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Les 3 recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage

Les 3 recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage

Les 3 recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage ont été actualisées le 28 septembre dernier. Une mise à jour le lendemain d’une intervention de François Braun, Ministre de la Santé, sur France Info (à 21’56), qui laissait présager la mise en place éventuelle d’une taxe sur certaines cigarettes électroniques actuellement dans le collimateur des autorités de santé : les puffs.

Bien que ce projet ne soit pas encore avéré, et que seuls les produits du tabac chauffé verront leur fiscalité augmenter en même temps que le tabac, tout n’est pas rose pour la vape pour autant, lorsqu’on se penche sur la lecture des recommandations du Ministère, qui n’ont que peu de points communs avec celles effectuées par l’Office for Health Improuvement & Disparities de l’autre côté de la Manche.

Par ici pour une mise en perspective, grâce à un parallèle avec l’Angleterre !


3 Recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage : pas un produit de santé

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Les 3 recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage commencent par une entrée en matière qui donne le ton. Un rappel que les produits du vapotage avec ou sans nicotine ne sont pas des produits de santé, et qu’ils sont commercialisés en libre accès pour les seuls consommateurs adultes. Les cigarettes électroniques ne sont donc pas recommandées par l’état pour le sevrage tabagique, et leur appréciation est laissée à tout un chacun à partir du moment où ce chacun est majeur.

En France, seuls les traitements de substitution nicotinique officiels (TSN) ont donc grâce aux yeux des autorités de santé en raison d’un rapport bénéfices/risques positif montré par des essais cliniques chez l’homme qui ne s’est pas démenti sur le terrain, y compris chez la femme enceinte. Ils sont donc destinés à être prescrits aux fumeurs en première intention, et pris en charge par l’Assurance Maladie s’ils font suite à une prescription. Le Ministère de la Santé recommande donc logiquement la prise en charge par un professionnel de santé pour assurer un suivi ainsi que la mise en place du traitement médicamenteux, lorsque nécessaire.

La vape en Angleterre : bientôt un produit de santé

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Pendant ce temps, chez nos voisins britanniques, la vape est bien mieux considérée dans le cadre d’un sevrage tabagique, mais sa promotion est faite intelligemment, uniquement auprès des fumeurs. Il est commun pour les professionnels de santé de discuter avec les patients des produits du vapotage pour les aider à arrêter leur consommation de tabac, ou la prévenir, et pas uniquement lorsqu’un substitut nicotinique plus traditionnel a échoué.

Le dernier rapport de l’Office for Health Improuvement & Disparities mentionne d’ailleurs que le nouveau plan de lutte antitabac de l’Angleterre sera l’occasion de refaire un point sur les réglementations des produits du vapotage, des produits nicotinés et des produits du tabac afin de vérifier qu’elles aident au mieux les fumeurs à quitter le tabac, tout en gérant le risque de consommation pour les personnes qui n’ont jamais fumé. Mieux, le Royaume-Uni se questionne sur l’autorisation de produits du vapotage à des fins médicales et cherche à identifier les facteurs qui freinent ce processus pour les résoudre.

3 Recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage : pas d’efficacité prouvée dans le sevrage tabagique ?

3 Recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage : e-cigarette & sevrage tabagique

En lisant les 3 recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage, vient ensuite une affirmation des plus étonnantes : la vape ne serait pas efficace en tant qu’outil pour arrêter de fumer par rapport aux traitements disponibles, pouvant être l’objet de prescriptions, faute de données concluantes prouvant le contraire. François Braun, ministre de la Santé, et son équipe, estiment que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer les risques et les avantages potentiels de ces produits dans l’arrêt du tabac pour les fumeurs adultes.

Aucune prise de parole sur le financement de telles recherches n’est évoquée. La France va donc vraisemblablement rester au point mort sur ce point précis faute d’actions concrètes, et refuse de prendre en compte des données jugées concluantes dans d’autres pays du globe.

L’efficacité de la vape dans le sevrage tabagique, reconnue en Angleterre

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En Angleterre, par exemple, l’Office for Health Improuvement & Disparities évoque des preuves tangibles de l’efficacité de la vape dans le sevrage tabagique obtenues par les services de sevrage tabagique d’Angleterre. Des éléments non détaillés par leur dernier rapport, car avancés déjà dans le précédent. Sont aussi évoquées par l’organisme de santé des preuves observables dans la revue systématique de la collaboration Cochrane et son sérieux, mise à jour mensuellement. Cette dernière examine l’efficacité de l’utilisation des cigarettes électroniques dans l’accompagnement des fumeurs, et a déjà pu vérifier qu’ils réussissent à s’abstenir de fumer à long terme grâce à la vape.

L’Office for Health Improuvement & Disparities affirme donc dans son dernier rapport que le vapotage est efficace pour arrêter de fumer et recommande d’encourager les fumeurs à utiliser des produits de vapotage, ou des produits sous licence médicale, au choix, pour arrêter de fumer et/ou pour réduire les méfaits du tabagisme pour la santé. Un discours bien différent de la France, en somme !

3 Recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage : des produits toxiques ?

3 Recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage : vape & toxicité

Parmi les 3 recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage, vient ensuite la présentation de la toxicité de la vape. Il est détaillé que les produits du vapotage sont considérés toxiques ou potentiellement toxiques, faute de données sur leur effet sur la santé à court, moyen et long terme.

Pourtant, en lisant entre les lignes, le Ministère de la Santé français se trahit sur la moindre dangerosité de la vape par rapport au tabac en exposant que les produits du vapotage restent moins dangereux que le tabac pour les fumeurs qui y ont recours pendant un arrêt complet de la cigarette, car ils permettent de réduire l’exposition aux nombreuses substances toxiques et cancérigènes de la fumée. Une infime note positive dans une déclaration péjorative. Mais comme précédemment, une question vient à l’esprit : peut-on réellement considérer que les données sur les effets de la vape sur la santé n’existent pas ?

La vape, 95% moins nocive que le tabac, en Angleterre

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Outre-manche, une fois de plus, le discours est tout autre. L’Office for Health Improuvement & Disparities affirme que le vapotage ne pose qu’une petite fraction des risques du tabagisme, et pèse pourtant ses mots :

« Nous sommes conscients que résumer les risques relatifs du vapotage par rapport au tabagisme sur une gamme de produits et de comportements différents et évalués sur plusieurs biomarqueurs peut être simpliste et mal interprété. Sur la base des preuves examinées, nous pensons que l’estimation « au moins 95 % moins nocif » reste globalement exacte, au moins sur des périodes à court et moyen terme. »

Office for Health Improuvement & Disparities

Un chiffre avancé sur la base de déclarations de preuves, 61 pour être plus précis, issues de leurs propres revues systématiques de la littérature scientifique existante sur les risques du vapotage pour la santé, et de la revue Cochrane de 2022 sur les produits du tabac chauffés. Des déclarations qui suivent les définitions du niveau de preuve du rapport NASEM et ont donc toutes été jugées recevables.

L’organisme rappelle ensuite que le vapotage n’est pas exempt de risques, et expose les non-fumeurs à plus de substances toxiques qu’en cas d’absence d’utilisation. Par conséquent, il rappelle l’importance de décourager les personnes qui n’ont jamais fumé de se mettre au vapotage (ou pire, à fumer), et soulève le problème de l’augmentation récente du nombre de jeunes utilisant des produits de vapotage jetables observé en Angleterre.

Enfin, l’Office for Health Improuvement & Disparities alerte sur un problème de non-conformité des perceptions des méfaits absolus et relatifs du vapotage par le public par rapport aux faits, qui impacte directement leurs comportements, et qui découle en partie des interventions alarmistes sur la vape. L’organisme recommande de donner des informations précises sur les méfaits du vapotage par rapport au tabagisme, pour remédier enfin aux mensonges répandus et à leurs conséquences. Autant dire que l’on voit en ce moment tout le contraire être fait en France…

3 Recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage : en lien avec l’augmentation du prix du tabac ?

3 Recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage : en lien avec l'augmentation du prix du tabac ?

Peu de temps sépare les 3 recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage, parues le 28 septembre dernier, et l’annonce officielle d’une augmentation progressive du prix du paquet de cigarettes à 11€, lissée sur l’inflation, faite le 26 septembre à RMC-BFMTV par la Première Ministre, Elisabeth Borne. Une décision prise dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), présenté également le 26 septembre en conseil des ministres. Sont plus précisément prévues une augmentation de 50 centimes en 2023 et de 35 centimes en 2024. Doit-on s’en offenser ?

S’il est impossible d’affirmer que le discours du Ministère de la Santé au sujet des produits du vapotage intervient à pic pour freiner les fumeurs qui seraient tentés d’arrêter à l’aide de la vape, afin de pouvoir tirer davantage de bénéfices de la hausse des prix du tabac pour financer la Sécurité Sociale, l’idée effleure les esprits et fait froid dans le dos. Mais surtout, l’absence de communication plus positive sur la vape, alors même qu’au sein du gouvernement, la Première Ministre elle-même ne se cache pas de vapoter, pose question sur le bien-fondé d’un discours si frileux vis-à-vis de la cigarette électronique.

En France, la hausse du prix du paquet de cigarettes a produit des effets par le passé et ne peut toutefois être pleinement critiquée. Le passage à 10 euros, en novembre 2020, participa en effet a une prévalence en recul de 3 points. Pour autant, le gouvernement a déjà vu les limites de cette mesure, insuffisante à elle seule. Un quart des français a continué à fumer malgré l’augmentation. Pire encore, les plus pauvres sont restés deux fois plus nombreux à fumer que les plus riches. Il semblerait donc judicieux de mettre en place des actions complémentaires, dans l’accompagnement des fumeurs, et ce avec ou sans la cigarette électronique.


Notre décryptage de l’actualisation des 3 recommandations du Ministère de la Santé pour le vapotage est à présent terminée. La cigarette électronique, présentée de manière négative encore une fois, ne sera donc à priori pas mise en avant pour la prochaine édition du Mois sans tabac.

Au même moment, dans l’Union Européenne, les acteurs du secteur de la santé publique se déchirent sur la nécessité de développer une stratégie européenne de réduction des dommages liés au tabagisme qui prendrait en compte les produits à risques réduits, dont nos chères vapoteuses, alors même que ces produits ne figurent pas dans les projets annoncés dans leur plan Beating Cancer. La Commission évalue toutefois actuellement sa directive sur les produits du tabac et du vapotage en potassant la littérature scientifique sur le vapotage, pour d’éventuels réajustements.

Le Dr Andrzej Fal, un professeur de médecine polonais, est intervenu pour pointer du doigt ce qui empêche la Commission d’avancer : l’absence de financement des recherches demandées, en raison d’un coût élevé. Car si l’on refuse de considérer comme fiables des résultats provenant d’études financées par des industries, mais qu’on ne permet pas la réalisation d’études en interne, quelle solution reste-t-il pour faire changer les choses ? Aucune. Espérons qu’une prise de conscience découlera de cette intervention, autant pour l’U.E que pour la France.

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