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Sommet COP8 : Vape et tabac, même combat ?

Sommet COP8 : Vape et tabac, même combat ?

La guerre contre la vape menée par le bureau anti-tabac (FCTC) de l’OMS à la COP8, 8ème sommet qui se déroule à Genève cette semaine, du 1er au 6 octobre 2018, n’est pas approuvée par l’ensemble de la communauté européenne. Cette position tranchée de l’OMS suscite l’incompréhension voire l’opposition d’organisations d’usagers de vapotage ou d’autres moyens de réduction des risques, mais aussi du Royaume-Uni, pays pourtant financeur de l’OMS, mais très engagé en faveur de la vape. Taklope vous informe sur cette conférence et sur les réactions qu’elle suscite en Europe.

Une position anti-vape assumée par la FCTC à la COP8

Une position anti-vape assumée par la FCTC à la COP8

Cette semaine, entre le 1er et le 6 octobre, la COP8 se tient à Genève. Cette réunion du bureau anti-tabac (FCTC) de l’OMS, ouverte par Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, et Michael Møller, directeur général de l’Office des Nations Unies à Genève, a pour but de faire avancer la lutte contre le tabagisme en décidant d’une ligne d’actions à tenir. Pour cela, des spécialistes de la prévention du tabagisme sont invités pour échanger sur la thématique : les délégués officiels des 181 états parties, des experts, des journalistes et des membres d’ONG. En tout 1500 personnes y sont attendues.

Dans la lutte contre le tabagisme, la vape pouvant jouer un rôle, il paraîtrait logique ou tout du moins envisageable que des organisations d’usagers de vapotage ou d’autres moyens de réduction des risques soient présentes à ce sommet anti-tabac. Pourtant, elles semblent exclues de cet échange fermé entre les délégués des 181 états parties et les autres participants sélectionnés par la FCTC. En effet, le réseau international INNCO qui regroupe plus de trente organisations de consommateurs de nicotine à risque réduit avait demandé un statut d’observateur pendant la conférence à Genève mais avait obtenu un pré-avis négatif du bureau anti-tabac (FCTC), sans explication. Mais alors ? Comment les participants de ce sommet ont-ils été sélectionnés ? Si l’on s’en tient aux éditions précédentes de ce rassemblement majeur, seul des lobbyistes pharmaceutiques seraient appelés à s’exprimer, ce qui pourrait expliquer pourquoi la vape y serait diabolisée, étant jugée actuellement plus efficace par les utilisateurs lors d’un sevrage tabagique que d’autres substituts proposés par l’industrie pharmaceutique.

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Le bureau anti-tabac (FCTC) de l’OMS a en fait posé avant même le début de ce 8ème sommet le mot d’ordre : une guerre contre le tabac, mais aussi contre le vapotage, qui pourtant est classé dans les moyens de réduction des risques liés au tabagisme. En effet, le bureau a publié en juin 2018 un rapport préliminaire à la COP8 au sujet de l’évolution des règlementations et du marché de la vape. Il stipule la ligne de conduite que souhaiterait suivre la convention suite à la COP8 : réglementer le vapotage pour prévenir les possibles conséquences de son essor. En résumé, la FCTC écrit se préoccuper de l’augmentation de l’adoption de la vape par les jeunes, de son impact sur les mesures de lutte antitabac existantes, des allégations de santé trompeuses, des stratégies de marketing et finalement du manque d’informations appropriées aux consommateurs. Ainsi, la vape est seulement vue à travers le prisme d’un risque nouveau pour les consommateurs et non à travers le prisme d’un levier d’action pour réussir un sevrage tabagique.

C’est étonnant, compte-tenu des recommandations de plusieurs organismes de santé qui préconisent l’utilisation des cigarettes électroniques ou de tout autre moyen pharmaceutique de substitution pour ne plus consommer des produits du tabac qui contiennent, en plus de la nicotine, bon nombre de substances à l’origine de cancers et de maladies cardiovasculaires. Ainsi, il semblerait que le bureau anti-tabac attende de la COP8 de pouvoir aller plus loin dans la lutte contre la vape qu’après la COP7, où l’Union Européenne, le Royaume-Uni et le Canada avaient refusé certaines de ses propositions, à savoir prohiber ou restreindre la vente, la production et l’usage des produits de la vape, avec et sans nicotine. D’ailleurs, lors du Sommet mondial « Tabac ou Santé » qui s’est déroulé à Cape Town en Afrique du Sud en mars 2018, la FCTC a affiché son soutien à la démarche de criminalisation des vapoteurs prises par certains pays, par exemple la Thaïlande.

Des actions et projets contre la lutte anti-vape de la FCTC

Des actions et projets contre la lutte anti-vape de la FCTC

Des rassemblements de soutien

Le réseau international INNCO, soit plus de trente organisations de consommateurs de nicotine à risque réduit, ne s’est pas dégonflé face à son exclusion de la COP8. Il tente de faire entendre aux délégués des pays présents le point de vue de la défense des droits des usagers de ces moyens de réduction des risques tabagiques. Il tient en ce moment même des rassemblements à Genève sur la place des Nations.

D’autres organisations se sont également rendues à Genève pour organiser différents évènements pour informer les publics sur les moyens de réduction des risques existants et sur les liens entre nicotine et santé. Une intervention du Pr Berndt Mayer, toxicologue à l’université de Graz (Autriche) se déroulait par exemple hier sur la thématique « la nicotine n’est pas l’ennemie ».

Le Royaume-Uni, prêt à interrompre son financement de l’OMS ?

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Le Daily Express du mardi 18 septembre, célèbre tabloïd quotidien anglais, a lancé un débat en titrant sur la toile « British taxpayers ‘should not subsidise scaremongering anti-vaping laws' », ce qui peut se traduire par « Les contribuables britanniques ne devraient plus subventionner les lois alarmistes anti-vapoteurs ». Le Royaume-Uni, très engagé en faveur de la vape en raison de son intérêt dans le sevrage tabagique, doit cette prise de position aux différentes preuves scientifiques qui attestent de l’intérêt de la cigarette électronique pour la santé par rapport aux produits du tabac. Ce pays serait-il prêt à stopper son financement de l’OMS pour sauver la vape en tant que moyen de réduction des risques liés au tabagisme ? En tout cas, c’est ce que lui suggère de faire Christopher Snowdon, de l’Institute of Economic Affairs, pour qui les britanniques ne souhaiteraient plus continuer de payer pour le soutien du bureau anti-tabac de l’OMS jugé prohibitionniste. Il dit ainsi « Unless the WHO withdraws its support for the prohibition of vaping, the government should withdraw its funding. », ce qui peut être traduit par « À moins que l’OMS ne retire son soutien à l’interdiction du vapotage, le gouvernement devrait lui retirer son financement ». Le Royaume-Uni est en effet paradoxalement le pays qui finance le plus le bureau anti-tabac de l’OMS derrière les États-Unis, avec 164 millions de dollars versés chaque année à l’OMS et un financement supplémentaire de 3,7 millions de dollars par an au bureau anti-tabac (FCTC) prévu de 2016 à 2021.

La vape : réel réducteur de risque

La vape : réel réducteur de risque

La prise de position contre la vape du bureau anti-tabac (FCTC), jugée rétrograde chez nos voisins britanniques, pourrait même être en inadéquation totale avec la volonté de l’ensemble de la population européenne. Pourquoi ? Nous vous avions déjà parlé de la consultation publique européenne au sujet des taxes tabac où la Commission Européenne proposait de surtaxer les produits du vapotage au même titre que ceux du tabac. Cette consultation a suscité une participation qui, une fois analysée, permet de voir comment la vape est considérée par la population européenne. 11410 réponses à cette consultation en tout ont été comptabilisées, dont 42,8% de réponses allemandes, 13,8% de participations espagnoles et 9,7% de réponses françaises. En parallèle, la pétition lancée contre la surtaxation de la vape a recueilli environ 50000 signatures dont 22000 signatures françaises. Après recueil statistique, il ressort en fait de cette consultation une vision européenne positive de la vape. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 86,75% des répondants ont exprimé que pour eux les produits de la vape n’ont rien à voir avec le tabac et que par conséquent ils n’avaient pas à subir une surtaxation. Concernant plus précisément la question de la réduction des risques tabagiques qui est au goût du jour avec la COP8, 90,9% des répondants présentent le vapotage comme un produit à risques réduits par rapport aux cigarettes et 89,5% des participants le considèrent même comme une aide pour arrêter de fumer. Une position qui n’a donc rien à voir avec le discours du bureau anti-tabac de l’OMS !

Ainsi, si la voix de la vape comme produit à risque réduit par rapport au tabac et comme moyen efficace de soutien dans le sevrage tabagique semble s’être bien répandue parmi les populations européennes, il semble qu’elle n’ait pas encore réussi à traverser les portes de grandes organisations comme la Commission Européenne et le bureau anti-tabac (FCTC) de l’OMS. Ces organisations tiendront-elles compte de l’avis des populations, des associations de défense des utilisateurs de produits à risques réduits et des recommandations en matière de santé faites par certains spécialistes en toxicologie, cardiologie et cancérologie ? Rien n’est moins sûr.

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