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Cigarette électronique pour le sevrage tabagique : ça fonctionne

Cigarette électronique pour le sevrage tabagique : ça fonctionne

Inédit. Une équipe de 14 chercheurs a réalisé pour la première fois une synthèse de l’ensemble des revues systématiques et des méta-analyses de données probantes disponibles sur la cigarette électronique pour le sevrage tabagique.

Publiée le 26 mars 2026, elle prolonge les travaux opérés dans la revue évolutive Cochrane par une vue d’ensemble de la littérature disponible. Ses conclusions sont sans appel : les preuves de l’efficacité de la cigarette électronique pour arrêter de fumer ne sont pas mitigées mais manifestes.

Coup d’œil.


Cigarettes électroniques pour le sevrage tabagique : une synthèse à la méthodologie fiable, dénuée de conflits d’intérêts

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Des chercheurs indépendants des industries du tabac et de la vape

Loin de faire partie des travaux de recherche douteux subventionnés par l’industrie du tabac ou celle de la cigarette électronique, la première synthèse de l’ensemble des revues systématiques et des méta-analyses de données probantes disponibles sur la cigarette électronique pour le sevrage tabagique a uniquement été financée par Cancer Research UK.

À la fois centre de recherche et association caritative de lutte contre le cancer britannique, de renommée internationale, Cancer Research UK est sans conflits d’intérêts car sans lien avec Big Tobacco, pas plus qu’avec les industriels du vapotage. Un premier gage de fiabilité.

La même méthodologie que Cochrane

Second gage de fiabilité, et non des moindres : sa méthodologie, empruntée à Cochrane. Si la revue Cochrane au sujet de l’efficacité de la cigarette électronique pour le sevrage tabagique s’est imposée comme la référence scientifique en la matière, ce n’est en effet pas sans raison. Cette méta-analyse de nombreuses études scientifiques constitue une des plus vastes ressource au sujet des pharmacothérapies pour le sevrage tabagique, et a été menée avec une méthodologie en béton.

C’est cette méthodologie, validée par l’ensemble de la communauté scientifique, qui a été réemployée en avril 2024 par Angela Difeng Wu, Monserrat Conde et les 12 autres auteurs de l’analyse parue en 2026 intitulée Cigarettes électroniques pour le sevrage tabagique : synthèse des revues systématiques et des données probantes, et analyse des lacunes.

Respect des recommandations PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses), des critères d’inclusion et des méthodes de sélection et d’extraction des données de Cochrane, évaluation de la qualité des revues sélectionnées avec la grille AMSTAR-2 (A MeaSurement Tool to Assess systematic Reviews, revised), cartographie des données probantes et des lacunes (EGM)… Les chercheurs ont fait preuve de la plus grande rigueur possible pour leurs travaux, tant et si bien qu’ils sont désormais les plus pointus jamais menés sur le sujet.

Soucieuse d’aller encore plus loin que Cochrane, l’équipe de chercheurs a en effet comparé minutieusement toutes les revues systématiques disponibles traitant du rôle du vapotage dans l’abstinence tabagique, y compris donc celle réalisée par Cochrane, afin de vérifier si toutes ont obtenu les mêmes résultats en dépit de possibles divergences méthodologiques. C’est le cas.

Efficacité de la cigarette électronique pour le sevrage tabagique : prouvée par toutes les revues systématiques

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« Cette synthèse prolonge la revue évolutive Cochrane en regroupant les données probantes issues de plusieurs revues systématiques […]. Nous espérons qu'[elle] permettr[a] de dissiper certaines affirmations selon lesquelles les données probantes seraient « mitigées » concernant les effets des cigarettes électroniques sur l’abstinence tabagique, compte tenu de la nette cohérence des résultats observés dans les méta-analyses. »

Les recherches menées par l’équipe de 14 chercheurs ont permis de démontrer que le consensus scientifique est total sur l’efficacité de la cigarette tabagique pour arrêter de fumer. Lors de leur comparaison méta-analytique, les scientifiques ont en effet observé des résultats similaires entre les revues systématiques analysées, qui font apparaître la cigarette électronique comme un outil efficace dans le cadre du sevrage tabagique.

Une efficacité supérieure aux autres interventions pouvant être proposées aux fumeurs

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Mieux ! Les travaux de l’équipe d’Angela Difeng Wu et de Monserrat Conde ont permis de démontrer que la cigarette électronique est plus efficace que n’importe quelle autre intervention pouvant être proposée aux fumeurs pour les aider à arrêter de fumer. Sur 21 méta-analyses étudiées, toutes ont rapporté des estimations ponctuelles en faveur des cigarettes électroniques avec nicotine plutôt que d’autres outils de sevrage.

Les chercheurs ont apporté des précisions sur le sujet. Ayant inclus 14 revues systématiques à leurs travaux de recherche, ils se sont aperçu que seulement 7 d’entre elles étaient de haute qualité, avec des données probantes qualitatives. En se focalisant sur ces 7 revues, ils ont remarqué qu’elles ont toutes obtenu les mêmes résultats, cohérents, qui indiquent clairement un taux de sevrage plus élevé (≥ 6 mois) avec les cigarettes électroniques contenant de la nicotine qu’avec n’importe quelle autre intervention pouvant être proposée aux fumeurs, y compris les substituts nicotiniques. Les 7 autres revues, de qualité inférieure ont, elles, produit des estimations un peu plus variables et imprécises.

Cigarette électronique nicotinée VS substituts nicotiniques (TRN)

D’après les revues scientifiques analysées par les chercheurs, un fumeur a 17 à 67 % plus de chances de réussir son sevrage tabagique avec une cigarette électronique qu’avec des substituts nicotiniques tels que les patchs et les gommes à mâcher.

Les scientifiques ont également mis en évidence que l’utilisation d’une cigarette électronique conjointe à la prise de substituts nicotiniques est plus efficace de 77 % qu’une approche qui combine substituts nicotiniques et e-cigarette sans nicotine, et plus efficace de 253 % qu’une approche qui consiste à n’utiliser que des substituts nicotiniques.

Les chiffres par revue

2024

  • Lindson (qualité supérieure) : +59 % d’efficacité pour la cigarette électronique par rapport aux TRN

2022

  • Li (qualité supérieure) : +67 % d’efficacité pour la cigarette électronique par rapport aux TRN
  • – Hanewinkel (qualité inférieure) : +58 % d’efficacité pour la cigarette électronique par rapport aux TRN
  • – Vanderkam (qualité inférieure) : +49 % d’efficacité pour la cigarette électronique par rapport aux TRN

2021

  • Ibrahim (qualité supérieure) : +35 % d’efficacité pour la cigarette électronique par rapport aux TRN
  • – Chan (qualité inférieure) : +49 % d’efficacité pour la cigarette électronique par rapport aux TRN
  • – Pound (qualité inférieure) : +42 % d’efficacité pour la cigarette électronique par rapport aux TRN
  • – Quigley (qualité inférieure) : +17 % d’efficacité pour la cigarette électronique par rapport aux TRN

Cigarette électronique nicotinée VS e-cigarette sans nicotine ou placebo

D’après les revues scientifiques analysées par les chercheurs, un fumeur a 46 à 109 % plus de chances de réussir son sevrage tabagique avec une cigarette électronique nicotinée qu’avec une cigarette électronique sans nicotine ou un placebo.

Les chiffres par revue

2024

  • Lindson (qualité supérieure) : +46 % d’efficacité pour la vape avec nicotine par rapport à celle sans nicotine

2023

  • Levett (qualité supérieure) : +56 % d’efficacité pour la vape avec nicotine par rapport à celle sans nicotine

2022

  • – Vanderkam (qualité inférieure) : +66 % d’efficacité pour la vape avec nicotine par rapport à celle sans nicotine

2021

  • – Chan (qualité inférieure) : +109 % d’efficacité pour la vape avec nicotine par rapport à celle sans nicotine

2016

  • – Khoudigian (qualité inférieure) : +102 % d’efficacité pour la vape avec nicotine par rapport à celle sans nicotine

Cigarette électronique nicotinée VS soutien comportemental

D’après les revues scientifiques analysées par les scientifiques, un fumeur a 51 à 88 % plus de chances de réussir son sevrage tabagique avec une cigarette électronique qu’avec des séances de soutien comportemental.

Les chiffres par revue

2024

  • Lindson (qualité supérieure) : +88 % d’efficacité pour la vape par rapport au soutien comportemental

2023

  • – Huang (qualité inférieure) : +51 % d’efficacité pour la vape par rapport au soutien comportemental

Cigarette électronique nicotinée VS interventions mixtes

D’après les revues scientifiques analysées par l’équipe d’Angela Difeng Wu et de Monserrat Conde, un fumeur a 77 % plus de chances de réussir son sevrage tabagique avec une cigarette électronique qu’avec des thérapies qui combinent l’utilisation de substituts nicotiniques à du soutien comportemental.

Les chiffres par revue

2023

  • – Levett (qualité supérieure) : +77 % d’efficacité pour la vape par rapport à des interventions mixtes combinant TRN et soutien comportemental

Une efficacité égale à celle de la varénicline (Champix®) d’après des données probantes indirectes

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Les 14 chercheurs ont aussi cherché à comparer l’efficacité de la cigarette électronique avec nicotine par rapport à celle de médicaments pouvant être prescrits pour le sevrage tabagique, et notamment les agonistes partiels des récepteurs de la nicotine, dont la varénicline (Champix®, Chantix®). Pour ce faire, ils ont dû se tourner principalement vers des données probantes indirectes issues d’une revue de Lindson et al. datant de 2023 qui a été jugée de qualité supérieure, et pour cause. Les pharmacothérapies et les cigarettes électroniques pour l’arrêt du tabac chez l’adulte : méta‐analyses en réseau par composantes n’est autre que la célèbre édition 2023 de la revue des publications scientifiques Cochrane.

L’équipe scientifique a observé que les données de cette revue Cochrane n’indiquent pas de différence significative des taux de sevrage entre l’utilisation de varénicline ou de la cigarette électronique avec nicotine, les deux étant associées à des taux de sevrage supérieurs au placebo. En 2023, Cochrane concluait de fait à une efficacité similaire de la cigarette électronique et de la varénicline pour le sevrage tabagique, en précisant que la cytisine (Tabex®, Desmoxan®, Cravv®, Todacitan®) a des résultats d’efficacité similaires, et que ce trio de tête dépasse de loin les autres traitements disponibles, à l’exception peut-être des substituts nicotiniques combinés :

« Les cigarettes électroniques, la varénicline et la cytisine sont les plus susceptibles d’aider les gens à arrêter de fumer. Pour 100 personnes, 10 à 19 sont susceptibles d’arrêter de fumer en utilisant une cigarette électronique, 12 à 16 en utilisant la varénicline et 10 à 18 en utilisant la cytisine. Ce chiffre est à comparer aux 6 personnes sur 100 susceptibles d’arrêter de fumer lorsqu’elles n’utilisent aucun médicament/cigarette électronique ou un placebo. »

« Les personnes utilisant deux formes de thérapie de substitution nicotinique en même temps, par exemple une combinaison de patch et de gomme de nicotine, semblent avoir des taux d’abandon similaires à ceux des personnes utilisant des cigarettes électroniques ou de la varénicline ou de la cytisine. Les patchs de nicotine seuls, une autre forme de thérapie de substitution nicotinique seule (comme la gomme, la pastille) et le bupropion semblent aider moins de personnes à arrêter de fumer, mais fonctionnent toujours mieux que l’absence de médicament/cigarette électronique ou le placebo (8, 9 et 9 personnes pour 100, respectivement). »

Cochrane

Un point noir subsiste au tableau toutefois. Pour Angela Difeng Wu, Monserrat Conde et les 12 autres auteurs de la grande synthèse parue en 2026, les données probantes directes comparant les cigarettes électroniques avec nicotine à la varénicline sont, elles, extrêmement limitées, un seul essai de petite taille, présentant un risque élevé de biais qui plus est, ayant pu être consulté au moment de leur travaux. Ce type de données étant considéré de meilleure qualité que les données probantes indirectes, les scientifiques ont jugé important de le mentionner dans leurs conclusions.

Des données probantes encore insuffisantes dans certains domaines

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Événements indésirables graves (EIG) : des données non concluantes

L’équipe de 14 chercheurs s’est également penchée sur les événements indésirables graves (EIG) survenant dans le cadre d’une utilisation de la cigarette électronique. Les résultats concernant ces évènements dans les méta-analyses des données que les chercheurs ont analysées ont été évalués non concluants et mitigés. Les scientifiques expliquent cela par le fait que les EIG sont rares. La plupart des études manquent ainsi de puissance statistique pour détecter ces effets. Les chercheurs recommandent, par conséquent, une poursuite de la collecte et de la publication de données sur les événements indésirables graves survenant dans le cadre d’une utilisation de la cigarette électronique.

Efficacité de la cigarette électronique VS cytisine, buproprion et sachets de nicotine : des lacunes importantes

Angela Difeng Wu, Monserrat Conde et les 12 autres auteurs de la grande synthèse parue en 2026 ont également identifié des lacunes importantes dans les données disponibles qui comparent les effets des cigarettes électroniques avec nicotine à ceux de la cytisine (Tabex®, Desmoxan®, Cravv®, Todacitan®), du bupropion et des sachets de nicotine.

La portée géographique des recherches encore trop limitée

Les scientifiques ont appelé à étendre la portée géographique des futures recherches aux pays à revenu faible et intermédiaire, la plupart des études disponibles utilisant encore seulement des données provenant de pays à revenu élevé.

Prescriptions pour l’arrêt du tabac : pourquoi la cigarette électronique doit trouver sa place

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Les preuves de l’efficacité de la cigarette électronique dans le sevrage tabagique sont manifestes et non mitigées.

La synthèse scientifique de 2026 d’Angela Difeng Wu, Monserrat Conde et al. vient de prouver avec rigueur l’inexactitude des affirmations contraires, qui émanent pourtant encore de hautes autorités de santé, y compris l’Organisation mondiale de la santé (OMS), au sommet de toutes. Sous influence, de nombreux gouvernements considèrent ainsi encore malheureusement que les produits du vapotage ne peuvent pas aider à arrêter de fumer, alors que la science a prouvé le contraire.

Au vu des nouveaux éléments apportés par la recherche, reconsidérer le rôle de la cigarette électronique dans l’accompagnement des fumeurs est urgent, car les 3 à 4 fumeurs sur 100 supplémentaires que la cigarette électronique permet de sortir du tabagisme représentent, une fois reportés à l’échelle planétaire, des millions de personnes.

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