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Sevrage tabagique : la vape recommandée en traitement de première intention au Royaume-Uni

Sevrage tabagique : la vape recommandée en traitement de première intention au Royaume-Uni

Le 23 février 2026, l’Association britannique de psychopharmacologie (BAPP) a mis à jour ses recommandations consensuelles fondées sur des données probantes pour la prise en charge pharmacologique de la dépendance aux substances, dont la nicotine. La dernière en date remontait à 2012.

Ce faisant, elle a bouleversé la gestion pharmacologique du sevrage tabagique. Depuis le 23 février 2026, la société savante britannique recommande en effet la vape en traitement de première intention de la dépendance nicotinique.

Coup d’œil.


Traitement de la dépendance nicotinique : l’Association britannique de psychopharmacologie recommande de proposer la cigarette électronique en première intention

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Fondée en 1974, l’Association britannique de psychopharmacologie (BAPP) est la plus grande association de psychopharmacologie d’Europe, et la seconde dans le monde, qui étudie les applications thérapeutiques de différentes substances. Elle est aussi la principale société savante spécialisée dans ce domaine au Royaume-Uni, reconnue pour la rigueur méthodologique de ses publications, et par conséquent pour la qualité de ses recommandations.

Alors que ses dernières recommandations sur la gestion pharmacologique de la dépendance à la nicotine dataient de 2012, la BAPP a décidé de procéder à leur mise à jour le 23 février 2026, après une étude des dernières données probantes à haut niveau de preuve (A) disponibles sur le sujet. Elle est parvenue à produire de nouvelles recommandations à niveau de preuve équivalent (A). L’une d’elle concerne le vapotage.

L’Association britannique de psychopharmacologie recommande en effet désormais que la cigarette électronique soit proposée en traitement de première intention contre la dépendance à la nicotine chez les adultes, au même titre que les substituts nicotiniques combinés et la varénicline ou la cytisine, le vapotage faisant partie des options de traitement les plus efficaces disponibles, son efficacité dépassant celle des substituts nicotiniques seuls et du bupropion. La BAPP préconise de combiner ce traitement pharmacologique recommandé à un soutien comportemental.

Les recommandations de l’Association britannique de psychopharmacologie

« Les cigarettes électroniques, les substituts nicotiniques combinés, la varénicline ou la cytisine devraient être proposés en première intention pour le traitement de la dépendance à la nicotine chez l’adulte. (A) Ces options sont plus efficaces que les substituts nicotiniques seuls ou le bupropion (A). »

« Un soutien comportemental doit être proposé en complément du traitement pharmacologique. Toutefois, ce dernier doit être maintenu même si le soutien comportemental est refusé (A). »

« La varénicline ne doit pas être refusée en raison de préoccupations de sécurité obsolètes. Les données confirment l’absence de risque accru de troubles neuropsychiatriques, y compris chez les personnes atteintes de maladie mentale. (A) »

La vape proposée comme traitement de première intention pour le sevrage tabagique en raison de son efficacité clinique

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Une recherche de données probantes sur la gestion pharmacologique du sevrage tabagique menée avec rigueur

L’Association britannique de psychopharmacologie ne fait jamais de recommandations à la légère. Pour la mise à jour 2026 de ses recommandations sur la gestion pharmacologique de la dépendance à la nicotine, la BAPP a utilisé une méthode similaire à celle utilisée pour formuler ses précédentes recommandations : confier l’examen des données probantes disponibles et la formulation de recommandations actualisées fondées sur ces données à un groupe international d’experts réuni lors de réunions de consensus en ligne.

Le groupe d’experts a donc d’abord synthétisé les données provenant de publications récentes, de revues systématiques et de recommandations nationales avant de parvenir à un consensus sur les recommandations clés. Il a ensuite évalué la robustesse des données probantes et des recommandations formulées grâce aux systèmes de classification de Shekelle et al. (1999) et de Rogers et al. (2023). Le plus haut niveau, A, est celui qui a été attribué aux données probantes disponibles sur l’efficacité de la cigarette électronique pour le sevrage tabagique, et par conséquent aux recommandations formulées par l’Association britannique de psychopharmacologie qui s’y rapportent.

Une méta-analyse Cochrane à l’origine des recommandations de l’Association britannique de psychopharmacologie pour le traitement de la dépendance nicotinique

Ce plus haut niveau de preuve possible (A) vient du fait que la BAPP a examiné la très rigoureuse méta-analyse en réseau effectuée par Cochrane, présentée dans cet article, dont les conclusions ont été renforcées en 2024 par l’analyse de revues plus récentes, ainsi que l’étude Electronic cigarettes for smoking cessation, plus récente encore (2025), pour élaborer ses recommandations.

Portant sur l’étude de 332 essais cliniques randomisés (157 179 participants), la méta-analyse en réseau de Cochrane a mis en évidence, avec un niveau de preuve élevé (A) que les cigarettes électroniques avec nicotine, la varénicline et la cytisine sont associées aux meilleures chances d’arrêt à 6 mois ou plus, sans différence d’efficacité significative entre les trois.

L’étude Electronic cigarettes for smoking cessation (2025) a prouvé que les cigarettes électroniques à la nicotine améliorent les taux de réussite du sevrage tabagique par rapport aux substituts nicotiniques ou aux cigarettes électroniques sans nicotine. Elle a aussi mis en avant que les effets secondaires de la vape, tels que l’irritation de la gorge, la toux et les nausées, sont fréquents, mais généralement bénins et passagers.

Les données observationnelles et d’autres études de référence utilisées par la BAPP pour formuler ses recommandations pour le traitement de la dépendance nicotinique

La BAPP s’est également appuyée sur des données observationnelles recueillies en Angleterre entre 2006 et 2024, qui ont montré que la cigarette électronique était le facteur le plus fortement associé à la réussite du sevrage tabagique, suivie de la varénicline et des produits du tabac chauffé. Elles ont permis à leurs auteurs de conclure que les cigarettes électroniques aident probablement plus de personnes à arrêter de fumer du tabac que d’autres méthodes compte tenu de leur forte adoption.

L’Association britannique de psychopharmacologie a aussi examiné les conclusions d’autres études de référence, reconnues par la communauté scientifique, pour mettre à jour ses recommandations pour la prise en charge pharmacologique de la dépendance nicotinique. Voici les plus importantes citées par la BAPP :

« Les cigarettes électroniques et les sachets de nicotine oraux délivrent la nicotine plus efficacement que les substituts nicotiniques et, selon la dose et la durée d’utilisation, à des concentrations comparables à celles des cigarettes classiques (Mallock-Ohnesorg et al., 2024 ; McNeill et al., 2022). »

« D’après de nombreuses études, les organismes de santé publique s’accordent à dire que les cigarettes électroniques réglementées sont nettement moins nocives que le tabac et efficaces pour le sevrage tabagique chez les fumeurs dépendants, avec un risque minimal pour l’entourage (COT, 2020 ; McNeill et al., 2022 ; RCP, 2024). »

« Les effets à long terme des cigarettes électroniques restent incertains, mais les études de biomarqueurs suggèrent un risque bien moindre que celui des cigarettes classiques (COT, 2020 ; McNeill et al., 2022 ; RCP, 2024). »

Dépendance nicotinique : l’Association britannique de psychopharmacologie rappelle l’importance d’une variété d’arômes dans la vape

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Des données scientifiques probantes ayant démontré que les saveurs sans tabac des e-liquides pour cigarettes électroniques sont associées à un taux de réussite plus élevé que les autres saveurs disponibles pour les produits du vapotage, l’Association britannique de psychopharmacologie considère que la variété des arômes disponibles pour les e-liquides est importante.

La BAPP considère qu’un choix multiple de saveurs d’e-liquides à disposition des fumeurs peut contribuer à initier leur passage du tabagisme au vapotage, et par conséquent à une réduction des risques pour leur santé par sevrage tabagique. La société savante documente une fois de plus ses arguments avec rigueur :

« La variété des saveurs peut faciliter le passage au e-liquide, et les saveurs sans tabac sont associées à un taux de réussite plus élevé (McNeill et al., 2022). »

Pourquoi cette mise à jour des recommandations de l’Association britannique de psychopharmacologie est importante ?

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Les recommandations de l’Association britannique de psychopharmacologie (BAPP) pour le sevrage tabagique privilégiant les aspects pharmacologiques du traitement, elles visent à faciliter la prise de décision clinique, à permettre aux professionnels de santé à prendre des décisions éclairées au moment de choisir quoi prescrire à leurs patients pour traiter leur dépendance à la nicotine.

Si les professionnels de santé britanniques suivent en premier lieu les recommandations du National Institute for Health and Care Excellence (NICE), ces dernières n’ont pas été mises à jour depuis 2022. Ces prescripteurs de traitement consulteront dès à présent volontiers celles de l’Association britannique de psychopharmacologie, plus récentes, pour mieux prendre en charge leurs patients, sans attendre.

La mise à jour des recommandations de l’Association britannique de psychopharmacologie est donc importante car elle va permettre d’améliorer la prise en charge des fumeurs au Royaume-Uni grâce aux données scientifiques probantes les plus récentes. Elle devrait aussi aider les membres des équipes de thérapie spécialisée à comprendre le rôle, les recommandations et les incertitudes qui persistent dans la prise en charge pharmacologique de la dépendance nicotinique.

Compte tenu du rayonnement international de cette société savante, on peut aussi espérer que la mise à jour de ses recommandations pour la prise en charge pharmacologique de la dépendance nicotinique inspirera d’autres pays que le Royaume-Uni en Europe, et plus loin à travers le monde.

Dépendance nicotinique : il est nécessaire de poursuivre la recherche

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En plus de dresser des recommandations majeures pour la prise en charge pharmacologique de la dépendance nicotinique où la cigarette électronique joue un rôle majeur, l’Association britannique de psychopharmacologie fait un état des lieux des connaissances disponibles et des domaines de recherche encore lacunaires.

À ses yeux, des recherches supplémentaires sont nécessaires sur la mise en œuvre et l’utilisation à long terme des traitements efficaces dans la pratique clinique courante, y compris dans les contextes où la prévalence du tabagisme est élevée.

La société savante considère également que l’utilisation optimale de produits nicotiniques à forte dose ou combinés chez les personnes souffrant d’une dépendance sévère nécessite des recherches supplémentaires.

La BAPP estime aussi qu’il n’existe pas de recommandations cliniques établies pour le traitement de la consommation conjointe de tabac et de cannabis, et que des interventions spécifiques devraient être développées et évaluées.

Des recherches ont également été jugées nécessaires sur les meilleures façons de gérer le sevrage nicotinique dans les contextes où les personnes doivent s’abstenir temporairement de fumer mais n’ont pas l’intention d’arrêter, comme dans les hôpitaux.

Enfin, l’Association britannique de psychopharmacologie demande des études sur l’innocuité et l’efficacité de la cytisine chez les groupes prioritaires (par exemple, les personnes atteintes de maladie mentale ou de troubles liés à l’usage de substances).

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