
Impossible de passer à côté de cette information qui a fait le tour de la vaposphère : les Chemins de Fer Fédéraux de Suisse (CFF) ont pris une mesure radicale et critiquable contre la vape suite à une décision arbitraire de l’Union des Transports Publics (UTP). Il a ainsi été décidé que les vapoteurs devraient se rendre en zones fumeurs sur les quais de gare s’ils souhaitent pouvoir continuer à vaper. Une décision menaçant l’intégrité des vapoteurs selon Helvetic Vape, l’association suisse des utilisateurs de vaporisateurs personnels, et ne faisant suite à aucune base légale. Certes, cette nouvelle n’est pas interne à nos frontières, toutefois, n’y-a-t-il pas en France des lieux où les vapoteurs sont encore contraints de se rendre en zones fumeurs ? Quels sont alors les dangers auxquels ils sont exposés ? Le moment est venu de faire un point sur le sujet.
Vapotage passif : la décision Suisse

Les zones fumeurs sur les quais des gares suisses, lieu de tabagisme passif par excellence, devraient accueillir des vapoteurs désormais. Non, ce n’est pas une mauvaise blague, mais bel et bien une décision des Chemins de Fer Fédéraux (CFF) qui a suscité de vives réactions de la part de Helvetic Vape qui se sont répandues sur la toile comme une traînée de poudre.
L’association s’est en fait immédiatement insurgée contre les CFF dans un article intitulé « Gare CFF: Protégez votre santé, n’allez pas dans les zones fumeurs pour vapoter » paru le 31 mai 2019 sur leur site officiel. Le secrétaire de Helvetic Vape, Philippe Poirson, a ensuite été interviewé par la Tribune de Genève dans un article à titre fort du 3 juin 2019 : « Les vapoteurs accusent les CFF de sadisme », où il ne mâche pas ses mots. Les raisons d’une telle indignation ? La mesure prise par les CFF ne correspond à aucune loi existante et n’est l’aboutissement d’aucune consultation de représentants des parties concernées. Helvetic Vape avait en effet effectué des propositions à l’Union des Transports Publics (UTP) en amont de cette prise de position arbitraire contre la vape sur les quais, notamment celle de créer un espace pour les vapoteurs, mais distinct de celui des fumeurs.
Les CFF ont toutefois décidé de ne faire aucune différence entre vape et tabac, et ce sans une argumentation véritablement cohérente. Les deux principaux objectifs visés par leur mesure sont en effet de réaliser des économies sur le coût du ramassage des mégots et de limiter la pollution de l’air. Si le premier argument ne peut en aucune façon être relié à la vape qui ne laisse pas de déchets au sol, le second a également été balayé d’un revers de la main par Helvetic Vape qui rappelle que vapoter « ne dégage ni monoxyde de carbone, ni goudrons, qui sont les deux principaux types de toxiques de la fumée de cigarette. Les mesures du vapotage dans des espaces restreints et clos n’ont montré aucune pollution de l’air ayant un impact sanitaire significatif pour l’entourage. » Si vous voulez en savoir plus à ce sujet, n’hésitez pas à consulter notre article « Vapotage passif : des polluants des l’air ? ». Rien d’étonnant alors d’assister à une montée de colère face à cette décision des CFF, d’autant plus qu’elle pose un grave problème sanitaire pour les vapoteurs : l’exposition à la fumée de cigarette.
À ce sujet, les vapoteurs français sont-ils plus à l’abri que leurs homologues suisses ?
Peuvent-ils s’appuyer sur la législation française pour éviter de s’exposer au tabagisme passif ?
Où vapoter en France ?

Réjouissez-vous amis vapoteurs, aucun texte de loi français ne définit de zones où vous confiner, et mieux encore : aucune loi n’existe pour vous imposer d’utiliser les zones fumeurs. Légalement parlant, rien ne peut donc vous obliger à devoir vapoter à proximité de fumeurs. La Loi Santé de 2016 pose un cadre pour la vape, avec des lieux où celle-ci est strictement interdite et passible d’une contravention de 2ème classe :

Précisons que l’interdiction de vapoter dans les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif est assez souple depuis le 1er octobre 2017. En effet, seuls les espaces collectifs avec postes de travail ne permettent pas de vapoter. Aucune interdiction légale n’est donc valable pour les bureaux individuels et les autres espaces collectifs d’une entreprise, tels que les espaces de détente ou de repas par exemple. Là où le bas blesse, c’est que la loi laisse les employeurs libres d’autoriser ou non la vape au sein des espaces de leurs entreprises où l’interdiction légale de vapoter ne s’applique pas. De ce fait, dans le cadre de leur travail, certains vapoteurs sont parfois contraints de se rendre dans des espaces fumeurs pour prendre leurs bouffées, en mettant alors en danger leur santé.
Le même problème se retrouve dans les lieux accueillant des publics, tels que les hôpitaux, les commerces, les hôtels, les bars et les restaurants. Vapoter n’y est en effet soumis à aucune interdiction légale, mais chaque établissement peut décider d’apposer sa propre interdiction ou restriction d’usage dans son règlement intérieur, sous couvert de détailler une raison valable en rapport avec l’activité ou la sécurité des lieux. De nombreux patients ont ainsi dû s’abstenir de vapoter lors de séjours hospitaliers, ou se rendre dans des espaces fumeurs pour ne pas vaper dans l’illégalité. Un comble dans des établissements de santé !
Le vapotage n’étant pas soumis en France aux mêmes interdictions que la cigarette,
n’hésitez donc pas, amis vapoteurs, à faire valoir vos droits !
Si vous êtes confrontés un jour à un règlement intérieur qui représente un danger pour votre santé, vous forçant à vous exposer au tabagisme passif, appuyez-vous sur la loi française et rappelez que, comme tout autre non-fumeur, vous avez le droit d’être protégé d’une exposition dangereuse aux fumées du tabac !
Une immersion risquée en zones fumeurs

L’arrêt du tabac grâce à la vape permet de supprimer les dangers liés au tabac. Les vapoteurs ne sont en rien des fumeurs et n’ont donc pas leur place dans les zones qui leur sont dédiées. La raison en est très simple : ils y seraient en danger, au même titre que d’autres non-fumeurs ! Viendrait-il un jour l’idée de forcer d’anciens fumeurs adeptes des gommes à mâcher nicotinées à rester avec les fumeurs ? Non, évidemment ! À moins de vouloir les enfoncer…

Le secrétaire de Helvetic Vape, Philippe Poirson, a d’ailleurs très bien relevé cette problématique dans l’affaire suisse en expliquant que « la mesure prise par les Chemins de Fer Fédéraux (CFF), suite à la décision de l’UTP, est une menace pour l’intégrité physique de leurs clients vapoteurs. […] On veut forcer les vapoteurs à aller dans les espaces fumeurs, où ils seront exposés au tabagisme passif. C’est extrêmement violent pour les néovapoteurs, qui sont dans une démarche de sevrage tabagique et qui seront confinés avec des fumeurs. C’est presque sadique de leur imposer cela. On sabote les efforts qui sont faits pour que les gens fument moins. »
Que pourrait-on ajouter à cela ?
