
Chapitre 2 : Le temps de la passion
Déjà là ? Tu m’as fait peur ! Quoi de neuf ? La forme ?

Mais dis donc, c’est qu’on serait presque en train de se créer une petite saga ! Nous en sommes déjà au troisième volet de mes aventures de vapoteur lambda et nous revoilà une fois encore réunis pour que tu m’écoutes radoter à propos de mes péripéties vapologiques. Je ne te cache pas que je suis touché !
Si tu es en train de penser « Mais t’es qui toi ? », et que tu hurles au scandale parce que cet article a plus l’air d’être un reportage sur les castors lapons que sur l’actu de la vape, laisse-moi te rafraîchir la mémoire. Au cours du chapitre 0 et du chapitre 1, l’humble vapoteur que je suis a déblatéré sur son début de carrière en tant que cheminée semi-professionnelle. D’abord fumeur teigneux puis vapo-fumeur ambitieux, j’ai lâché la sucette à goudron au cours de longs débats avec moi-même et d’heureuses coïncidences.
Comme je l’ai dit et répété dans les chapitres précédents, se mettre à vapoter n’est pas de tout repos et sans conseils avisés ni informations, une erreur dans le choix du matériel peut rapidement tout faire capoter. Par chance, mon tout premier kit Smok AL85 m’a apporté la satisfaction et les nuages que je recherchais. Les petits tracas classiques comme les fuites ou les résistances à combustion spontanée m’ayant épargné, je me suis tout de suite retrouvé dans de très bonnes conditions pour passer vapoteur à plein temps.
J’ai un kit qui envoie la sauce, des e-liquides en 6mg qui me comblent de joie, des accus qui n’explosent évidemment pas, bref, c’est un bon départ !

Comme je te le racontais à la fin du chapitre précédent, je me suis vite retrouvé face à un choix digne du film The Matrix. Mon stock de tabac et mes deux seuls flacons de e-liquide s’amenuissant, il était grand temps de décider avec qui continuer l’aventure. Comme on dit : « le tabac c’est tabou, on en viendra tous à bout ». Oui mais ce n’est pas aisé de faire ses adieux à une vieille habitude si mauvaise soit-elle. Mais en voyant à quel point un matériel adapté à ses besoins peut rendre la transition si « indolore », il ne m’a fallu que peu de temps pour me reconnecter sur Taklope.com plutôt que de retourner me chercher un paquet de roulées !
Bye bye cigarette, merci pour ces années de toux et d’haleine de cendrier, je te quitte car j’ai un océan de saveurs à écumer !

Ça y est, deux semaines après ma première goutte de Red Hook vaporisée je deviens enfin un vapoteur à temps complet ! Nous sommes quelque part à la fin du mois de février 2018, et je me sens pousser des ailes quand je crie à qui veut bien l’entendre que j’ai arrêté de fumer. C’était mal engagé, mais me voilà tombé amoureux.
Comme une relation passionnée entre la vape et moi, mon cœur s’est bien vite emballé. Tout est allé très vite, je ne lui trouvais que des qualités et je m’émerveillais de tout ce que cette belle invention pouvait m’offrir. En gros, il y a du boulot, et mieux vaut ne pas traîner si je veux en découvrir plus, plus vite !
Mes deux flacons de e-liquide sont vides. Je n’ai toujours qu’une très vague idée du fonctionnement réel des e-cigs et de leurs carburants, mais me voilà déjà entré dans un nouvel univers : le DIY !
« C’est fou de pouvoir créer soi-même des litres et des litres de e-liquide », pensais-je en me rappelant de cet ami qui avait tenté de m’expliquer le principe de base PG/VG et de concentré à diluer. À l’époque où j’étais ignare et goudronné, je l’écoutais en l’imaginant ainsi :

Quelle stupeur lorsque j’ai réalisé que le DIY n’était pas plus compliqué que de se servir un verre de sirop en été. Une base 50/50 PG/VG achetée en pack à booster pour la nicotiner en 6mg, puis 45 gouttes (à un troupeau de vaches près) de concentré dans mon petit flacon 10ml, et bingo ! Heureusement qu’à l’époque je n’étais pas exigeant et que mon palais pardonnait mon dosage en arôme très approximatif.
Très heureux de faire ma popote tous les deux jours, j’ai pu balayer ma peur de manquer de e-liquide et par la même occasion faire la connaissance d’une saveur mythique. Je veux bien sûr parler du seul, de l’unique, du concentré Red Astaire !

Son petit goût sucré et anisé qui me rappelle les sucettes façon « pomme d’amour » me ramenait à mon enfance, et aujourd’hui la simple fragrance d’une vapeur de Red Astaire me ramène à mes premières semaines de vape. Cette double madeleine de Proust fait partie de ces légendes que l’on ne choisit pas par hasard, et que beaucoup ont déjà été amenés à goûter un jour. Il m’arrive encore parfois d’en préparer un flacon pour la simple nostalgie, bien que je me sois aujourd’hui tourné vers d’autres saveurs.
Succulent quoiqu’un brin écœurant en vape « sportive », le Red Astaire en concentré a aussi et surtout l’avantage de ne pas avoir de temps de maturation. On mélange, on secoue, et on savoure sans attendre le délai de steep traditionnel qu’impose le DIY. Je n’ai d’ailleurs pas poursuivi sur la voie du e-liquide fait maison à cause de cet impératif de temps de maturation. Je veux vaper, pas regarder mon flacon macérer pendant un mois avant de pouvoir le goûter !
Faire ses e-liquides DIY est pour beaucoup une étape, une alternative bien plus économique idéale quand on a trouvé la perle rare et que l’on ne vape plus qu’un seul ou une sélection limitée de parfums. Certes il y a un investissement de base (jeu de mot) et quelques notions à avoir pour réaliser un DIY bien dosé. Un doctorat en chimie appliquée n’est cependant pas nécessaire, même si à l’image de tout ce qui concerne la vape, le DIY requiert quelques conseils.
Cher cuistot en devenir qui me lit, voici un conseil : lance-toi ! L’avantage du DIY est qu’une petite erreur de dosage est souvent réparable. Commence par utiliser des arômes simples aux temps de maturation très courts, et réalise des mélanges en petites quantités pour ne rien gâcher. Toute cette tambouille n’a rien de très sorcier !

Armé de mon Red Astaire DIY pour couvrir mes besoins en nicotine, j’en profite pour me laisser aller à ma faim de découverte. Je laisse mon amour inconditionnel pour la vape me guider et je m’autorise à me délecter d’absolument tout. Tout ce que je peux déguster, je le goûte. Tous les matériels à ma portée, je les essaye. Le bon comme le très mauvais, j’affine mon palais alors très facile à soudoyer.
« Regardez toutes ces compositions fruitées, il y en a des milliers ! »
« Des raisins mûrs à point ? Où est-ce que je signe ? »
« De la mangue et de l’ananas ? Quelle idée originale ! »
« Celui-là, je le mets dans mon Top 3. Et lui aussi. Et lui ! Et celui-là ! Et vous deux là aussi ! »
Comme tous les enthousiastes maladifs, il y eu un temps où il me fallait en goûter toujours plus, tester pour le simple plaisir de découvrir et stocker tout ce que je pouvais dénicher. J’étais comme une fourmi, une fourmi boulimique qui a soudainement perdu tout sens du goût en étant ébloui par l’esprit de conquête. Si à l’époque on m’avait offert 120ml de e-liquide saveur potiron-bulot, sois sûr que je me serais rué dessus.

Ce syndrome du vapoteur qui mange à tous les râteliers reviendra régulièrement, qu’il s’agisse de e-liquides ou de matériels. J’aime à penser que c’est cet attrait et cet émerveillement parfois insensé qui m’a aidé à définitivement oublier la cigarette en un claquement de doigts. Pourquoi pleurer une tueuse qui pique le nez et qui coûte un bras, quand on peut vendre ce bras pour s’offrir une myriade de bons parfums à vaper ?
Côté matériel, mes expériences restaient malgré tout encore peu diversifiées et je n’avais au compteur que ma box AL85, mon TFV8 Baby, un clearomiseur Eleaf Melo 3 qui m’offrait mes premiers dry-hits ainsi que son excellent petit frère le Melo 4. J’étais encore bien nu question culture matérielle et compétences techniques. Bien loin d’être un expert, peu au fait des dernières avancées et inconscient de la taille de l’iceberg sur lequel je me trouvais, j’étais loin de me rendre compte de tout ce qu’il me restait à apprendre. Enfin, je faisais mon petit bout de chemin la tête dans les nuages et c’était drôlement bien…
En l’espace de quelques courtes semaines, je passai d’apprenti à prêcheur. Loin de moi l’idée de me faire plus instruit que je ne l’étais, j’ai pourtant vite constaté qu’une passion est contagieuse si elle authentique. C’est bien plus divertissant d’écouter un marin amateur te parler de sa passion pour les trimarans qu’un expert blasé au plus haut point qui t’explique la création de l’univers tu ne crois pas ? Cette envie dévorante de parler de vape et de faire son éloge, mes proches en ont fait les frais.

Si tu as lu le chapitre 0 de ce journal, tu ris certainement de moi en voyant que je suis devenu l’un de ces vapoteurs bavards qui me débectaient tant à l’ère du goudron. À la moindre occasion, j’abreuvais mon prochain de mes connaissances encore très sommaires et je n’hésitais pas à jouer du nuage pour attirer l’attention et lancer la conversation. Bien sûr je n’étais pas agressif, on peut être passionné sans être un fanatique barbant. Ces moments passés à raconter mes découvertes, à faire l’exposé de mon expérience et à préparer des paniers garnis pour des dégustations nuageuses entre amis ne sont que de bons souvenirs. C’est l’essentiel n’est-ce pas ? Et si grâce à cela une poignée d’entre eux se décident à franchir le pas, alors tout cela n’aura pas été vain.
Tu le sais certainement autant que moi : débuter n’est pas aisé. Tu veux aider un proche à rompre ses chaînes de doutes ? Sois celui qui s’ouvre à ses questions, qui lui explique comment tout cela fonctionne. Sois celui qui explique que c’est normal d’être un peu perdu, brosse un portrait des solutions possibles en te mettant à cette place de novice qui était tienne il n’y a pas si longtemps. Celui qui a le privilège de savoir (même un peu), a le devoir d’informer !

En parlant d’information, ce temps d’apprentissage intensif a également été une période de scepticisme intense et d’analyse. Non-expert mais déjà bien mieux renseigné, je pouvais cracher mon venin sur les gros titres racoleurs des médias et prendre un sacré pied en démontant un à un les arguments des colporteurs de fake-news. Envoyer des faits et des preuves solides au visage de celui qui me dit que l’on peut se noyer en vapotant, crois bien que ça fait chaud au cœur !

La cigarette électronique n’est pas « trente fois plus cancérigène que la clope » -dixit une personne âgée plutôt hermétique à mes arguments. Bien sûr que la vape n’est pas blanche comme neige ! Des mods mécaniques mal utilisés continueront de faire des victimes, le diacétyle à très hautes doses de certains e-liquides continuera à encrasser les poumons, et la nicotine restera une puissante drogue. Mais on ne nous ressort toujours que les cas extrêmes. Dans le vrai monde réel de la réalité véritable, des milliers de vapoteurs utilisent des matériels sécurisés et des e-liquides de qualité respectant les strictes normes européennes. Les études scientifiques vont et viennent chacune avec leur lot de nouveaux faits, bien souvent en faveur de la vape lorsque ceux-ci ne sont pas déformés, mâchouillés et régurgités au JT.
Si rien n’est acquis ni sûr aujourd’hui, toi, moi, ainsi que tous les autres pouvons témoigner de son efficacité.

Fin de l’instant coup de gueule. On ne va pas se fâcher et je ne m’étendrai pas davantage sur le sujet. C’est que l’heure tourne !
Tu as maintenant une petite illustration de mon entrée fracassante dans le monde de la vapeur. D’abord timide puis brute avide de découverte, j’en ai fait un loisir et une petite passion que j’ai voulu partager avec ceux qui auraient pu vouloir me rejoindre dans cette aventure. C’est certainement quelque peu puéril, mais c’est sans aucun doute cet aspect fun qui m’a apporté la volonté qui naguère me faisait défaut.
Mais attention ! La vape n’est pas un jouet cool ouvert à tous les amateurs de fruits rouges ! Je dis simplement qu’un peu de passion aide toujours dans une quelconque entreprise.
Sur ce, je te laisse. On a bien bavardé sur la vape et ses secrets, mais il est temps de passer au niveau supérieur. La prochaine fois, je te raconterai l’époque dorée où j’ai découvert la vape des experts. On parlera coils, atos, méca, électro, boulot, dodo. Bref, l’aventure n’est pas terminée !
À tantôt cher lecteur, bonne vape !
