
Avec l’Ether RTA, la branche de Vaperz Cloud « Suicide Mods » sort un peu de sa zone de confort et quitte le monde de la grosse vape qui tache le temps de concevoir un atomiseur plus mesuré. Sous les conseils avisés du plus fringant des reviewers australiens (a.k.a The Vaping Bogan), elle crée un matériel prometteur par bien des aspects, et surtout dans l’air du temps.
Car oui, la tendance actuelle des RTA est à la polyvalence, si bien que l’on ne compte plus le nombre de produits se revendiquant DL/MTL ou encore ceux proposant un airflow à modules amovibles. De cette mode sont nés de grands succès, mais aussi des ratés qui se sont perdus en chemin en tentant de manger à tous les râteliers.
Découverte de l’Ether RTA

L’Ether RTA, lui, s’inspire de tout cela à sa manière et propose sur le papier une polyvalence réelle, efficace, et simple. Tout ça, ça nous fait une belle jambe, mais qu’est-ce que nos papilles en pensent ? Hein ?
C’est donc parti pour un décorticage en règle de l’Ether, de ses atouts, de ses défauts et de ses usages !

Dites « bonjour » à l’Ether RTA, un atomiseur reconstructible single-coil de 24mm au design rondouillard qui plait déjà par son allure plutôt originale. Qu’on l’aime ou pas, on apprécie l’effort de créativité fourni par Suicide Mods à une époque où beaucoup d’atomiseurs adoptent la même ligne (Precisio, Roulette, Pionneer, Pandora, on continue ou pas ?).
À sa sortie, l’Ether RTA n’est disponible qu’en coloris noir mat et gunmetal brillant. Classique en termes de choix de teintes, qu’il faut regarder par en dessous pour pouvoir apprécier la petite touche perso que ses créateurs déjantés y ont laissée.

Sur le papier, l’Ether n’a qu’une capacité de 2ml. Pourtant cette autonomie semble un peu sous-estimée et parait plus proche des 2,5/3ml. Quoiqu’il en soit cet atomiseur à la vocation plutôt économe a ce qu’il faut en matière de réservoir, bien qu’un pack de tanks d’extension 4ml reste disponible pour qui craint vraiment la panne sèche.
Côté choix du tank, on est gâté. L’Ether RTA est livré de base avec un Pyrex classique, ainsi que deux autres réservoirs en plastique doré ou noir fumé. Mais il y a plus ! Allons faire un tour dans le contenu de la boîte…

Voilà les trois personnalisations que l’on peut obtenir avec l’Ether. En plus des trois tanks, on retrouve un drip-tip 510 court à large cheminée, un autre à fine cheminée, ainsi qu’un troisième au format allongé et à la cheminée également réduite.
Suicide Mods fournit également un lot de visserie, des joints par pelletées, une extension de cheminée assortie, ainsi que deux petits réducteurs d’airflow (identiques) que nous reverrons plus tard en action.

Avec ses drip-tips et son module d’airflow amovible, l’Ether trahit déjà son ambition de polyvalence et sa collection de prises d’air la confirme. Nous aurons donc pas moins de cinq configurations d’airflow a notre disposition pour faire mumuse, allant de 4 ouvertures d’environ 1,4mm à une seule minuscule prise d’air d’environ 0,4mm. Le tout se manipule agréablement, la bague d’airflow étant dotée de crans qui versent de délicieux « cliquetis » dans les tympans lors du réglage.
Montage de l’atomiseur

Bien ! Les présentations sont faites. Place au montage ! Si l’Ether fait monter la hype en nous promettant moult prouesses en vape DL restrictive et MTL, il va falloir réaliser plusieurs montages pour en avoir le coeur net et enfin déterminer la plage d’utilisation réelle de ce joli petit atomiseur plein de promesses.
À nous deux, voyons voir de quel coil tu te chauffes !

Sans grande surprise, l’Ether propose un deck à double-posts opposés. On y retrouve un espace de montage plutôt réduit, et une bouche de sortie d’air bien plus large qu’un atomiseur MTL lambda. Le ciel semble annoncer quelques beaux nuages…

Le plateau de l’Ether RTA est indéniablement pratique à monter, et rien que pour cela on le conseillerait à un parfait novice en reconstructible. Les ailettes de chaque côté de ses grosses vis gardent les pattes bien en place, le positionnement s’effectue sans encombre, rien à redire !
Cela dit, le deck annonce tout de suite la couleur : les coils de 3mm de diamètre interne ne sont pas son domaine de prédilection. Pour son gabarit, un format de 2 ou 2,5mm comme ici sera bien plus adapté pour éviter de se brûler les moustaches, surtout si vous utilisez des petits câbles en Clapton.


Voilà le premier montage de test : un coil Fused Clapton en Ni80 de 2,5mm pour une résistance stabilisée à 0,45. Le câble étant relativement fin et réactif, une puissance de 30W suffit largement à le faire rougir.
Sans plus attendre, on passe au coton avant le premier verdict !

Le plateau de l’Ether est légèrement surélevé à la manière d’une architecture GTA, plaçant la chambre d’atomisation un peu plus proche des papilles. Ce design a également l’avantage de permettre un cotonnage simple, où il suffit d’enfiler les mèches dans les cerceaux pour les baigner dans le gros du réservoir.
Pour éviter les mauvaises surprises (de celles qui ont un méchant goût de barbecue), on découpe des mèches assez courtes pour les faire tout juste atteindre le fond des cerceaux.

Et voilà le travail ! Un montage réalisé sans trucage, bel et bien aussi simple et rapide qu’il y parait.
Pour tester les performances de l’Ether RTA en inhalation directe restrictive, on choisit un juice bien gras et bien gourmand en 25/75 PG/VG afin de savoir si la vapeur répond présent, et si l’on peut enchaîner les puffs sans recevoir un dry en pleines dents.

Il ne nous reste plus qu’à remplir le réservoir. C’est ici un système de top-cap à détrompeurs qui nous attend, très facile à ouvrir, mais un peu plus fastidieux à refermer (ou peut-être ne sais-je simplement pas viser).
Allez ! Une bouffée. Puis deux. Puis trois. Et puis alors quoi ?
Premier avis : montage DL – 0,45ohm

Le premier verdict avec le montage 0,45ohm est en demie teinte. Point positif, le rendu saveur/vapeur est très convaincant. L’Ether se montre efficient à basse puissance et offre d’excellentes sensations. MAIS !
Mais l’airflow (ouvert au max) de l’Ether reste légèrement trop restrictif pour ce genre de montage. La vapeur et son court drip-tip montent très vite en température au bout de quelques bouffées, ce qui, pour certains, laissera l’impression d’avoir visé trop haut. Bilan : « bien, mais pas top ». On peut en tirer bien mieux !

Il semble alors qu’une résistance un peu plus élevée soit plus adaptée pour profiter au mieux de l’Ether RTA en inhalation directe restrictive (du moins avec un coil complexe).
Dans ce cas, on recommence ! Le second montage a été réalisé avec un câble micro-Fused Ni80 plus fin et toujours en 2,5mm, pour une résistance à peine plus élevée de 0,57ohm. On coupe, on rode, on cotonne, on imbibe, et là…
Avis avec montage RDL – 0,57ohm

Et là on obtient le résultat escompté ! À 22W, ce second montage gomme tous les défauts du premier et offre une vape RDL toujours aussi généreuse en saveurs, mais cette fois-ci parfaitement tempérée. La vape se révèle chaleureuse, mais pas brûlante. On profite de nuages ronds et gourmands avec le hit vif que la vape restrictive peut offrir. Un très bon rendu qui certes ne s’aventure pas très haut dans les watts, mais qui est très fidèle à ce que l’on attend d’un atomiseur polyvalent.
D’ailleurs, en jouant avec la bague d’airflow, on se rend compte que l’on peut très vite passer à un tirage serré. Un bon augure pour la dernière phase du test : le test 100% MTL !
Test de l’Ether RTA en montage MTL

Pour un meilleur rendu en inhalation indirecte, l’Ether prévoit un petit insert réducteur d’airflow. Deux sont inclus, mais ils sont strictement identiques (au cas où l’on en perde un). On ne perdra donc pas des heures pour trouver le réglage parfait en essayant une flopée de petits modules, et ce n’est pas nécessairement plus mal ! Suicide Mods ne nous propose qu’une seule alternative, espérons qu’elle soit bien choisie…
Pour insérer et retirer ce tout petit réducteur d’air, une pince vous sera d’une aide inestimable ! Il se peut également que le joint le pousse à ressortir. Dans ce cas, n’hésitez pas à l’enfoncer et à appuyer dessus de toutes vos forces avec une pince ou un autre outil rigide pour qu’il s’enclenche et reste bien en place.

Et voilà le travail. Pour ce dernier test en vape purement MTL, on utilise un microcoil de 2,5mm en Ni80 rond pour une résistance de 0,7ohm utilisée à 16W. On en profite également pour installer le drip-tip long à fine cheminée et passer directement sur le plus petit airflow de la bague, à savoir l’unique trou de 0,4mm.
Tout est prêt pour le verdict final. Ne reste plus qu’à choisir un juice adapté, et ce sera un DIY Classic Granola de Yogi préparé en 70/30 PG/VG. Voyons si je retrouve le goût de mon fidèle all-day !
Avis final sur l’Ether RTA de Suicide Mods

Ultime bilan : l’Ether RTA en mode « MTL » est une très, très bonne surprise ! Comme en DL restrictif, les saveurs sont précises et bien présentes en dépit de sa cloche relativement large. La vape est aussi silencieuse qu’un cimetière, et le drip-tip (bien qu’un peu large) offre un confort surprenant. En utilisant trois configurations d’airflow (1 petit trou, 1 trou large ou 2 trous larges), on obtient une belle plage de tirages très cohérents et tous aussi efficaces les uns que les autres.
Du vrai MTL bien serré, tel que l’on ne s’y attendait franchement pas !

Globalement, l’Ether RTA de Suicide Mods est une très bonne surprise. D’abord d’un point de vue technique, on aime son design qui sort un peu du lot, ses options de personnalisation, et surtout son plateau qui est un vrai bonheur à monter. Si vous débutez en reconstructible et que le look de l’Ether vous fait de l’œil, foncez !
On retiendra finalement assez peu de défauts en termes de qualité de finition, outre les joints des drip-tips et du réducteur d’airflow qui se montrent un peu trop épais pour être facilement installés ou retirés.

Sur la vape, comme sur son design, on a là un ato qui passe partout et qui réussit très bien à gérer tous les aspects de la vape « éco ». De 5 à 25W, de 0,6 à plus de 1ohm, de RDL à MTL, l’Ether change de visage sans faire de réel sacrifice et permet de savourer tous types d’e-liquides. Une belle démonstration de polyvalence parfaitement maîtrisée !
La plage d’utilisation est peut-être un peu plus restreinte que ce que l’on pourrait espérer, mais c’est peut-être bien là sa clé de sa réussite. Durant tout le test, pas une fuite, pas un glouglou, pas un dry-hit, bref, l’Ether RTA est adopté !

Séduit ? Retrouvez l’Ether RTA de Suicide Mods et son kit d’extension dès aujourd’hui !