Le Monde de la Vape, Actualités

Baromètre Santé : le vapotage progresse, aux dépens du tabagisme

Baromètre Santé : le vapotage progresse, aux dépens du tabagisme

Le 11 décembre 2025, Santé Publique France dévoilait les résultats de la 15ème édition de son Baromètre Santé.

Une enquête pour actualiser les données disponibles sur divers sujets de santé publique, y compris le tabagisme et le vapotage, qui a été menée via un questionnaire par internet ou par téléphone du 12 février au 27 mai 2024 auprès d’un échantillon de 34 940 Françaises et Français âgés de 18 à 79 ans, résidant en France hexagonale, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique ou à La Réunion.

Avec un taux de participation de 56,6 %, le dernier Baromètre Santé Publique France rend compte d’une progression du vapotage en France, au détriment du tabagisme.

Coup d’œil.


Baromètre Santé : le vapotage progresse en France depuis 2016…

1

Le dernier Baromètre Santé Publique France comporte une partie dédiée au vapotage, intitulée Vapotage : usage et évolutions récentes, avec des données incomplètes par rapport aux éditions précédentes. Son objectif reste pourtant d’estimer la prévalence du vapotage en France en 2024 parmi les adultes en fonction de caractéristiques socio-économiques, ainsi que de présenter les disparités régionales.

Santé Publique France précise que ces premiers résultats feront l’objet d’analyses plus approfondies dans le cadre de publications ultérieures, afin de compléter les observations sur les usages de produits du vapotage et leurs liens avec le tabagisme, sans préciser à quelle date. Des analyses qui semblent indispensables.

Malgré cela, le Baromètre Santé 2024 rend compte d’une hausse de l’utilisation de la cigarette électronique depuis 2016 en France hexagonale. En effet, en se focalisant sur les participants dans la tranche d’âge et les zones géographiques comparables aux précédentes éditions du Baromètre Santé, il apparaît qu’en 2024, 8,4 % des 18-75 ans ont déclaré vapoter, et 6,5 % des 18-75 ans ont déclaré vapoter quotidiennement. Des proportions toutefois pas significativement différentes de celles observées en 2023.

… Tandis que le tabagisme recule en France depuis son arrivée

2

Dans une autre partie intitulée Tabagisme : usage, envie d’arrêter et tentatives d’arrêt, le dernier Baromètre Santé nous apprend que la part de personnes n’ayant jamais fumé est en augmentation en 2024 par rapport à 2021, et que le tabagisme occasionnel comme le tabagisme quotidien sont en nette baisse par rapport à 2021 en France hexagonale. Parmi les 18-75 ans, c’est à dire dans la population comparable aux éditions précédentes du Baromètre de Santé publique France, 25 % ont en effet déclaré fumer en 2024 (contre 32 % en 2021), et 18 % ont déclaré fumer quotidiennement (contre 25 % en 2021).

Santé Publique France précise que ces baisses s’inscrivent dans une tendance initiée en 2016, sans faire aucun parallèle ni avec le succès naissant du vapotage cette même année, ni avec la courbe de sa prévalence inversement progressive à celle du tabagisme depuis.

« Les résultats sur le tabagisme et le vapotage du baromètre santé sont désormais séparés. Alors que toutes les données montrent que seuls les fumeurs s’intéressent au vapotage, cette étanchéité interroge car elle évite la mise en valeur d’une causalité pourtant évidente, et contribue à présenter la vape non plus comme une solution à un problème, mais seulement comme un problème. »

FIVAPE.

Les premiers résultats du Baromètre Santé Publique France 2024 confirment pourtant l’impact positif du vapotage sur la baisse de la prévalence tabagique en France, et par conséquent que le vapotage est essentiellement un outil d’aide à l’arrêt du tabac dans l’hexagone, n’en déplaise à ses détracteurs. Les français choisissent de vapoter plutôt que de fumer, et sont de plus en plus nombreux à le faire chaque année. En 2024, plus de la moitié des fumeurs quotidiens (55,0 %) ont d’ailleurs déclaré, pour Santé Publique France, avoir envie d’arrêter de fumer.

La baisse du tabagisme touche aussi les jeunes

En 2024, on observe une poursuite du recul du tabagisme parmi les adolescents, avec 15,6 % de fumeurs quotidiens parmi les jeunes de 17 ans en 2022 par rapport à 25,1 % en 2017, et seulement 3 % de fumeurs quotidiens parmi les 15-16 ans en 2024 par rapport à 16 % en 2015.

En 2024, cette tendance à la baisse touche aussi de façon nouvelle les jeunes adultes de 18-29 ans, avec 18,4 % de fumeurs quotidiens dans cette population en 2024 par rapport à 29,3 % en 2021.

Baromètre Santé : les vapoteurs sont à 97,2 % des fumeurs ou d’anciens fumeurs

3

Le Baromètre Santé Publique France 2024 a permis d’actualiser les données concernant le statut tabagique des utilisatrices et utilisateurs de cigarette électronique.

Il rend compte que seul 2,8 % des vapoteurs quotidiens n’ont jamais fumé, et que 97,2 % des vapoteurs se sont mis à vapoter après avoir fumé. Ils sont précisément à 49,5 % d’anciens fumeurs désormais vapoteurs exclusifs, à 47,7 % des fumeurs occasionnels qui ont réduit leur consommation de tabac grâce à la vape, et à 31,6 % des fumeurs encore quotidiens malgré la vape. Ainsi, plus de la moitié des personnes vapoteuses, fumeuses à la base, ont réussi à arrêter de fumer grâce à la cigarette électronique.

Santé Publique France rappelle pour cette raison, en conclusion de son dernier Baromètre Santé, qu’en l’état actuel des connaissances, les autorités de santé invitent à ne pas décourager les fumeurs qui se seraient engagés dans une tentative d’arrêt du tabac avec l’aide de la vape, et que cette dernière peut être utilisée dans une démarche stricte d’arrêt du tabac, pour des publics vulnérables à forte dépendance à la nicotine, en cas d’échec ou de mauvaise adhérence aux traitements validés et lorsqu’une préférence est exprimée pour les dispositifs de vapotage.

Les populations les plus précaires comptent davantage de fumeurs… et de vapoteurs

4

Le dernier Baromètre Santé nous apprend également que, malgré une tendance globale à la baisse du tabagisme en France qui concerne également les catégories socio-économiques moins favorisées, les populations les plus précaires restent celles les plus touchées par le tabagisme en 2024, les inégalités sociales en matière de tabagisme restant très marquées.

Le document rend compte d’1,6 fois plus de fumeurs quotidiens parmi les personnes non diplômées ou avec un diplôme inférieur au Baccalauréat, de 2,1 fois plus de fumeurs parmi les ouvriers que parmi les cadres, de 3 fois plus de fumeurs parmi ceux qui perçoivent leur situation financière difficile que parmi ceux qui se déclarent à l’aise financièrement, et d’1,5 fois plus de fumeurs parmi les personnes au chômage par rapport aux actifs occupés.

Le Baromètre Santé Publique France 2024 rend aussi compte d’inégalités face au sevrage tabagique, avec une volonté d’arrêter de fumer plus importante chez les plus aisés, qui va de pair avec davantage de tentatives d’arrêt du tabac dans cette même catégorie de la population. En 2024, les cadres et professions intellectuelles supérieures (60,2 %) et les professions intermédiaires (60,5 %) ont en effet manifesté davantage envie d’arrêter de fumer que les ouvriers (52,3 %) et les employés (52,7 %). Les cadres et professions intellectuelles supérieures (20,0 %) ont aussi davantage tenté d’arrêter de fumer que les employés (16,0 %) et les ouvriers (14,2 %) en 2024.

Cependant, Santé Publique France nous apprend que les populations les plus précaires sont aussi celles qui sont les plus nombreuses à se saisir de la vape, sans doute pour des raisons économiques. La proportion de vapoteurs quotidiens en 2024 varie en effet selon la situation socio-économique, de 5,2 % parmi les cadres à 7,3 % parmi les ouvriers ; de 4,2 % parmi ceux se déclarant à l’aise financièrement à 8,2 % parmi les personnes percevant leur situation financière comme difficile. Par conséquent, le dernier Baromètre Santé nous apprend que l’accès au vapotage est équitable auprès de toutes les populations. Une bonne nouvelle.

Baromètre Santé Publique France 2024 : des évolutions du tabagisme et du vapotage à interpréter avec précautions en raison d’une méthode d’enquête nouvelle

5

Le Baromètre Santé 2024, soit la 15ème édition lancée par Santé Publique France, est l’aboutissement d’un travail de refonte méthodologique engagé depuis 2022 pour garantir la qualité statistique des résultats. Parmi les principales évolutions de la méthode d’enquête, la plus importante concerne le protocole de collecte des données. Autrefois uniquement par téléphone, l’enquête s’est déroulée également, en 2024, par internet.

Santé Publique France déclare dans ses conclusions que les indicateurs analysés ne semblent pas présenter d’effets liés à ce nouveau mode de collecte. L’organisme précise en revanche qu’une partie des évolutions observées pourrait être due à d’autres changements de la méthode d’enquête, et plus particulièrement à son caractère désormais obligatoire, communiqué aux individus invités à participer, tirés au sort dans les fichiers démographiques sur les logements et les individus (Fidéli, Insee-DGFiP).

Santé Publique France invite, de fait, à faire preuve de prudence dans les interprétations des évolutions observées par rapport aux éditions antérieures du Baromètre Santé, y compris celles qui concernent le tabagisme et le vapotage.

Des données manquantes et une désinformation préoccupante, d’après la FIVAPE

6

En réaction à la mise en ligne du Baromètre Santé 2024, la FIVAPE a déclaré le 16 décembre 2025 dans un communiqué qu’il manquait des données importantes dans les résultats, notamment les méthodes choisies par les fumeurs lors de leurs tentatives d’arrêt, les statistiques des rechutes vers la vape ou vers la cigarette, et les statistiques des personnes qui arrêtent le vapotage après un sevrage tabagique réussi à l’aide de la vape.

La FIVAPE a également déploré l’absence d’un profil pour les usagers qui utilisent des substituts nicotiniques en plus de la cigarette électronique pour leur sevrage, en plus des profils de vapoteurs exclusifs et de vapofumeurs déjà existants, alors que la pratique est répandue, car prescrite par de nombreux médecins.

Dans son communiqué, la FIVAPE a enfin dénoncé une désinformation préoccupante qui influence de façon néfaste le comportement des fumeurs, la question de la perception des risques relatifs entre vaper et fumer n’étant absolument pas traitée dans le dernier Baromètre Santé malgré la connaissance d’une perception erronée des Français de la dangerosité des produits du vapotage par rapport à celle du tabac par Santé publique France.

« Force est de constater que Santé publique France, malgré les résultats qu’elle publie, peine à reconnaître la place et l’impact positif du vapotage dans la lutte contre le tabagisme […]. Le baromètre santé est un outil indispensable qui mériterait plus de précision. L’absence de données essentielles ouvre la porte à la construction de trop nombreuses conjectures et récits imaginaires, qui nuisent à l’intérêt général et font passer la vape pour un problème plutôt qu’une solution. »

FIVAPE.
TK white gold square2

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Vous pourriez aussi aimer ces articles

Baromètre Santé : le vapotage progresse, aux dépens du tabagisme
12 février 2026
Dégustation test du e-liquide Avenir par Article 23
01 décembre 2025
France : vers une interdiction du tabac aux futures générations ?
06 novembre 2025