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EnCLASS 2024, par l’OFDT : des générations sans tabac en vue

EnCLASS 2024, par l'OFDT : des générations sans tabac en vue

Le 25 février 2026, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a mis en ligne les résultats d’EnCLASS 2024, accompagnés d’un communiqué de presse en faisant la synthèse.

Il s’agit du troisième volet de cette enquête nationale réalisée tous les deux ans sur l’usage de substances psychoactives, dont le tabac et la cigarette électronique, ainsi que sur la dangerosité et l’accessibilité perçues de ces produits par les adolescents français. Elle a été menée en 2024 auprès de 11 731 élèves du secondaire, de la sixième à la terminale.

Les résultats montrent une baisse continue de l’expérimentation et de l’usage de l’ensemble des substances psychoactives depuis dix ans, à l’exception de l’alcool. Tant est si bien, pour le tabagisme, que l’OFDT a titré « Les premières générations sans tabac en perspective ».

Coup d’œil.


EnCLASS 2024 : « Les premières générations sans tabac en perspective » pour l’OFDT

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L’enquête anonyme EnCLASS 2024, au taux de participation final de 80 %, repose sur un questionnaire auto-administré en ligne qui a été soumis aux élèves du secondaire, de la sixième à la terminale, dans la salle informatique de leur établissement scolaire durant une heure de cours entre mars et juin 2024. Elle s’est déroulée dans 99 collèges et 175 lycées dans toute la France hexagonale auprès de 11 731 élèves, 4 088 collégiens et 7 643 lycéens plus précisément.

Les réponses de 11 397 élèves ont été analysées dans le cadre de cette édition 2024, après suppression de questionnaires inexploitables, comportant trop de données manquantes ou des déclarations aberrantes. L’analyse rend compte d’un fort déclin du tabagisme depuis près de 15 ans, tant et si bien que l’OFDT considère « les premières générations sans tabac en perspective ».

« En près de quinze ans (2010-2024), l’expérimentation a été divisée par quatre chez les collégiens et par deux chez les lycéens, tandis que le tabagisme quotidien parmi ces derniers a été divisé par cinq. »

Un tabagisme quotidien toujours bas

L’enquête EnCLASS 2024 rend compte d’un tabagisme quotidien stable, aussi bas qu’en 2022 en population adolescente, chez les filles comme chez les garçons. Le tabagisme quotidien a même baissé de 0,6 % encore par rapport à 2022 chez les lycéens, en passant de 6,2 % à 5,6 %. Entre 2022 et 2024, le tabagisme quotidien n’a en revanche pas diminué davantage chez les collégiens, restant à un très bas 0,9 %. La baisse drastique du tabagisme quotidien s’est en effet opérée en 2022 dans les collèges et lycées, en tombant à 15,6 %, soit à la moitié du taux observé en 2011.

L’OFDT a cependant remarqué que les niveaux d’usage quotidien des cigarettes de tabac progressent fortement en 2024 selon le niveau scolaire, en trois paliers. Le premier palier comprend des élèves de la sixième à la quatrième, avec une consommation quotidienne de tabac quasi inexistante avec des niveaux inférieurs ou égaux à 0,6 %. Le deuxième palier, composé d’élèves de troisième et de seconde, présente des niveaux autour de 3 %. Le dernier palier, constitué d’élèves de première et de terminale, présente lui une augmentation sensible de la consommation, avec des taux de 5,5 % et de 7,9 %.

Une forte baisse des expérimentations

L’enquête EnCLASS 2024 documente aussi une diminution importante de l’expérimentation de fumer, avec seulement 7,7 % des collégiens, soit moins d’un sur dix, et 30,6 % des lycéens, soit moins d’un sur trois, qui ont déclaré en 2024 avoir déjà fumé un jour une cigarette. Comme pour le tabagisme quotidien, l’expérimentation progresse en 2024 selon le niveau scolaire, étant plus importante en terminale et en première qu’en seconde et en troisième, cette dernière étant elle-même plus élevée qu’en quatrième, cinquième et sixième.

L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives rend également compte, dans l’enquête EnCLASS 2024, d’une expérimentation plus importante du tabac par les filles (32,5 %) que par les garçons (28,7 %), mais seulement à partir du lycée. Une différence qui n’existait pas en 2022. Le niveau d’expérimentation parmi les garçons lycéens a ainsi perdu 4 points en 2024 tandis que celui des filles lycéennes n’a perdu que 2,5 points cette même année.

Tabagisme : les normes au sein des groupes influencent toujours les comportements individuels en 2024

L’enquête EnCLASS 2024 rend également compte d’une dénormalisation du tabagisme au sein des groupes d’adolescents. La part des lycéens déclarant qu’au moins la moitié de leurs amis fument des cigarettes est en effet passée de 74,7 % en 2011 à 18,0 % en 2024, tandis que celle des lycéens n’ayant aucun ami fumant des cigarettes est passée de 2,7 % en 2011 à 43,9 % en 2024.

Cette baisse des prévalences d’usage dans l’entourage direct des collégiens et des lycéens, reflet de celle dans l’ensemble de la population adolescente, est importante. C’est parce que les normes au sein des groupes d’adolescents influencent toujours les comportements individuels en 2024. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 68,4 % des lycéens interrogés en 2024 dont au moins la moitié des amis fument des cigarettes en avaient eux-mêmes déjà fumé, contre 11,8 % des lycéens sondés en 2024 n’ayant aucun ami qui en fume.

Le vapotage remplace le tabagisme dans les lycées

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Si l’enquête EnCLASS 2024 montre un effondrement du tabagisme chez les jeunes français, elle fait toutefois part d’un contrepoint important : la diffusion de la cigarette électronique auprès des jeunes, elle, demeure importante, et supérieure à celle des cigarettes de tabac. Plus précisément, l’enquête EnCLASS 2024 permet d’observer une nette progression du vapotage dans les lycées.

« L’usage quotidien de la cigarette électronique parmi les lycéens poursuit sa progression, qui s’est en outre accélérée entre 2022 et 2024. »

Une hausse de l’usage de la cigarette électronique dans les lycées

Il faut dire qu’en 2022, l’utilisation quotidienne de la cigarette électronique chez les lycéens dépassait déjà l’usage quotidien des cigarettes de tabac. Cette tendance s’est simplement poursuivie et accélérée depuis, le vapotage quotidien des lycéens étant passé de 3,8 % en 2022 à 6,8 % en 2024. Il a donc gagné 3 points entre 2022 et 2024, et touche autant les garçons que les filles. Une augmentation notable, qui s’accompagne d’une diminution proportionnelle du tabagisme quotidien dans cette même population, comme nous l’avons vu précédemment.

Le vapotage semble ainsi se substituer au tabagisme chez les lycéens français. L’OFDT se veut non alarmiste à ce sujet, invitant seulement à faire preuve de vigilance, pour s’assurer plus tard que la vape se substitue toujours au tabagisme, et que les adolescents privilégient toujours ce produit à risques réduits au tabac, non que la prévalence tabagique remonte.

« Toutefois, quelques points invitent à une certaine vigilance. Ainsi, le niveau d’usage quotidien de la cigarette électronique progresse toujours parmi les lycéens au point d’être désormais comparable au tabagisme quotidien. »

Une expérimentation de la vape stable

En 2024, l’expérimentation de la vape est restée similaire à celle observée en 2022, puisqu’elle a été déclarée par 19 % de collégiens en 2024 (contre 20,2 % en 2022), soit par près d’un collégien sur cinq, et par 46 % de lycéens en 2024 (contre 44 % en 2022), soit par près d’un lycéen sur deux. L’expérimentation stable chez les plus jeunes, et légèrement plus importante chez les lycéens, tend à confirmer l’hypothèse d’une substitution du tabac par le vapotage bien plus que celle d’une initiation massive à l’usage de la cigarette électronique.

L’expérimentation du vapotage progresse en effet tout au long du collège et du lycée, comme c’est le cas pour l’expérimentation de la cigarette de tabac. Cependant, la diffusion de la cigarette électronique parmi les élèves de collège et de lycée est nettement supérieure à celle des cigarettes de tabac, car plus importante. Ce n’est pas sans raison que les élèves du secondaire considèrent la cigarette électronique comme plus accessible que le tabac.

Enquête EnCLASS 2024 : la cigarette électronique est perçue comme plus accessible que le tabac par les élèves du secondaire

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L’accessibilité perçue du tabac a significativement diminué entre 2011 et 2024, et celle de la cigarette électronique a également baissé en 2024. Pour autant, les cigarettes de tabac restent encore perçues comme facilement accessibles par plus de la moitié des lycéens (53,3 %) malgré l’interdiction de vente aux mineurs. Le tabac occupe en fait la troisième place des substances considérées comme les plus accessibles par les lycéens, derrière la cigarette électronique, considérée par conséquent plus facile d’accès (58,8 % contre 53,3 %), derrière l’alcool.

L’accessibilité perçue influant sur les niveaux d’usage de substances chez les adolescents et jeunes adultes, et constituant un élément clé des mesures de prévention, il est possible que le vapotage se substitue au tabagisme en population adolescente parce que la cigarette électronique est considérée plus facilement accessible que les cigarettes de tabac, et pas par volonté de consommer un produit à risques réduits. L’inverse est cependant tout à fait possible.


Tabagisme et vapotage : une perception correcte de la différence de dangerosité entre les cigarettes et la cigarette électronique, variable selon la quantité ou la fréquence d’usage

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La dangerosité perçue du tabagisme et celle du vapotage varient selon la quantité ou la fréquence d’usage considérée.

Concernant le tabagisme, une majorité de lycéens (74,6 %) voit en effet un risque important au fait de fumer au moins un paquet par jour. Par contre, seulement 15,3 % d’entre eux considèrent que fumer occasionnellement du tabac constitue un risque important pour la santé. La consommation de cigarettes est cependant davantage perçue comme dangereuse pour la santé, y compris de façon occasionnelle qu’auparavant. La perception des dangers du tabagisme occasionnel a en effet augmenté entre 2015 et 2024, passant de 33,1 à 46,4 %.

Cette évolution des perceptions des dangers du tabagisme occasionnel comme quotidien pourrait expliquer la substitution du tabagisme par le vapotage opérée par les lycéens, puisque une majorité d’entre eux perçoit le vapotage comme moins dangereux que le tabagisme mais pas dénué de tout risque, et semble de fait avoir une perception correcte de la différence de dangerosité entre ces deux produits. Pour 36,8 % des lycéens, vapoter tous les jours est en effet considéré comme modérément risqué pour la santé, quand 14,8 % d’entre eux estiment cette pratique légèrement risquée.

Cependant, puisque la formulation « Fumer au moins un paquet de cigarettes par jour » suggère une utilisation intensive, à l’inverse de l’expression « Utiliser la cigarette électronique tous les jours » qui ne précise pas la fréquence d’utilisation quotidienne, il est possible que les chiffres cités précédemment, qui semblent indiquer que les adolescents considèrent le tabagisme plus dangereux que le vapotage, soient quelque peu biaisés.

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