Le Monde de la Vape

News USA - La vape américaine prête à s’effondrer

Le 8 septembre 2020

 

 

Au classement général des années pourries, 2020 se défend très bien. Et le cauchemar n'est pas fini, surtout si l'on est un vapoteur américain ! En effet, si le royaume de l'Oncle Donald est visiblement assez peu préoccupé par le COVID, les tentatives pour trouver un vaccin définitif contre "cette maudite vape qui tue nos enfants" vont bon train. Cet été signe la fin du rêve américain pour une vaposphère US déjà fébrile. Diverses mesures choc arrivent, d'autres sont déjà au point, et nous vous défions de ne pas vous insurger face à un tel mépris... 

Synthèse et billet d'humeur sur l'été où la vape "Made in USA" s'est effondrée
(histoire de se sentir bien en France). 


 

 

 

Commençons "léger" sur ce résumé de la descente aux enfers de la vape avec le cas de la Californie. Après l'état de New York, c'est tout l'ex-fief de Schwarzenegger qui passe à la vape fade.

San Francisco n'est plus la seule ville à avoir banni l'ensemble des arômes de sa vaposphère locale, c'est désormais tout le territoire qui est touché par la mesure du gouverneur Gavin Newsom visant à interdire la vente de produits du tabac (et donc de la vape selon les Américains) aromatisés

 

Tous les shops californiens qui auront le culot d'aider les gens à arrêter de fumer en leur dénichant un juice savoureux sera puni au porte-monnaie et délesté de 250 jolis billets. Si les nuages n'ont plus d'odeur, l'argent lui exhale maintenant un petit arôme d'injustice et d'ignorance.

Heureusement, les vapoteurs ont encore l'alternative de l'achat en ligne pour se fournir en e-liquides aromatisés. Mais c'est là un gros coup dur concurrentiel pour les vapeshops de quartier.

 

 

N'apprendront-ils donc jamais ? Ne verront-ils pas qu'ôter tout ce qui fait le sel d'un bon outil de sevrage est contreproductif ? Comme le montrait une étude du Pr Yang Yong en 2019, l'abolition des e-liquides aromatisés revient à diviser drastiquement les chances de réussites lors d'un sevrage.

De même, l'autre grand gagnant de cette prohibition est le marché noir, source non contrôlée de produits dangereux déjà vecteurs de scandales sanitaires. Et à votre avis, quand les USA auront une seconde affaire Evali sur les bras, qui sera pointé du doigt ? Les politiciens négligents ? Ou la vape "ordinaire" ? 

 


 

 

 

Enfonçons-nous encore un peu plus loin dans la débilité avec le récent projet d'interdiction au service postal américain de délivrer des produits de vapotage.

Après l'interdiction des arômes, le muselage des influenceurs "vape" sur les réseaux sociaux, les contrôles et les contraintes, voilà une nouvelle idée saugrenue venue de l'hypocrisie des pouvoirs publics visant à, encore une fois, protéger les jeunes de cette diablesse tentatrice qu'est la vape.

 

Pour faire simple, si cet amendement est adopté, un vapoteur américain sera obligé de passer par un transporteur privé pour se faire livrer son vapemail. Encore plus fort, lesdits transporteurs privés seront obligés de remettre le colis en mains propres pour s'assurer de l'âge de la clientèle. Un procédé contraignant qui gonflera le tarif de livraison de plusieurs dizaines de dollars. 

 

 

Dans le genre "mesure tordue", celle-là vaut son pesant de cacahuètes ! D'autant qu'elle s'avère inutile vis-à-vis de son but "officiel", en sachant très bien que les ados américains ne se mettent pas à fumer après avoir essayé la vape. Et même mieux ! La vape les aide à arrêter de fumer si l'on en croit les différentes études sur l'effet passerelle. Bilan, le grand perdant, c'est le vapoteur-travailleur lambda qui n'aura plus qu'à se débrouiller pour courir en shop à sa pause-pipi ! 

 


 

 

 

Toutes ces mesures passées n'ont fait que serrer le noeud coulant de la vape US en attendant le coup de grâce, le dernier clou du cercueil, l'ultime crachat sur sa dépouille : la PMTA. 

La PMTA, c'est quoi ?

Entrée en vigueur le 9 septembre 2020, la Premarket Tobacco Applications est une réglementation visant à contrôler tous les produits du tabac et de la vape avant de les autoriser à entrer sur le marché américain (rien qu'avec cette définition, ça sent mauvais). Pour vendre, le fabricant doit faire une demande, et ce, pour tous les produits de vape créés après août 2016 !

 

Cette réglementation fut prévue dès le 8 août 2016, lorsque la vape est passée sous le joug de la FDA (Food and Drug Administration) et est devenue officiellement un produit du tabac aux yeux du pouvoir sanitaire.

Avant son application, la vape avait déjà dû faire face à de nouvelles contraintes visant à lui mettre des bâtons dans les roues pour que ni les médias ni les professionnels ne puissent en faire la promotion. Mais cela n'était rien comparé à ce contrôle extrêmement strict qui se dessinait...

 

La PMTA oblige quiconque souhaite vendre un produit de vapotage aux USA à formuler une demande, via un colossal dossier que le fabricant doit fournir pour "prouver que [...] la commercialisation d’un tel produit du tabac serait appropriée pour la protection de la santé publique". Cette simple phrase est ahurissante d'ironie et trahit à elle seule le désir d'enterrer la vape.

Pour la FDA : vape = tabac = danger. Dans ce raisonnement fallacieux, on se doute bien que "prouver qu'un tel produit du tabac est un bénéfice à la santé publique" relève de la mission impossible. Et ça l'est !

Accrochez-vous à vos sièges, voici ce que les fabricants d'e-liquides et de vapoteuses doivent fournir pour avoir le permis de mise sur le marché aux USA... 

 

 

 

Pour lancer un produit sur le marché américain, la PMTA impose de fournir (entre autres) :

  • - Les informations toxicologiques des composants et du produit fini sur les utilisateurs et les non-utilisateurs.

  • - Le détail des caractéristiques techniques et chimiques de chaque composant. 

  • - Les détails sur l'entreprise qui fabrique et sur les conditions de fabrication du produit.

  • - Les détails des études qui ont servi à fournir les détails techniques et chimiques des composants.

  • - Le tout traduit en anglais certifié, et dans un format numérique (.xpt) lisible par le logiciel SAS Analytics.

 

Ceci n'est que la liste trèèèès simplifiée des pièces à apporter au dossier. Au final, ce sont des centaines de milliers de pages et des mois de recherche pour aboutir à UN SEUL produit autorisé à la vente ! On nage en plein délire.

Et le prix de tout ça ? La FDA l'estime à environ 125 000$ par produit, alors que les fabricants montent le coût par produit à plus d'un million. Autant dire que pour survivre, il faut de la volonté, du temps, des bons produits, et surtout, surtout, un gros chéquier. 

 

 

 

Plus que l'arrêt de mort des petits fabricants indépendants, c'est l'anéantissement de toute la vape sur le sol étatsunien qui s'amorce avec la PMTA. Qui a les épaules pour réaliser ces demandes si scandaleusement complexes et onéreuses ? Tout est fait pour décourager. Tenez, pour vous donner une idée de l'enfer, voici le joli petit tuto PDF de la FDA pour vous aider à réaliser votre demande (trop sympa !).

Vous vouliez une définition de l'expression "foutage de tronche" ? La voilà ! Comble de cette nouvelle réglementation dévastatrice, la FDA se réserve le droit d'utiliser d'autres études que celles réalisées par le fabricant pour définir si oui ou non le produit est dangereux. Avec le vivier de fake news et d'études scientifiques biaisées qui existe, la FDA a le choix si elle décide d'évincer sans raison un candidat (ou un mauvais payeur...). 

Ne soyons pas mauvaises langues. Certains ont déjà eu leur accord ! Le géant Smoore (maison mère de Vaporesso) a fait valider quelques produits grâce à sa fortune, et même le système de tabac chauffé iQOS de Philip Morris a été approuvé alors que l'on sait qu'il s'agit d'un produit néfaste visant à créer de l'addiction en se cachant derrière un masque de bienfaiteur. Alors franchement ? Tout va bien dans le meilleur des mondes, non ? *sourire forcé*

Pour les curieux, voici un thread Reddit qui rassemble la liste des marques qui ont soumis, qui vont soumettre ou qui refusent de se soumettre à la PMTA

  

Les manifestants pro-vape du mouvement We Vape We Vote devant la Maison-Blanche.

 

Au final, ce sont 99,95% des produits et plus de 10 000 shops que la PMTA assassine d'un coup sec et sans préavis.

Pourtant, à l'origine, le but de la FDA qui est de protéger la population est louable. Contrôler systématiquement les produits est indispensable pour une vaposphère saine (c'est ce qui fait la qualité et la force de la vape européenne). Mais ici, il s'agit surtout d'un excès de zèle ! La PMTA était initialement prévue pour 2022 pour laisser au moins le temps aux fabricants d'anticiper, mais elle fut rapprochée à 2021 puis à 2020 suite à la grogne des anti-vapes. 

 

 

Là est le vrai problème. Comme toujours, la vape est ballotée aux quatre vents comme un pantin à la merci des lobbies du tabac et des organisations anti-vape qui veulent anéantir la concurrence et/ou ériger leur opinion aussi infondée que personnelle au rang de loi. La logique américaine dans sa splendeur : le pouvoir à celui qui a du cash ou qui gueule le plus fort.

Les fabricants se battent encore pour obtenir des délais et faire entendre leur voix, mais cette fois, il semblerait que la vape US soit dans sa dernière agonie. Et bien que les mouvements #wevapewevote ou #PTMARefom appellent à sauver la vape, ses emplois, ses vapoteurs et leurs vies, il semble finalement que la guerre soit déjà finie...

Courage à vous, chers vapotos Américains.

 

 

 

 

Sources utiles :
fr.vapingpost.com
E-cig Mag
PGVG Magazine
https://www.fda.gov/tobacco-products/market-and-distribute-tobacco-product/premarket-tobacco-product-applications

https://wtop.com/dc/2020/09/hundreds-rally-in-dc-for-continued-access-to-vaping-and-other-smoke-free-alternatives/

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