
Chapitre 1 : Vers un nouveau monde
Tiens ! Te revoilà ! Bienvenue sur mon journal. Entre, fais comme chez toi, sers-toi un petit café.

Je suppose que si tu es ici, c’est à cause de l’insoutenable cliffhanger que j’ai laissé à la fin du chapitre 0 de mes trépidantes péripéties de fumeur devenu vapoteur. Ou peut-être n’as-tu pas la moindre idée de ce que tu fais sur cette page, ni de quoi je suis en train de te rebattre les oreilles. Laisse donc Père Castor te rafraîchir la mémoire, et reprendre son histoire.
Reprenons le récit quelque part à la fin du mois de janvier 2018 (tiens au fait, très bonne année à toi, soit dit en passant).
À l’époque j’étais un fumeur résigné, quelque peu hostile au monde de la cigarette électronique et surtout vexé d’être complètement perdu dans cet univers déjà bien développé. Après quelques recherches, j’ai pu faire passer mon niveau de connaissance de la vaposphère de « Médiocre » à « Bien mais pas top », et ainsi faire mon propre choix de matériel pour débuter.
Mon aventure de vapoteur ordinaire commença donc sur (roulement de tambour) Taklope.com ! Qui l’eût cru ?
Dans un coin de ma tête, mon expérience passée de petite vapoteuse « réaliste » achetée en bureau de tabac et rapidement laissée aux oubliettes me guide instinctivement vers les matériels plus puissants.
Je ne veux pas d’un kit AIO format cigarette, et ma vision étriquée de toutes les sensations que peuvent proposer la vape me fait croire que les watts et les nuages sont la clé d’une transition réussie. Cette idée aurait pu être une erreur fatale dans bien des cas, mais mes poumons bien accrochés et moi savions que la vape aérienne nous conviendrait aussi bien que la vape réaliste. Voici donc la liste de mes envies et de mes critères pour mon premier achat :

Je veux une box ;
Je veux une box avec accu externe car plus durable qu’une batterie intégrée ;
Je veux une box avec un seul accu car moins encombrante et plus adaptée aux débutants ;
Je veux une box avec un clearomiseur qui a un airflow réglable, synonyme de vapeur et de performance (croyais-je) ;
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Je veux une box si possible avec une grande gâchette en guise de bouton Fire pour le style et le confort, mais surtout pour le style.
Si tu es un vapoteur confirmé, tu remarqueras certainement la futilité de ces critères. Ce n’est pas en s’attardant davantage sur l’esthétique et en se rattachant à des clichés que l’on fait le choix parfait. Heureusement, je ne suis pas très difficile et les avis étoilés sur le site m’ont grandement aidé à trier.
Le voici donc, mon premier kit complet…

Poussiéreuse mais toujours d’attaque, mon AL85 est aujourd’hui l’aînée d’une grande famille.
« Tadaaam ! ». Que ceux qui sont aussi tombés amoureux du kit Smok Alien AL85 et de son TFV8 Baby lèvent la main. Franchement, elle en jette non ? Regardez cet airflow réglable ! Ce capuchon d’accu ! Cet écran ! Ce système d’ouverture franchement malin et ce drip tip en Delrin !
Au début, un rien suffisait à me rendre admiratif. J’ai passé les deux jours entre la commande et la réception comme un gosse qui attend le matin de Noël, et une fois ma vraie e-cig de vrai vapoteur dans les mains, j’étais le plus heureux des bambins. Oui c’est niais, c’est bête, mais cela n’empêche qu’un peu d’enthousiasme est un facteur de réussite quand on tente un passage de la clope à la vape.
Dès l’ouverture de la boîte, j’apprends une première chose : les matériels en photos sur les vapeshop en ligne son toujours plus petits dans la réalité. Je ne sais pas si je suis le seul à avoir ressenti cela lors d’un achat, mais en prenant mon kit AL85 en main, je me sentais un peu comme ça :

Dans mon premier « vapemail », j’avais notamment commandé deux accus Samsung 25R. Pourquoi ? Aujourd’hui je te dirais que c’est grâce à leur excellent courant de décharge et à la stabilité de leur chimie INR. Mais hier, le prix et le nombre d’avis avaient suffi à me convaincre, car après tout, « ce n’est qu’une grosse pile verte ».

Non imbécile ! Respecte cette « grosse pile verte » si tu ne veux pas finir avec la cuisse en kebab !
En dépit de la stupidité de mon raisonnement, j’ai malgré tout conscience que les accus sont dangereux (sans réellement comprendre leur fonctionnement) et qu’il va falloir faire attention. Justement, quand vient le moment de mettre un de mes accus dans la box, la panique m’envahit et les images d’accidents de dégazage vues sur le net me hantent. « C’est lequel le côté Plus ? », hurlais-je en me voyant paniquer à deux doigts de pouvoir enfin tester mon matériel. Après dix bonnes minutes de réflexion et de pinaillage logique, je me lance et j’allume ma box pour la première fois.

Spoiler : rien n’a explosé. Oui les kits électroniques sont sécurisés de tous les côtés, mais je n’en savais encore trop rien. Sachant que la première bouffée n’allait plus tarder, je me hâte, je règle le wattage selon la plage indiquée sur la résistance, je l’amorce comme un vrai « pro-vaper » qui sait ce qu’il fait et je remplis les 3ml de mon tank avec l’un de mes deux premiers e-liquides.
Je voulais mes premiers e-juices avec une base 40/60 PG/VG, craignant de ne pas avoir assez de vapeur avec un « banal » liquide en 50/50. Ce choix infondé, bête et arbitraire m’a cependant permis de faire un bon tri dans le catalogue de e-liquides, la base 40/60 n’étant pas courante. Mais surtout, cette base un peu plus visqueuse m’a épargné la douleur d’un clearomiseur TFV8 qui dégouline par tous les airflows.

Sans le savoir, ma carrière de vapoteur débuta avec deux e-liquides français de chez Savourea. Le Red Hook est un fruité très frais, et le Crazy Monkey est un excellentissime « Classic » à la banane que je rachèterais plusieurs fois par la suite. À une moyenne de dix cigarettes par jour, on m’avait un jour conseillé un dosage en nicotine de 6mg sachant que le clearomiseur TFV8 Baby produit une bonne quantité de vapeur.
3, 2, 1…Fire ! Étourdi par l’excitation que provoquait en moi l’idée de prendre ma première taffe, je me lance avec le Red Hook et je prends une bonne bouffée, sans tousser (eh oui, on a la classe ou on ne l’a pas) ! Le hit, la fraîcheur, la saveur, les nuages, tout est parfait et je vis chaque bouffée comme un pur moment de joie et d’allégresse. « Cool, me voilà enfin entré dans le game » !

Comme un enfant qui apprend le cycle de l’eau, je comprends vite que ce beau nuage qui s’envole au-dessus de ma table de cuisine se traduit par une baisse visible et significative du niveau de liquide dans le réservoir. Bilan : cette vape me satisfait pleinement en termes de sensations et d’apport nicotinique, mais mon manque de réserve en e-liquide me force à me rationner.
Savourant ces 20ml comme s’ils étaient les derniers sur terre, je profite de la vape avec mon beau matériel, je recharge soigneusement mes accus avec mon chargeur Xtar MC2, je chante la vie, je danse la vie, je suis enfin… un vapo-fumeur.

Désolé de casser l’ambiance, mais il faut plus que quelques dizaines de bouffées (certes excellentes) pour qu’un ancien partisan de la tétine à cancer retourne sa veste. Les habitudes ont la dent dure mon ami ! Je me suis alors dit :
« Finis ton paquet de tabac, et advienne que pourra »
Fumer, c’est mal ! Fumer et vapoter, c’est pas jojo non plus ! Mais c’est le popotin entre deux chaises que l’on prend les décisions. À cet instant-là, je n’étais qu’un fumeur qui possédait du bon matériel, qui aimait les sensations de la vape et qui avait l’envie d’agrandir ses connaissances encore très sommaires.
En deux semaines, j’avais déjà franchi un sacré cap. Plus de clope dans la voiture, plus de « petite dernière » avant de dormir, seules survécurent les trois cigarettes d’après repas si difficiles à snober. Jour après jour, fumer devenait moins un besoin qu’une sorte d’obligation tacite que je m’imposais pour éviter de vexer l’ancien « Moi fumeur ».
Les clopes fumées diminuaient, tandis que les millilitres s’évaporaient de manière exponentielle. À la fin de mon ultime paquet de roulées, la décision était prise : plus jamais je n’en rachèterai !

Pour être tout à fait honnête avec toi, il m’arrive encore aujourd’hui d’en griller une lors de quelques grandes occasions, mais ce bon goût de cendrier toxique me rappelle à chaque fois que j’ai fait le bon choix !
Je n’ai pas fait le calcul pour savoir si aujourd’hui la vape a fait du bien à mon porte-monnaie, d’autant que c’est devenu un besoin et un loisir, et que les loisirs ont un prix. Mais très franchement, se défaire de la cigarette sans le moindre manque peut bien coûter quelques euros de plus, d’autant que des solutions très économiques existent (le DIY et le reconstructible par exemple).

Voilà donc mes deux premières semaines de vapo-fumeur. Je parie que toi aussi ton passage à la vape ne s’est pas fait en un claquement de doigts. On galère, on découvre, on effleure la surface d’un univers à la fois simple et très complexe, pour finalement faire un premier pas dans la vie d’un vapoteur ordinaire qui tire des leçons de ses premières expériences.
Par chance, mon matériel m’a pleinement satisfait, mon choix aveugle de e-liquides m’a offert une bonne première impression, et j’étais finalement motivé pour aller encore plus loin.
Je pense à ceux qui n’ont pas eu cette chance. Ceux qui n’ont pas reçu les conseils dont ils avaient besoin, qui se sont laissés guider aveuglément sans tenir compte de leurs envies, ceux qui ont subi les fuites, les dry-hits à répétition ou la frustration d’un taux de nicotine inadapté. À vous je vous invite à réitérer l’expérience, sans brûler les étapes.
Sur cette séquence « émotion & bienveillance », je clos ce chapitre. Tu savais déjà quel fumeur j’étais, et désormais tu sais dans quelles conditions j’ai débuté la vape. Vapo-fumeur, plutôt « vapeur » que « saveurs », possesseur d’un kit box subohm et bouillonnant d’envie d’en découvrir toujours plus.
La prochaine fois, je te raconterai comment l’apprenti vapo-fumeur enthousiaste est devenu un grand défenseur de la vape, et comment j’ai commencé à forger mes premiers goûts en matière de e-liquides et de matériels.
À la prochaine, et bonne vape à toi !
