboration du Programme National de Lutte contre le Tabac. Mais les orientations de l’OMS, défavorables à la cigarette électronique, pourraient bien le contraindre d’adopter des mesures anti vape non restreintes aux seules e-cigarettes puffs.
L’interdiction des arômes au programme

La réponse à la question « Quel avenir pour la cigarette électronique ? » risque d’être « sans arômes », si l’on se fie au Rapport de situation sur les questions techniques relatives aux articles 9 et 10 de la CCLAT.
Le secrétariat de la Convention-cadre pour la lutte antitabac de l’OMS se dit inquiet d’une prolifération de nouveaux produits à base de nicotine et de tabac, comme les cigarettes électroniques, sur les marchés mondiaux, avec un nombre et une diversité d’arômes stupéfiants répertoriés pour ces produits. Il rappelle que la science et la technologie des arômes a pour but d’accroître l’attrait de ces produits en atténuant l’amertume et l’âpreté du tabac, tout en facilitant l’inhalation, mais aussi de participer à une perception plus saine des produits qui contribue à attirer de nouveaux utilisateurs, notamment les jeunes.
Les Directives partielles pour l’application des articles 9 et 104 de la Convention-cadre de l’OMS reconnaissent que « du point de vue de la santé publique, il n’existe aucune justification pour autoriser l’utilisation d’ingrédients tels que des aromatisants qui aident à rendre les produits du tabac plus attractifs ».
L’Organisation mondiale de la Santé poursuit en affirmant que les évaluations de l’impact des mesures visant à interdire les arômes dans le monde révèlent une baisse des ventes de produits aromatisés ainsi qu’une augmentation du nombre de tentatives de sevrage tabagique fructueuses. Entendez par là un arrêt tabagique sans passage à la cigarette électronique. Pourtant, très nombreux sont les anciens fumeurs à s’être sortis du tabac à l’aide de la cigarette électronique et des arômes. SOVAPE rappelle que les chances de réussir son sevrage tabagique avec la vape sont même plus importantes avec des arômes fruités, frais ou gourmands qu’avec des arômes classics qui rappellent le tabac.
Mais peu importe pour l’OMS qui considère le vapotage comme une autre forme de tabagisme. La recommandation suivante apparait donc dans les Directives partielles pour l’application des articles 9 et 104 de la CCLAT, faisant suite aux rapports du groupe d’étude de l’OMS sur la réglementation des produits du tabac (TobReg) dès 2015. Le secrétariat de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac précise qu’elle se destine à tous les nouveaux produits, tels que les arômes pour les cigarettes électroniques, afin d’éliminer les failles potentielles que l’industrie pourrait exploiter en lançant sur le marché des nouveautés.
« Les Parties devraient réglementer, en la limitant ou en l’interdisant, l’utilisation d’ingrédients pouvant servir à améliorer le goût des produits du tabac. »
Une mesure de contrôle des arômes interdits et des sucres dans les e-liquides

En plus d’une interdiction des arômes pour les produits du tabac ainsi que pour les produits à base de nicotine nouveaux et émergents, l’OMS annonce aussi vouloir élaborer des méthodes de mesure des substances attractives des e-liquides, et les faire valider indépendamment des fabricants de ces différents produits.
Des méthodes qui permettraient de définir des seuils réglementaires pour ces substances, préalables à toute commercialisation d’un e-liquide ou de tout autre type de produit à base de nicotine nouveau et émergent. Les arômes et les sucres des e-liquides sont les substances concernées par ce projet, afin de s’assurer d’un respect de l’interdiction des arômes qui est présentée dans l’ordre du jour provisoire de la Conférence des Parties (COP10) de la CCLAT. Un outil qui serait à la disposition des Parties pour simplifier l’application de la nouvelle réglementation anti arômes.
Des recommandations complémentaires pour protéger les jeunes

Le secrétariat de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac ne s’arrête pas là dans ses recommandations anti vape et donne d’autres options envisageables aux Parties pour mieux protéger la jeune population mondiale du tabagisme, spécialement dédiées aux cigarettes électroniques :
« Lorsque l’importation, la vente et la distribution des inhalateurs électroniques contenant de la nicotine ne sont pas interdites, les gouvernements devraient interdire ces produits aux enfants et aux adolescents afin de les dissuader d’utiliser ces dispositifs et/ou d’en réduire l’utilisation dans ce groupe d’âge et éviter que ces produits ne soient proposés et commercialisés auprès des enfants et des adolescents ;
Surveiller le lien entre l’utilisation d’inhalateurs électroniques contenant de la nicotine et d’inhalateurs électroniques ne contenant pas de nicotine chez les enfants et les adolescents et le fait de commencer de fumer plus tard dans la vie par le biais d’enquêtes nationales pertinentes, afin d’obtenir des données précises sur la prévalence de l’utilisation des inhalateurs électroniques contenant ou non de la nicotine de sorte à éclairer les décisions réglementaires visant à protéger les enfants et les adolescents. »
Vers la standardisation du flux de délivrance de nicotine des cigarettes électroniques

Les nouvelles continuent à la lecture du Rapport de situation sur les questions techniques relatives aux articles 9 et 10 de la CCLAT. Le secrétariat de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac a déclaré que les données factuelles ne sont pas pour le moment favorables à l’utilisation des inhalateurs électroniques contenant ou non de la nicotine comme aides au sevrage tabagique.
Les fumeurs qui souhaitent arrêter devraient donc être orientés uniquement, d’après l’OMS, vers des conseils des professionnels de la santé, des lignes téléphoniques, services mobiles et numériques d’aide au sevrage tabagique, et des traitements de substitution de la nicotine approuvés (gommes et patchs) voire, si nécessaire, des pharmacothérapies. Ce faisant, l’organisme évoque, en plus de l’interdiction des arômes et du contrôle du seuil des arômes interdits et des sucres des e-liquides, une standardisation du flux de délivrance de la nicotine des cigarettes électroniques, visant à réduire leur pouvoir addictif ainsi que leur attractivité auprès des fumeurs.
L’OMS envisage de demander à TobLabNet, son réseau de laboratoires indépendants des industriels du tabac, missionnés pour la lutte anti tabac, d’adapter les méthodes de test de la composition des e-liquides et des émissions des cigarettes électroniques à des fins de réglementations. Plus précisément, TobLabNet devrait valider une méthode de détermination de la teneur en nicotine des émissions des cigarettes électroniques permettant de définir un seuil réglementaire à ne pas dépasser, là encore.
Un seuil qui, une fois établi, pour pouvoir être respecté, obligerait les fabricants de cigarettes électroniques et de e-liquides à avoir uniquement sur le marché des batteries pas trop puissantes, offrant une bouffée d’une durée standardisée, et des e-liquides avec une seule forme de nicotine, et un dosage restreint à un certain niveau. La fin de la vape libre telle qu’on la connaît, qui offre aux vapoteurs plus de chances de réussite de leur sevrage grâce à la personnalisation. Vraisemblablement aussi la fin des sels de nicotine dans les e-liquides, très appréciés des anciens gros fumeurs sujets à une irritation importante des voies respiratoires et pas satisfaits avec la nicotine classique, même à fort dosage.
Interdiction des systèmes ouverts de vapotage

Le Rapport de situation sur les questions techniques relatives aux articles 9 et 10 de la CCLAT rappelle aussi une recommandation particulière du groupe d’étude de l’OMS sur la réglementation des produits du tabac (TobReg) visant à améliorer la lutte anti tabac :
« Interdire les inhalateurs électroniques de nicotine et les inhalateurs électroniques ne contenant pas de nicotine dont l’utilisateur peut modifier les caractéristiques et les ingrédients liquides (c’est-à-dire les systèmes ouverts). »
Le secrétariat de la CCLAT envisagerait-il cette mesure encore plus drastique que la standardisation du flux de délivrance de nicotine des cigarettes électroniques évoquée, et s’apprêterait-il à demander l’interdiction totale de la personnalisation de la vape ? Il en résulterait la commercialisation de matériels de vape avec une puissance et un tirage définis, non réglables, contenant un e-liquide au goût et au taux de nicotine déjà choisis, non modifiables, et la fin de tous les produits ne répondant pas à cette nouvelle norme.
L’ouverture de la chasse au marketing

En plus de s’attaquer à la composition et aux caractéristiques des produits du vapotage, l’OMS compte bien aussi mettre à mal le marketing des cigarettes électroniques et des e-liquides.
Dans le Rapport Publicité en faveur du tabac, promotion et parrainage : représentation du tabac dans les médias de divertissement, le secrétariat de la CCLAT indique appeler les Parties à appliquer l’article 13 de la Convention-cadre de l’OMS et à adopter les directives spécifiques sur la publicité, la promotion et le parrainage en faveur des produits du tabac, des produits du tabac nouveaux et émergents, des cigarettes électroniques et des e-liquides contenant ou non de la nicotine, et des produits à base de nicotine autres que les médicaments approuvés. Il demande aussi aux Parties d’appliquer les directives sur la représentation du tabac dans les médias de divertissement.
« Lorsque les pays n’ont pas interdit l’importation, la vente et la distribution des produits du tabac nouveaux et émergents, les gouvernements doivent envisager d’interdire tout marketing des produits du tabac nouveaux et émergents, y compris sur les réseaux sociaux et par l’intermédiaire d’organisations financées par l’industrie du tabac et/ou associées à celle-ci. »
L’OMS s’assure d’avance de ne pas se faire devancer par les fabricants des produits concernés. Le secrétariat de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte anti tabac précise aux Parties qu’elles devront surveiller l’évolution du paysage médiatique, des technologies de communication, des consommations de médias de divertissements et des stratégies de commercialisation concernant l’ensemble de ces produits. Il recommande une application étendue des directives et de la surveillance à toutes les plateformes de communication des médias numériques, y compris les réseaux sociaux.
L’organisme recommande aussi d’imposer aux fabricants de rendre publiques toutes les dépenses de promotion, de publicité et de parrainage, et d’obliger d’ajouter des mises en garde sanitaires dans les contenus représentant ces produits dans les médias de divertissement, et plus particulièrement dans ceux appréciés des jeunes et des adolescents.
Merci la vape : la mobilisation doit continuer
Quel avenir pour la cigarette électronique ? S’il semble bien compromis, l’espoir de changer les choses est toujours présent, et le combat se poursuit. Au 25 juillet dernier, la pétition Merci la vape comptabilisait déjà plus de 30 000 signatures. Une mobilisation massive mais encore insuffisante compte tenu des dangers auxquels la vape fait face actuellement.
La HAS et l’OMS ne sont en effet pas les seuls organismes à menacer la cigarette électronique, comme le rappelle SOVAPE dans ce communiqué. L’association y évoque l’écriture, en ce moment même, par la Commission Européenne, des propositions de textes de lois imposant une taxation massive des produits du vapotage. SOVAPE dénonce aussi l’interdiction des arômes demandée par le Comité National contre le Tabagisme et réfléchie avec des élus. Deux projets qui rejoignent les recommandations de l’OMS, dont les conséquences seraient ô combien désastreuses.
La prochaine étape des associations AIDUCE, SOVAPE, LA VAPE DU CŒUR et FIVAPE a donc d’ores et déjà été annoncée : diffuser, fin août, 2,5 millions de flyers Merci la vape à travers un réseau de boutiques et de sites e-commerce spécialisés. Objectif : atteindre les trois millions de vapoteurs français pour la mobilisation de tous.

