
Après Santé Publique France de 2014 à 2017, et SOVAPE de 2019 à 2023, la FIVAPE a pris le relais en 2025 pour enquêter sur la perception des risques relatifs entre le vapotage et le tabagisme dans l’opinion des français. Un an plus tard, en avril 2026, la FIVAPE a renouvelé l’opération en commandant à OpinionWay une nouvelle étude sur le sujet.
Les résultats du sondage FIVAPE 2026 sur la vape sont sans appel : la désinformation a atteint un niveau record en France, la perception des risques relatifs entre fumer et vapoter des français s’étant encore aggravée depuis 2025.
Coup d’œil.
Sondage OpinionWay 2026 pour la FIVAPE : représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus

Le sondage OpinionWay réalisé en avril 2026 pour la FIVAPE a suivi une méthodologie sérieuse pour s’assurer d’être vraiment représentatif de la population française âgée de 18 ans ou plus. OpinionWay a en effet réalisé cette enquête en appliquant les procédures et règles de la norme internationale ISO 20252:2019, qui établit les lignes directrices et les exigences relatives à la façon dont doivent être réalisées les études sociales et d’opinion.
OpinionWay a ainsi d’abord constitué un échantillon de 1 010 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence. L’entreprise de sondages française a ensuite interrogé l’échantillon du 15 au 16 avril 2026 par un questionnaire autoadministré en ligne sur système CAWI (Computer Assisted Web Interview).
Sondage FIVAPE 2026 : Une forte dégradation de la perception des risques relatifs entre fumer et vapoter dans l’opinion des français

En 2026, 3 Français sur 4 ne sont pas conscients que vapoter est moins risqué que fumer

Le sondage réalisé en avril 2026 par OpinionWay pour la FIVAPE a fait ressortir un fait grave : les français ont une perception des risques relatifs entre fumer et vapoter encore pire qu’en 2025. En 2026, les Français sont en effet 58 % à penser que la cigarette électronique n’est pas moins nocive pour la santé que le tabac (soit +5 points par rapport à 2025).
15 % des français pensent même que vapoter est plus risqué que fumer
C’est un record jamais atteint depuis 2014, et une augmentation de +1 point par rapport à 2025. Cette perception erronée touche de plus en plus fortement les jeunes français (+ 11 points par rapport à 2025), concernant désormais 1 personne de 18-24 ans sur 3 (33 %).
En 2026, 4 Français sur 5 pensent à tort que la nicotine est cancérigène

Un autre fait alarmant ressort de l’étude OpinionWay sur la perception des risques relatifs entre le vapotage et le tabagisme dans l’opinion des français réalisée en avril 2026 pour la FIVAPE. La perception de la dangerosité de la nicotine s’est dégradée de +3 points en France par rapport à 2025. Désormais, 80 % des Français pensent que la nicotine est cancérigène.
La FIVAPE souligne à juste titre un niveau de dégradation sidérant compte tenu des faits scientifiques établis. Le syndicat tient pour responsable une désinformation massive, et alerte sur les conséquences dramatiques d’une telle croyance, qui freine les fumeurs à se lancer dans un sevrage tabagique, les amenant à penser à tort que même les substituts nicotiniques prescrits par les professionnels de santé et pris en charge par la sécurité sociale sont dangereux.
Un niveau record de désinformation, jamais atteint depuis 12 ans

D’après la FIVAPE, un tel niveau de désinformation de la population n’avait pas été atteint depuis 12 ans. Il rejoint celui des années 2019 et 2020, au moment de la crise internationale liée à une maladie pulmonaire qui ne touchait que les vapoteurs, nommée EVALI (E-cigarette, or Vaping, product use Associated Lung Injury), lors de laquelle les médias avaient accusé à tort la cigarette électronique d’être responsable. Le vrai responsable, trouvé plus tard par le CDC et la FDA, était l’acétate de vitamine E, une substance présente uniquement dans certains e-liquides au THC.
Pour la FIVAPE, ce niveau record de désinformation de la population ne peut être que la conséquence d’un nouveau battage médiatique anxiogène autour de la cigarette électronique.
La séquence médiatique anxiogène autour du rapport de l’ANSES pour responsable

Le syndicat pointe du doigt un coupable présumé : la communication massive par les médias français d’informations contraires aux conclusions du rapport d’expertise collective de plus de 700 pages relatif à l’évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage, rendu aux pouvoirs publics par l’ANSES en décembre 2025. Ce battage médiatique, avec des titres alarmistes, s’est produit au moment de la parution dudit rapport, en début d’année 2026.
« L’ANSES s’inquiète [dans son rapport] : « dans la majorité de la population générale, les risques liés à la cigarette électronique sont perçus comme équivalents ou plus graves que ceux liés au tabac fumé » et juge « important de communiquer et diffuser les conclusions de ce rapport auprès des différentes populations ». Cette recommandation n’a pas été suivie d’effets. Mieux, ou plutôt pire : la parution du rapport, en février 2026, a déclenché un emballement médiatique qui a produit exactement l’effet inverse. Des affirmations inexactes ont inondé médias et réseaux sociaux, sans qu’aucune correction publique n’en atténue la portée. »
Quand les faits scientifiques ne parviennent plus aux citoyens, Tribune de Jean Moiroud, président de la FIVAPE.
« L’étude OpinionWay commandée par la FIVAPE a été conduite seulement deux mois après cette séquence médiatique très anxiogène sur le vapotage. Il est raisonnable d’envisager qu’elle ait eu une influence sur les résultats, pointant ainsi une responsabilité directe des pouvoirs publics et de leur communication sur la perception des risques dans la population. »
Il faut dire que le sondage réalisé par OpinionWay pour la FIVAPE a été mené seulement deux mois après la publication dudit rapport de l’ANSES et de sa déformation alarmiste par les médias. Pour le syndicat, les pouvoirs publics ont une responsabilité directe sur la perception fausse des risques relatifs entre fumer et vapoter par la population française, contraire aux connaissances scientifiques que l’ANSES a pourtant précisément rappelées dans son rapport.
Évaluation des risques sanitaires liés aux produits du vapotage – Connaître, évaluer, protéger : que dit vraiment le rapport scientifique de l’ANSES ?
Après 3 ans de travail, l’agence sanitaire sous tutelle du ministère de la santé est parvenue à confirmer que les connaissances scientifiques sur le vapotage prouvent qu’il s’agit d’un outil de sevrage tabagique parmi les plus efficaces, qui donne deux fois plus de bons résultats pour le sevrage tabagique que les substituts nicotiniques prescrits par les professionnels de santé et pris en charge par la sécurité sociale.
L’ANSES a également trouvé suffisamment de données probantes pour affirmer que le vapotage, s’il n’est pas inoffensif, reste immensément moins nocif que fumer, n’ayant pu être scientifiquement relié à aucun méfait avéré, au regard de ceux de la cigarette (maladies cardiovasculaires et respiratoires, cancers).
En conséquence, l’ANSES a recommandé aux pouvoirs publics de ne pas surtaxer les produits du vapotage, de ne pas supprimer les arômes mais de mieux réglementer les molécules, et de ne pas décourager les femmes enceintes à avoir recours à l’utilisation d’une cigarette électronique pour le sevrage tabagique lorsqu’elles ne réussissent pas à arrêter de fumer avec d’autres méthodes.
Une distorsion croissante entre perception et réalité scientifique

La conséquence directe de la désinformation opérée par les pouvoirs publics au sujet de la cigarette électronique en France est un décalage croissant entre la perception des français, de plus en plus négative, et les réalités scientifiques, pourtant de plus en plus solides et rassurantes.
La FIVAPE rappelle en effet qu’en 2014, lorsque les connaissances scientifiques étaient faibles sur le vapotage, 1 français sur 2 (49 %) estimait pourtant que vapoter était moins risqué que fumer. En 2026, soit 12 ans plus tard, alors que des milliers d’études ont été menées pour déterminer les risques sanitaires du vapotage, et qu’un consensus scientifique a prouvé de façon indiscutable que passer du tabagisme au vapotage constitue une réduction importante des risques pour sa santé, seulement moins de 1 français sur 3 (28 %) pense encore que la vape est moins nocive que le tabac.
Le silence médiatique autour de la réduction des risques : un dysfonctionnement complémentaire dénoncé par la FIVAPE

Si les battages médiatiques alarmistes autour de la cigarette électronique sont problématiques car responsables de la profonde méconnaissance des Français sur la réduction des risques liés au tabac qu’offre le vapotage, ils vont malheureusement de pair avec un autre dysfonctionnement de communication qui renforce leurs effets : le silence médiatique autour des données scientifiques probantes disponibles sur le sujet.
La FIVAPE a d’ailleurs déclaré dans un communiqué le 26 mai 2026 qu’il devient de plus en plus difficile de diffuser des données probantes en rapport avec la cigarette électronique en France, les résultats de la dernière édition de son sondage commandé à OpinionWay n’ayant pas été repartagés par les médias en France.
Pour contourner cette omerta, la FIVAPE s’est pliée aux exigences des différents médias contactés et a tenté de diffuser les informations capitales des résultats de son sondage OpinionWay au format demandé. Il a d’abord rédigé une Tribune pour Le Monde, qui a essuyé un nouveau refus de publication, sans explications. Ensuite, la FIVAPE a produit une annonce presse payante pour Libération, uniquement basée sur des faits scientifiques sourcés, comme demandé. Le résultat fut le même.
« Malgré un mois d’efforts soutenus et de relances auprès des médias, aucune rédaction n’a souhaité en parler ! Le Monde nous a, par exemple, suggéré d’écrire une tribune à la place. Nous nous sommes pliés à l’exercice, respectant les consignes et la “hauteur de vue” souhaitée par la rédaction pour ouvrir sobrement la réflexion sur cette question de santé publique. Sans explications, cette tribune a été refusée. Nous l’avons alors proposée à d’autres médias, où elle a systématiquement essuyé les mêmes refus. »
Pour le syndicat, il existe ainsi un dysfonctionnement profond dans la manière dont le savoir scientifique à propos du vapotage circule jusqu’au citoyen.
Les raisons de ce silence médiatique

La FIVAPE a déclaré que Libération a refusé de publier son annonce en raison de pressions juridiques du Comité national contre le tabagisme (CNCT). Les médias subiraient donc des pressions de la part d’associations partenaires des pouvoirs publics telles que le CNCT, qui souhaitent garder le contrôle sur les publications arrivant jusqu’aux citoyens français en empêchant toute parution de données probantes positives à propos du vapotage.
Un contrôle présent également dans la ligne éditoriale de l’association elle-même, opposée à la vape et plus largement à la réduction des risques, visible sur le site Internet « Génération sans Tabac » qu’elle gère. Un « écart documenté entre la revendication éditoriale affichée par Génération Sans Tabac, à savoir l’indépendance, la transparence et la rigueur scientifique, et la pratique éditoriale observée sur 2 367 articles publiés en six années et quatre mois » a en effet été mis en évidence par La FIVAPE lors d’un audit complet de l’ensemble des articles publiés sur « Génération sans Tabac ». Le syndicat a découvert que le site Internet occulte volontairement les études qui nuancent ou contredisent leur discours à sens unique.
Vers une aggravation de la situation : la France envisage d’étendre les paquets neutres aux produits du vapotage

Cerise sur le gâteau, une proposition de loi (n°2726) visant à étendre les emballages neutres aux produits du vapotage a vu le jour en France récemment, malgré la méconnaissance alarmante des Français sur la réduction des risques liés au tabac qu’offre le vapotage.
La FIVAPE a d’ores-et-déjà mis à la disposition des parlementaires, des citoyens et de l’ensemble des acteurs de la santé publique, une note d’impact analysant les conséquences d’une telle loi pour la filière vape, mais aussi pour la santé publique et, pour ce qui nous concerne ici, pour la distorsion entre la perception des français sur les risques sanitaires du vapotage et les données scientifiques probantes disponibles sur le sujet.
À ce sujet, le syndicat explique qu’un paquet neutre pour les produits du vapotage invisibiliserait la vape face au tabac et freinerait la transition des fumeurs vers la cigarette électronique, qu’ils penseraient similaire en termes de dangers pour la santé, puisque présentée de la même façon que les cigarettes. Pour la FIVAPE, cela constituerait donc, à raison, une désinformation supplémentaire au sujet du vapotage alors même que l’ANSES a recommandé explicitement de « mieux informer les consommateurs sur les risques associés à leurs pratiques » et de « mieux documenter le sujet afin d’améliorer les messages de santé publique ».
