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Prix des e-liquides en France : Vapoteurs, allez-vous bientôt payer plus cher ?

Prix des e-liquides en France : Vapoteurs, allez-vous bientôt payer plus cher ?

Le Propylène Glycol, l’un des deux ingrédients principaux intervenant dans la fabrication des e-liquides pour cigarettes électroniques, connaît actuellement une pénurie et une inflation préoccupantes.

Ce dérivé pétrochimique aux multiples domaines d’applications comme les cosmétiques, l’agroalimentaire, l’aéronautique et le spectacle, est aussi employé par l’industrie pharmaceutique en tant que support aux principes actifs de certains médicaments en spray ou pour injection par voie intra-veineuse. Il est alors de qualité pharmaceutique. Une qualité exigée pour la fabrication des e-liquides en France et en Europe. Cet ingrédient, réquisitionné en masse depuis la crise sanitaire car indispensable à la fabrication des vaccins contre le SARS-CoV-2, se raréfie donc pour le domaine de la vape dans notre pays.

Surenchère au problème : les sites pétrochimiques mondiaux chargés de l’approvisionnement de l’industrie pharmaceutique en cette matière première ont malheureusement été fortement impactés dans leur production par le covid 19. Le prix des réserves restantes a flambé, et leur rareté contribue à son tour à l’augmentation des prix.

Un aléa climatique a également joué un rôle aggravant pour cette pénurie en février 2021. Que s’est-il passé exactement ? Quelle est l’évolution de la situation depuis cette date ? Les conséquences de cette pénurie pourraient-elles vous impacter directement, vous, vapoteurs fidèles à TK ? Trouvez toute l’information utile sur le sujet dans cet article.

Vers une tempête dans le monde de la vape ?

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L’aggravation de la pénurie de propylène glycol découle du blizzard Uri, qui a sévi aux Etats-Unis dans la région du Texas. Un aléa climatique qui pourrait déclencher à son tour une tempête sur le marché de la vape.

L’information arrive de plusieurs fabricants d’e-liquides qui commencent à tirer la sonnette d’alarme à ce sujet, et à partager des informations de leurs fournisseurs. C’est le cas, entre autres, du Laboratoire Exaliquid, dans un post Facebook datant du 14 avril 2021.

L’un des fournisseurs de ce laboratoire explique en effet que les industries pétrochimiques concernées peinent à réparer les dommages vécus :

« Les importants dégâts subis par les raffineries, notamment la destruction des canalisations, n’ont pas encore pu être réparés en totalité. Les fabricants espèrent un retour à la normale en termes de production début du 2nd semestre 2021. De ce fait, les volumes disponibles ont été divisés par 2 et la majeure partie des fabricants sont en production limitée, ou en arrêt de production. Certains dérivés pétrochimiques ont été mis sous allocation (ex : propylène glycol) et l’ensemble de ces dérivés subissent des augmentations tarifaires exponentielles. »

Une augmentation tarifaire qui se mesure pour le propylène Glycol à hauteur de +160%, qui empêche les fournisseurs de cette matière première de maintenir leurs tarifs habituels à destination des fabricants d’e-liquides. Dans une vidéo que nous vous partageons plus loin dans cet article, Jean Moiroud, Président de la FIVAPE et Directeur Général de la marque d’e-liquides FUU, interviewé par La Chaîne de la Vape le 31 mars 2021, évoque un prix à la tonne du Propylène Glycol qui a été multiplié par 2 avant d’être à nouveau multiplié par 3 sur un court laps de temps, et qui a continué à augmenter en suivant une courbe raide. Il ajoute à cela que :

« Les discours se complètent entre les différents fournisseurs, et surtout il y a une cohérence totale sur l’augmentation du prix. On est tous dans cette situation. Personne n’arrive à y échapper pour l’instant. « 

Cette pénurie, aux multiples causes, a donc un fort impact sur les coups de fabrication pour les marques d’e-liquides, annoncé a minima jusqu’au dernier trimestre 2021.

PG : quel rôle dans un e-liquide ?

PG : quel rôle dans un e-liquide ?

De formule C3H8O2, le Propylène Glycol (PG) est une molécule synthétisée par une réaction chimique à 200°C, sous une pression de 12 bars : l’hydratation de l’oxyde de propylène, issu du pétrole, en milieu acide. Après déshydratation du mélange obtenu et purification des glycols par distillation naît cette substance d’aspect liquide, comme expliqué par le Laboratoire Français du E-liquide (LFEL) dans cet article du Vaping Post.

Le Propylène Glycol ainsi créé est utilisé dans la fabrication d’e-liquides comme diluant, pour ses propriétés physico-chimiques idéales pour la vaporisation et le transport des molécules aromatiques ainsi que de celles de nicotine. C’est en fait l’un des deux ingrédients principaux de ces produits, avec la glycérine végétale (VG).

Schema PG dans la vape article PG jpeg

Son utilisation dans la vape n’a rien d’étonnant, le Propylène Glycol étant un produit non toxique, non cancérogène, et non considéré comme irritant respiratoire par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA). Il est d’ailleurs employé par l’industrie pharmaceutique dans de nombreux médicaments en spray ou pour injection par voie intraveineuse. C’est plus précisément la molécule utilisée pour véhiculer les principes actifs contenu dans les médicaments bronchodilatateurs, par exemple ceux pour le traitement de l’asthme.

Vous l’aurez compris, impossible de s’en passer pour fabriquer un bon e-liquide pour cigarette électronique, à l’exception de quelques fabricants qui ont fait le choix de tourner le dos à la pétrochimie en le remplaçant par un substitut biosourcé. Le Propylène Glycol est également employé dans la fabrication de certains arômes, qui sont un autre ingrédient indispensable à toute fabrication d’e-liquide. Un e-liquide pour cigarette électronique fabriqué avec ces mêmes arômes peut alors contenir jusqu’à 20% de Propylène Glycol dans son volume final : une quantité de PG non négligeable.

La pénurie de Propylène Glycol pose donc un sérieux problème au secteur de la vape, très largement dépendant de cette matière première issue de la pétrochimie.

Le Propylène Glycol Biosourcé

Le Propylène Glycol Biosourcé

Conséquence inévitable de cette pénurie de Propylène Glycol obtenu par procédé pétrochimique : la demande de production de Propylène Glycol biosourcé, produit de manière chimique ou biologique, connaît à son tour une forte hausse. Une manière plus écologique d’obtenir cette matière première. Mais peut-on s’en réjouir ?

Le Propylène Glycol biosourcé est indépendant de la pétrochimie car produit à partir de la glycérine végétale. Soit par hydrogénation. Soit par biofermentation d’une glycérine végétale alors obligatoirement issue d’une huile végétale (extraite du colza, du tournesol, du soja, du maïs ou du palmier à huile) ou de glucides (comme les sucres de maïs ou de betteraves). On parle aussi de Propylène Glycol Végétal.

Malheureusement, les huiles végétales et autres matières premières servant à la fabrication de ce propylène glycol végétal, ainsi qu’à celle de la glycérine végétale dont il est issu, sont également peu disponibles en ce moment. La demande est donc nettement supérieure aux capacités de production, les récoltes ayant été peu abondantes. Le fournisseur du laboratoire Exaliquid annonce ainsi une hausse des prix pour la glycérine végétale, conjointe à celle du Propylène Glycol, mais moindre pour le moment :

« La Glycérine a […] été mise sous allocation et subit une augmentation tarifaire de l’ordre de +40%. »

S’ajoutent à ces problèmes des difficultés d’acheminement des matières premières végétales à destination de l’Europe depuis l’Asie. Autrement dit : il n’existe aucune réelle échappatoire viable à cette inflation qui concerne dès à présent tout type de propylène glycol.

Les marges des fabricants d’e-liquides

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Pour l’heure, les fabricants d’e-liquides semblent parvenir à contenir cette flambée des prix du Propylène Glycol. Jean Moiroud, en tant que directeur général d’une marque d’e-liquide, explique le choix fait par les fabricants pour amortir la flambée de cette matière première pour qu’il n’y ait pas d’augmentation des prix chez les détaillants : resserrer leurs marges. Une information à découvrir à 13:43 minutes de visionnage :

La Chaîne de la Vape. Augmentation du prix du Propylène Glycol et son impact sur la filière de la vape.
Interview de Jean Moiroud, Président de la Fivape et Directeur Général de la marque d’e-Liquide FUU. 31 mars 2021.

Ce que nous retenons de cette interview

  • L’objectif de tous les fabricants est de ne pas augmenter les prix, mais si une descente du tarif du propylène glycol ne s’amorce pas, ils n’auront plus le choix.
  • Les premiers produits qui subiraient une augmentation seraient les bases DIY non nicotinées, en grand format, qui contiennent beaucoup de propylène glycol. L’augmentation se chiffrerait en euros.
  • Même après augmentation, ces bases DIY resteraient cependant accessibles et plus économiques que les e-liquides prêts à vaper.
  • Les e-liquides prêts à vaper offrent davantage de marge. Ils sont donc moins susceptibles de subir une augmentation de leurs prix. Si jamais cela devait toutefois arriver, même en doublant la part du propylène glycol, ce serait l’affaire de quelques centimes. Les consommateurs ne le ressentiraient que très peu. Ces produits de première nécessité resteront très accessibles.

Le principal problème auquel sont confrontés les fabricants actuellement est donc la continuité de cette inflation. Il est impossible pour l’instant de savoir quand une stabilisation des prix du Propylène Glycol devrait arriver. Si les principales marques d’e-liquides réussissent pour le moment à la temporiser encore, sans avoir à répercuter de hausse au tarif de leurs produits, difficile de prévoir si un point de rupture arrivera. Aucune raison de paniquer toutefois. Même si une hausse des prix devait être instaurée par les fabricants, cette dernière ne se ressentirait pas sur tous les produits, et tous resteraient quand même très accessibles.

Des éléments encourageants à l’horizon

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Pendant que les fabricants d’e-liquides continuent de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter une hausse des prix de leurs produits, deux bonnes nouvelles apportent de l’espoir.

La reprise progressive de l’activité pétrochimique au Texas a commencé. Nul doute que cela contribuera à la résolution de cette inflation du prix du propylène glycol. Autre avancée majeure : l’ouverture de grandes usines de production de propylène glycol en Allemagne.

Le risque d’un impact à court ou moyen terme subsistant malgré tout, compte tenu de l’importance de la hausse tarifaire de cette matière première, nous suivrons cette affaire de près. Votre fidèle serviteur vous tiendra informé en cas d’évolution de la situation.

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