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Fin des soupçons aux USA : l’acétate de vitamine E incriminée par le CDC !

Inflammations pulmonaires aux USA : l’acétate de vitamine E incriminée par le CDC

Novembre signerait-il enfin la fin d’une sombre période pour la vape, commencée en septembre 2019
suite à l’affaire des cas d’hospitalisations et de décès survenus aux USA ?

Tout porte à le croire, compte-tenu de la dernière communication officielle du CDC sur le sujet, qui permet d’innocenter les produits réglementés de la vape et de pointer du doigt un coupable officiel grâce à de nouveaux éléments trouvés.

Nous vous avions en effet informé dans cet article d’une piste sérieuse suivie par le Center for Disease Control and Prevention (CDC), principale agence fédérale de protection de la santé publique aux États-Unis, et la Food and Drugs Administration (FDA) : celle d’e-liquides de contrefaçon contenant du THC, et plus particulièrement ceux contenant de l’acétate de vitamine E, un agent impropre à l’inhalation, permettant d’ajouter les molécules psychoactives du cannabis (THC) aux e-liquides traditionnels sous forme d’huile, dangereuse pour les poumons. La piste a été creusée pendant deux mois avec succès, avec à la clé la possibilité de trouver enfin un produit chimique commun dans l’ensemble des prélèvements biologiques pulmonaires effectués dans le cadre de l’enquête.

La situation aux USA en chiffres

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EVALI, voilà le nom de code donné par le CDC pour les cas d’inflammations pulmonaires sévères recensées sur le territoire américain. Des initiales pour « E-cigarette or Vaping product use Associated Lung Injury », autrement dit « des blessures pulmonaires associées à l’usage de la cigarette électronique ou de produits de la vape. » L’affaire, déjà très importante en septembre 2019, s’est en effet vue attribuer rapidement une dénomination spéciale compte-tenu de sa gravité pour faciliter les communications à son sujet.

Il faut dire que rien qu’entre les deux derniers communiqués officiels du CDC sur le nombre de cas recensés, soit entre le 15 octobre 2019 et le 5 novembre 2019, 400 nouveaux cas ont fait leur apparition aux USA, en parallèle des nombreuses recherches menées. Ainsi, selon les derniers chiffres du 5 novembre 2019, 2 051 cas ont été signalés par quarante-neuf états américains (à l’exception de l’Alaska) ainsi que par le District de Columbia et un territoire US. 39 cas de décès ont été confirmés par vingt-quatre états américains et le District de Columbia.

Fort heureusement, la communication des nouveaux éléments de l’enquête devrait permettre une meilleure protection de la population américaine qui pourrait être exposée. En effet, après avoir déconseillé le vapotage en général malgré les risques majeurs que cela peut comporter en matière de santé en cas de retour vers le tabagisme, le Center for Disease Control and Prevention (CDC) recommande désormais officiellement uniquement de ne pas vapoter de produits contenant du THC, de n’acheter aucun produit de vape sur le marché noir et de ne pas ajouter de substances non prévues par les fabricants à des e-liquides légalement autorisés. Tout ceci en raison d’analyses biologiques qui ont apporté une preuve de la culpabilité de l’acétate de vitamine E, déjà suspecté par la FDA et le CDC.

L’acétate de vitamine E

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Ce n’est pas la première fois que l’acétate de Vitamine E fait parler de lui dans l’affaire EVALI.

Cet agent huileux dangereux pour la santé en cas d’inhalation avait en effet été retrouvé dans des échantillons d’e-liquides consommés par une majorité de vapoteurs victimes de cette pathologie, analysés par la Food and Drugs Administration (FDA). Il devint rapidement suspect n°1 de l’affaire, en raison de sa faculté à engendrer les lésions pulmonaires observées sur les patients hospitalisés, et de sa présence dans de nombreux e-liquides de contrefaçon au THC vendus uniquement sur le territoire américain, zone d’apparition des cas. L’acétate de vitamine E est en effet un produit facile à se procurer et peu onéreux qui permet facilement aux fabricants dans l’illégalité d’obtenir le taux de THC souhaité dans leurs produits de vape frelatés.

Toutefois, la seule présence de cette substance dans les e-liquides ne constituait pas aux yeux du CDC une preuve suffisante de sa culpabilité dans l’affaire des inflammations pulmonaires aux USA. Il prit seulement place, à juste titre, dans le collimateur des autorités de santé américaines.

Désormais, ce n’est plus le cas, le CDC ayant pu analyser des échantillons de fluides issus des poumons de 29 patients atteints d’EVALI grâce à la technique du lavage bronchoalvéolaire (BAL). Tous ces fluides pulmonaires prélevés par des hôpitaux provenant de dix états américains et transmis au CDC pour enquête ont alors révélé la présence commune d’acétate de vitamine E. Ainsi, pour la première fois, un agent chimique en particulier a pu être détecté dans des prélèvements biologiques de patients clairement diagnostiqués atteints d’EVALI, permettant une grande avancée de l’enquête. Une découverte qui permet de décréter officiellement que l’acétate de vitamine E est le premier responsable des cas d’inflammations pulmonaires, et ce toujours selon le CDC, suite à une prise de parole d’Anne Schuchat, directrice adjointe des CDC, qui a déclaré : « Ces analyses apportent la preuve directe que l’acétate de vitamine E est le principal responsable de lésions dans les poumons ».

À ce jour, les zones d’ombre restantes de cette affaire sanitaire sont de déterminer si des agents chimiques supplémentaires pourraient avoir un rapport avec les inflammations pulmonaires graves observées. D’autres coupables pourraient ainsi être encore trouvés par les chercheurs de la FDA et du CDC, plusieurs substances étant encore source d’investigations complémentaires. Les échantillons de fluides pulmonaires prélevés sur 29 patients n’ont en tout cas révélé aucune présence de ces substances chimiques également soupçonnées : huiles végétales, huiles minérales, huile MCT (à base d’acides gras à chaîne moyenne) et terpènes (hydrocarbures issus des conifères), qui sont d’autres composants pouvant être présents ou ajoutés dans les produits de vape illicite contenant du THC.

Le relai des médias

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Si les médias sont d’ordinaire friands d’informations chocs anti-vape, fort heureusement ils doivent aussi composer avec les communications officielles en faveur de la vape lorsqu’elles finissent par arriver. Ainsi, petit à petit, en France, plusieurs articles se sont répandus sur la toile pour rendre compte de cette découverte du CDC, dont certains d’après informations de l’Agence France Presse, fortement impliquée dans la polémique autour de la vape apparue en septembre 2019. Seul bémol encore observé : l’utilisation du conditionnel dans certains titres au lieu du présent employé par Anne Schuchat lors de sa prise de parole. N’en voulons pas aux journalistes : ils vont maintenant ramer pour revenir sur l’accusation à tort lancée contre le vapotage dans leurs titres racoleurs qui ont généré du trafic et des clics…

Surtout que l’on peut se délecter dès à présent d’une mise au point officielle faite pour rassurer les vapoteurs français diffusée au Journal Télévisé de 13H diffusé le 10 novembre 2019 sur TF1 !

Ce qu’il faut retenir de la crise

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Si la vape avait ainsi été accusée à tort et qu’elle a pu enfin être innocentée, la suspicion concerne désormais l’acétate de vitamine E. Toutefois, sur ce point, le CDC a veillé à éviter tout nouvel amalgame et toute diabolisation de cette dernière, présente dans l’armoire à pharmacie de nombreux américains. Dans sa forme classique de gélule à avaler ou d’huile à appliquer sur la peau, cette molécule est normalement inoffensive. Elle ne peut devenir nocive que dans un usage détourné, comme c’est le cas dans les e-liquides de contrefaçon au THC du marché noir américain. Le problème vient en effet de la chauffe et de l’inhalation de l’acétate de vitamine E et non du produit directement. Sa texture huileuse est en effet l’ennemie de tout poumon qui se respecte.

Le véritable danger se situe ainsi dans l’usage de produits détournés et illégalement commercialisés. Il convient d’être d’une extrême prudence avec ces substances qui ne sont pas soumises aux normes d’exigence et de contrôle appliquées pour les produits déclarés et qui peuvent de ce fait se révéler nocives pour la santé. Les e-liquides fabriqués et commercialisés en France ou en Europe ne comportent eux aucun danger et ont malheureusement souffert du mauvais traitement médiatique de cette affaire sanitaire, entraînant une défiance dangereuse de la population envers la vape, qui a même poussé certains à retourner vers le tabac, pourtant bien plus mauvais pour la santé ! À comparaison objective, les 39 victimes d’EVALI aux USA comptabilisées à ce jour sont en effet finalement peu par rapport aux 1000 autres qui, pendant ce temps, ont péri à cause du tabac sur le sol américain.

Les médias et les premiers communiqués officiels du CDC ne sont ainsi pas étrangers aux conséquences de l’affaire sur la vape aux USA mais aussi dans notre pays. Espérons que la dernière communication officielle de cet organisme de santé américain permettra enfin à la population d’y voir plus clair sur le réel danger et de pouvoir s’en protéger.

Buddha Blue : une autre substance à éviter

En France, le problème des substances illicites conçues pour la vaporisation mais dangereuses pour la santé existe aussi, comme le montre l’affaire du Buddha Blue, ou 5F-AKB48, en Normandie.

Ce cannabinoïde de synthèse inodore et incolore existant sous forme de poudre mais majoritairement sous forme liquide peut en effet être vaporisé grâce à une cigarette électronique, mélangé à du e-liquide traditionnel. Il est vendu à prix bon marché par les trafiquants. Interdit en France en 2017, il préoccupe depuis la rentrée les chefs d’établissements, les parents et les douanes en raison d’une forte hausse d’utilisation auprès des ados normands. « 17 élèves ont présenté des symptômes après avoir inhalé la substance », d’après le rectorat de l’académie de Caen, plus précisément des intoxications aigües mais non fatales d’après l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Les cas sont pour l’instant limités à cette zone géographique bien définie.

Le Buddha Blue existe pourtant ailleurs, avec « deux cas d’overdose mortelle en Europe », recensés par Grégory Lange, de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie. Cette drogue entraîne en fait des effets puissants, différents de la détente procurée par le cannabis. Les propos de Thomas Nefeu, docteur en pharmacie et coordinateur à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies cités dans cet article de l’Express listaient les suivants : maux de tête, tachycardies, hallucinations, voire crises de paranoïa.

Vapoter ce cannabinoïde dit Buddha Blue est donc véritablement dangereux et cette substance est dans le collimateur de nos autorités de santé. Pour autant, l’affaire n’a pas été traitée médiatiquement de la même manière que celle de l’acétate de vitamine E aux USA. Aucun amalgame n’a heureusement été fait avec la vape en France, à la différence de la dangereuse confusion qui avait été rendue possible par les premières recommandations du CDC, faites d’après l’organisme par mesure de précaution. L’affaire des cas d’EVALI aux USA aurait pourtant été traitée avec une réelle prudence uniquement si il n’y avait pas eu sans preuve une incrimination des produits de la vape soumis à réglementation !


S’il aura fallu deux mois au Center for Disease Control and Prevention (CDC) pour trouver le véritable coupable de l’affaire EVALI et le révéler publiquement, rien ne peut ainsi justifier les premières recommandations de l’organisme qui préconisaient de ne pas vapoter en attente de nouveaux éléments d’enquête, compte tenu de la suspicion qui prédominait déjà concernant des e-liquides au THC vendus sur le marché noir américain. C’est donc malheureusement un peu tard que les produits réglementaires de la vape se sont vus écartés de tout soupçon, au regard de la panique entraînée par l’affaire et de ses répercussions sur les populations.

Le plus important restera donc de retenir et de transmettre que la vape n’a jamais été à l’origine des inflammations pulmonaires graves connues sous le nom d’EVALI, mais qu’elle n’est jamais à l’abri de graves accusations !

Espérons que la vapote remontera favorablement dans l’opinion des français, pour leur santé, et que la méfiance se portera désormais non plus sur la cigarette électronique, substitut nicotinique recommandé par de nombreux médecins, mais sur toute future accusation relayée par les médias sans preuves sérieuses énoncées !

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