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La Confédération des buralistes contre l’e-commerce de la vape

La Confédération des buralistes contre l'e-commerce de la vape

En amont des élections européennes du dimanche 9 juin 2024, l’atelier Europe et Marchés parallèles de la Confédération des buralistes, porte-parole de ce réseau professionnel auprès des pouvoirs publics et des acteurs politiques, économiques et sociaux de France, a édité puis transmis aux candidats un Livre blanc intitulé Les buralistes et l’Europe.

Un rapport qui fournit huit recommandations pour améliorer les réglementations européennes du tabac et d’autres produits disponibles en bureaux de tabac, comme les cigarettes électroniques et le CBD. Parmi ces demandes estimées prioritaires, celle d’interdire toute possibilité de vendre en ligne, ou par le biais des réseaux sociaux, tout produit du tabac ou du vapotage. La Confédération des buralistes s’est donc attaquée récemment au e-commerce de la vape. Coup d’œil.


La Confédération des buralistes demande l’interdiction du e-commerce de la vape

La Confédération des buralistes demande l'interdiction du e-commerce de la vape

Parce qu’ils vendent des cigarettes électroniques et des e-liquides, les buralistes font partie des commerçants directement concernés par les réglementations encadrant les produits du vapotage. En ce sens, leur représentant français, la Confédération des buralistes, dont le président est Philippe Coy, est tout à fait légitime pour adresser des recommandations vis à vis de l’évolution de ces réglementations aux autorités compétentes.

Compte-tenu des révisions à venir de la Directive sur la fiscalité du Tabac de 2011 ainsi que de la Directive Produits du Tabac de 2014 (TPD), la Confédération a naturellement décidé de les adresser, à travers un Livre blanc, aux candidats aux élections européennes. La première d’entre elles est de sécuriser le cadre réglementaire des produits avec nicotine, dont ceux du vapotage, du tabac chauffé, ainsi que la nicotine en sachets, susceptibles d’aider les fumeurs de cigarettes à arrêter ou à moins consommer. Jusque là, rien de surprenant. La seconde, en revanche, l’est davantage :

« Interdire toute possibilité de vendre en ligne, ou par le biais des réseaux sociaux, tout produit du tabac ou du vapotage ».

Interdire la vente en ligne des produits du vapotage : une nécessité sécuritaire ou une aubaine ?

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Dans un Livre blanc où le mot d’ordre apparent pour l’ensemble des recommandations adressées aux candidats français aux élections européennes est « sécurité », la demande d’interdire la vente en ligne des cigarettes électroniques et des e-liquides semble elle aussi justifiée par le besoin d’améliorer la sécurité des consommateurs français. Pourtant, quelque chose cloche, car la formulation est biaisée.

La Confédération des buralistes demande en effet d’interdire la vente en ligne des produits du tabac au même titre que celle des produits du vapotage, alors que la première a déjà été interdite depuis longtemps pour des questions de sécurité, mais aussi, même si c’est moins vendeur, parce que la vente de tabac est et doit rester un monopole d’Etat dont la gestion a été confiée aux seuls débitants de tabac, à savoir les buralistes.

Une habile formulation permettant de dissimuler que seule l’interdiction du e-commerce de la vape est en réalité demandée par la Confédération, et de laisser penser que le seul enjeu de cette recommandation est sécuritaire. Seulement, l’aboutissement de cette recommandation aurait bien d’autres répercussions, avantageuses pour les buralistes.

Une grosse part du marché de la vape en jeu

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Si l’e-commerce de la vape venait un jour à être interdit en France, la part des vapoteurs français qui avait jusqu’alors recours à l’achat en ligne, à savoir 30 % de plus de 4 millions de personnes, n’aurait d’autre choix que de se rendre soit dans une boutique de vape physique, soit dans un bureau de tabac. Seulement, pour chacun de ces quelques 1 million deux cent mille français, s’il y aura forcément un buraliste à proximité pour les approvisionner, il n’y aura pas nécessairement un vapeshop pour le faire.

En France, en effet, on dénombre seulement plus de 3300 boutiques de cigarettes électroniques et e-liquides contre 23000 bureaux de tabac, avec une couverture qui est donc inégalitaire. Ce fossé ne saurait malheureusement être comblé par le niveau d’expertise ainsi que le travail d’écoute et de conseil personnalisé bien plus important dans les boutiques de vape, spécialisées, que dans les bureaux de tabac, multi-services. L’aboutissement de l’interdiction de la vente en ligne des produits du vapotage bénéficierait donc, sans aucun doute possible, aux buralistes, compte tenu du chiffre d’affaires de près de 1,5 milliard d’euros obtenu en 2023 pour le marché français de la vape. Une belle revanche après ne pas avoir obtenu le monopole des ventes.

Ce serait mettre en péril l’indépendance du secteur de la vape vis à vis de l’industrie du tabac, dont 85 % du chiffre d’affaires est actuellement réalisé par des acteurs indépendants de cette dernière, et créer davantage de confusion entre tabac et vape dans l’esprit des consommateurs alors qu’il est urgent d’en sortir, dans un but sécuritaire précisément. Ce serait aussi tenter inutilement des personnes en sevrage tabagique qui ont réussi à arrêter de fumer grâce à la vape en les obligeant presque à se rendre, pour acheter leur substitut, dans l’antre du loup elle-même, où les paquets de tabac les attendront.

Les autres recommandations formulées par la Confédération des buralistes

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Six autres recommandations ont été adressées aux candidats français aux élections européennes par la Confédération des buralistes :

  • Harmoniser la fiscalité et faire converger les prix de tous les produits du tabac dans le cadre de la révision de la Directive sur la fiscalité du Tabac de 2011 ;
  • Limiter les approvisionnements des marchés nationaux, par les fabricants, aux stricts besoins de la consommation locale ;
  • Baisser de 4 cartouches à 1 cartouche la quantité de tabac pouvant être importée par les particuliers d’un pays de la Communauté Européenne à un autre, dans le contexte de la révision du cadre réglementaire des achats transfrontaliers de 2008 ;
  • Faire adopter un système de traçage du tabac brut circulant dans l’Union Européenne ;
  • Adopter un grand plan de lutte anti-contrefaçon de cigarettes pour contrer le développement des usines et ateliers de fabrication clandestins (120 découverts par an) ;
  • Mettre en place un cadre européen commun pour une vente mieux contrôlée du CBD et d’autres produits associés.

Confédération des buralistes, associations structurantes de la vape : qui aura le dernier mot en France ?

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Le réseau des buralistes poursuit actuellement son travail sur la réglementation en faveur des produits nicotinés de nouvelles générations, et plus précisément sur l’aboutissement d’un canal de distribution spécialisée pour ces produits. L’organisme a plus précisément réitéré une demande visant à obtenir l’autorisation de se constituer le réseau référent pour la commercialisation de ces produits interdits à la vente aux mineurs, sous prétexte qu’il serait celui le plus expérimenté vis à vis des produits nicotinés.

Le groupe de travail vape créé par la Confédération poursuit aussi sa mission d’accompagner le plus de buralistes possible dans la vente des cigarettes électroniques et des e-liquides, technique, qui demande, selon ses termes, un haut degré d’expertise et de conseils. Ce qui revient à avouer qu’il est bien trop tôt pour confier aux buralistes presque exclusivement la vente des produits du vapotage.

De leur côté, les associations structurantes de la vape en France ont aussi continué de se battre bec et ongles pour sauver la vape en France à l’approche des élections européennes. La FIVAPE a adressé, vous le savez, toute une série de recommandations aux professionnels de la vape pour encadrer de plus près la distribution des produits de vapotage sur Internet, notamment la promotion de ces produits, pour témoigner d’un engagement clair de la filière pour la protection des non-fumeurs et la sécurité des consommateurs. Un engagement qui est aussi le nôtre.

Les associations structurantes de la vape ont aussi édité un Livre blanc pour une politique d’intérêt général sur la vape dans le cadre de l’opération MERCI LA VAPE, bien conscientes de la reprise en force assurée des débats parlementaires européens après l’élection pour les révisions de la directive sur les accises du tabac (TED), et de la directive sur les produits du tabac (TPD). Un Livre blanc que nous vous présenterons très prochainement.

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3 réflexions au sujet de “La Confédération des buralistes contre l’e-commerce de la vape”

  1. Malheureusement ce lobby des buralistes a une force de frappe disproportionnée face aux petits acteurs de defense des vapoteurs…. esperons qu’ils ne finissent pas par avoir gain de cause…

    Répondre
  2. Bonjour.
    Je gère un magasin de vape et je suis contre la vente de ces produits sur internet.
    En général, bon nombre de cette clientèle viens ensuite en magasin pour le conseil car le niveau de conseil sur un site ne peut être aussi efficace qu’en boutique spécialisée.
    Je suis également contre la vente de ces produits en bureau de tabac.
    Les vendeurs n’y connaissent trop souvent rien et on est dans la vente à la chaine.
    De plus, le fait de vente des cigarettes est aussi contre productive.
    Comment un bureau de tabac qui vend des centaines de cartouches de clgarettes peut croire de manière intime que la vente de e-liquide va sauver des vies???
    Ces mêmes bureaux de tabacs qui ont pesté contre la vape pendent des années….
    La seule sécurité qui les intéressent est celle de leur compte en banque.

    Répondre

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3 réflexions au sujet de “La Confédération des buralistes contre l’e-commerce de la vape”

  1. Malheureusement ce lobby des buralistes a une force de frappe disproportionnée face aux petits acteurs de defense des vapoteurs…. esperons qu’ils ne finissent pas par avoir gain de cause…

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  2. Bonjour.
    Je gère un magasin de vape et je suis contre la vente de ces produits sur internet.
    En général, bon nombre de cette clientèle viens ensuite en magasin pour le conseil car le niveau de conseil sur un site ne peut être aussi efficace qu’en boutique spécialisée.
    Je suis également contre la vente de ces produits en bureau de tabac.
    Les vendeurs n’y connaissent trop souvent rien et on est dans la vente à la chaine.
    De plus, le fait de vente des cigarettes est aussi contre productive.
    Comment un bureau de tabac qui vend des centaines de cartouches de clgarettes peut croire de manière intime que la vente de e-liquide va sauver des vies???
    Ces mêmes bureaux de tabacs qui ont pesté contre la vape pendent des années….
    La seule sécurité qui les intéressent est celle de leur compte en banque.

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