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Nouvelles preuves de l’efficacité de la vape dans la lutte contre le tabagisme

Nouvelles preuves de l’efficacité de la vape dans la lutte contre le tabagisme

Le Public Health England (PHE), dans sa lutte contre le tabagisme, s’intéresse de près sur le vapotage au Royaume-Uni, et plus particulièrement à l’étude de la cigarette électronique en tant qu’outil d’aide au sevrage tabagique, ainsi qu’aux habitudes de la population anglaise par rapport au vapotage.

Comme chaque année depuis 2015, l’organisme officiel a donc alloué un budget à une équipe de chercheurs indépendants experts du tabac pour recueillir et traiter des données d’enquêtes sur le sujet pour définir une évolution par rapport aux années précédentes, et de publier leurs conclusions dans un rapport annuel indépendant, afin d’effectuer une veille par rapport à sa politique de lutte contre le tabac où la vape joue un rôle majeur.

Dirigé par Ann Mc Neill, professeure spécialisée dans l’addiction au tabac au National Addictions Center du King’s College London Institute of Psychiatry, et directrice adjointe du UK Centre for Tobacco Control Studies, ce 7ème rapport publié le 23 février 2021, dont le résumé est accessible ici, comporte pas moins de 247 pages et titre Vaping in England : an evidence update including vaping for smoking cessation.

Autrement dit : De nouvelles preuves de l’efficacité de la vape dans le cadre d’un sevrage tabagique, nous arrivent du Royaume-Uni. Et pas seulement !

Ann McNeill et son équipe de chercheurs britanniques de premier plan sur la lutte antitabac que sont Leonie Brose, Robert Calder, Erikas Simonavicius et Debbie Robson évoquent également dans ce rapport les habitudes de consommation des jeunes et mettent une fois de plus à mal la théorie de la passerelle à l’origine de plusieurs prises de position défavorables à la vape par d’autres hautes instances de santé dans le monde, tel l’OMS, et alertent sur une anxiété croissante de la population par rapport à la vape et ses répercussions néfastes dans le cadre de la lutte contre le tabagisme.

Mais pourquoi, en France, s’intéresser aux conclusions de recherches effectuées sur la population anglaise ? Parce que le 7ème rapport sur le vapotage au Royaume-Uni du PHE examine avec rigueur la prévalence du vapotage chez les jeunes et les adultes et passe en revue la littérature de recherche sur l’effet du vapotage sur l’abandon et la réduction du tabagisme. Il constitue au-delà de ses frontières un témoignage fiable de ce qui se passe sur une population donnée lorsqu’un gouvernement utilise la vape dans un plan d’action contre le tabac, contrairement à ce que préconise par exemple la Commission Européenne, qui visiblement ferait bien de s’inspirer davantage du Public Health England pour son plan de lutte contre le cancer 2021.

Un rapport très sourcé

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Les chercheurs missionnés pour le 7ème rapport sur le vapotage au Royaume-Uni du Public Health England ont indiqué sur le résumé de leur publication avoir croisé de nombreuses sources afin d’obtenir les résultats les plus fiables possibles.

Deux enquêtes ont été utilisées pour obtenir des informations sur le vapotage et le tabagisme chez les jeunes en Angleterre : The Action on Smoking and Health Smokefree Great Britain Youth Survey of 11-18 ans (ASH-Youth) datant de 2020 ainsi que The International Tobacco Control Policy Evaluation Project Youth Tobacco and Vaping Survey of 16-19 ans (ITC Youth) datant de 2019.

Concernant le vapotage chez les adultes au Royaume-Uni, le rapport s’est appuyé sur deux enquêtes de 2020 : l’étude sur la boîte à outils sur le tabagisme (STS) et Action on Smoking and Health Smokefree Great Britain Adult Survey (ASH-Adult). Les chercheurs ont également employé des données provenant de deux études de 2019 : l’enquête sur les opinions et le mode de vie (OPN), ainsi que Cohort Great Britain (ICGB).

Au sujet du point plus spécifique dédié au rôle du vapotage dans l’abandon ou la réduction du tabagisme, l’équipe de chercheurs dirigée par Ann Mc Neill a complété les données des enquêtes précédemment citées par une revue de la littérature scientifique disponible sur le sujet qu’ils ont fait évaluer par des pairs, ainsi que par des données de NHS Digital traitant d’informations recueillies par les services d’aide à l’arrêt du tabac en Angleterre entre avril 2019 et mars 2020.

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Le Public Health England souhaite obtenir chaque année les données les plus exhaustives et précises possibles dans leur rapport sur le vapotage. Et pour cause. Si le gouvernement britannique a décidé de mettre à jour chaque année l’examen des cigarettes électroniques et des nouveaux systèmes d’administration de nicotine jusqu’à la fin de 2022, c’est pour être en mesure de définir les actions passées à l’efficacité prouvée. Autrement dit : évaluer si les règlements passés ont été appropriés et ont permis d’aider les fumeurs à arrêter de fumer, tout en évitant un risque de consommation pour les non-fumeurs, pour corriger le tir au besoin.

Le gouvernement britannique s’est ainsi engagé à revoir son règlement sur le tabac et les produits connexes (RPRP), dont les produits de vapotage à la nicotine, d’ici le 20 mai 2021 d’après les données obtenues par l’équipe de chercheurs missionnée par le Public Health England, pour se donner les moyens d’une politique de lutte contre le tabagisme toujours plus efficace. Le Royaume-Uni ne perd donc pas de vue son objectif sans fumée à l’horizon 2030 et se donne une fois de plus cette année tous les moyens pour y parvenir. Il continuera la promotion de la vape en tant que substitut nicotinique puisque cette démarche prouve son efficacité dans ce 7ème rapport annuel sur le vapotage.

Des preuves solides que la vape aide à arrêter de fumer

Des preuves solides que la vape aide à arrêter de fumer

« Notre rapport rassemble les résultats d’essais contrôlés randomisés, de services de sevrage tabagique et d’études de population et conclut que le vapotage avec nicotine est un moyen efficace d’arrêter de fumer avec succès.»

Ann Mc Neill

La principale auteur du rapport, Ann Mc Neill est catégorique sur ces affirmations dans le communiqué de presse officiel du PHE publié le 23 février 2021, grâce à des preuves plus solides que celles amenées dans le rapport de 2018 : des marqueurs prouvant l’efficacité de la méthode anglaise dans la lutte contre le tabac. La prévalence du tabagisme chez les adultes en Angleterre a en effet continué de baisser. Elle se situe désormais entre 13,8% et 16,0% selon l’enquête ASH-Adult, ce qui équivaut à environ 6 à 7 millions de fumeurs.

La proportion de doubles consommateurs tabac/vape au Royaume-Uni a également diminué depuis 2012, passant de 74% à 38% dans l’enquête ASH-Adult et de 92% à 51% dans l’enquête STS. De bons résultats pas encore jugés insuffisants par l’équipe de chercheurs du Public Health England qui recommande de continuer à les encourager à arrêter totalement de fumer.

Autre marqueur qui montre l’efficacité de la vape en tant que substitut nicotinique dans la même enquête : 51% des vapoteurs sondés ont déclaré avoir réduit le dosage en nicotine du e-liquide qu’ils consomment depuis leurs premières bouffées, soit plus de la moitié d’entre eux.

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L’équipe dirigée par Ann Mc Neill a remarqué une corrélation entre la hausse d’utilisation du vapotage comme outil de sevrage tabagique et l’augmentation des sevrages tabagiques réussis en Angleterre depuis leurs premières études pour le Public Health England. Les taux d’abandon du tabagisme impliquant un produit de vapotage sont d’ailleurs plus élevés que ceux obtenus avec une autre méthode de sevrage tabagique dans toutes les régions d’Angleterre. Les chercheurs estiment que rien qu’en 2017, plus de 50 000 fumeurs ont ainsi réussi à arrêter la cigarette grâce à la vape, sans laquelle ils auraient continué à fumer.

Leur conclusion est claire : Les produits de vapotage sont plus efficaces pour aider les gens à arrêter de fumer que les substituts nicotiniques.

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L’Angleterre compte actuellement 2,7 millions de vapoteurs adultes sur ses terres, et la tendance ne semble pas à la baisse. Le 7ème rapport sur le vapotage du PHE montre en effet une baisse de l’utilisation de substituts nicotiniques pour arrêter de fumer corrélée à une hausse de l’utilisation de la cigarette électronique dans ce même but par les anciens fumeurs anglais de longue date entre 2013 et 2020. Un choix qui en dit lui aussi long sur l’efficacité de la vape par rapport à ces substituts. En 2020, les produits à base de nicotine vaporisée étaient même l’aide la plus populaire chez l’ensemble les fumeurs qui essayaient d’arrêter de fumer avec 27,2 % d’utilisateurs de nicotine vaporisée contre seulement 18,2 % d’utilisateurs de patchs, gommes et autres substituts nicotiniques, et 4,4 % qui se sont vus prescrire un médicament pour leur sevrage : la varénicline.

Les raisons les plus courantes évoquées par les vapoteurs sondés pour l’enquête ASH-Adult sur leur passage à la vape étaient d’ailleurs les suivantes: arrêter de fumer (29,7%), ne pas fumer (19,4%) ou réduire (11,2%) leur tabagisme. Dans l’enquête OPN 2019, 52,8% des vapoteurs actuels ont également déclaré vapoter pour arrêter de fumer.

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L’étude des données fournies entre avril 2019 et mars 2020 par les Stop Smoking Services en Angleterre a même permis aux chercheurs à l’origine du 7ème rapport annuel sur le vapotage du Public Health England d’identifier la meilleure méthode pour arrêter de fumer. Les anciens fumeurs qui ont utilisé le vapotage tout en étant accompagné dans leur tentative d’arrêt par les services anglais locaux de sevrage tabagique (Stop Smoking Services) sont en effet ceux qui ont le taux de réussite le plus élevé, compris entre 59,7 % et 74 % entre 2019 et 2020, par rapport à toute autre méthode de sevrage tabagique.

Les Stop Smoking Services détaillent plus précisément dans leur étude que les taux d’abandon du tabac les plus élevés (74%) ont été observés lorsque la tentative d’abandon impliquait l’utilisation d’un médicament sous licence suivie par un produit de vapotage.

Bien loin d’être une menace pour la lutte contre le tabac, la vape pourrait ainsi être une aubaine pour les pouvoirs publics ailleurs en Europe pour sortir les fumeurs de leur dépendance à la cigarette, si seulement ils décidaient d’inclure la vape intelligemment dans les solutions de sevrage proposées aux fumeurs et d’en faire une juste promotion, comme c’est le cas en Angleterre. Le Public Health England ne compte d’ailleurs pas s’arrêter sur cette bonne lancée et souhaite effectuer des recherches supplémentaires sur les freins à l’utilisation des produits de vapotage dans le cadre d’une tentative de cesser de fumer soutenue dans les Stop Smoking Services pour améliorer encore les chiffres obtenus.

La théorie de l’effet « passerelle » réfutée

La théorie de l'effet "passerelle" réfutée

Contrairement à la voie qu’ont choisi l’ONU et la Commission Européenne en diabolisant la vape au même titre que le tabac, l’Angleterre a su se saisir des cigarettes électroniques comme d’une opportunité dans sa campagne de lutte contre le tabagisme depuis plusieurs années maintenant. Suffisamment pour avoir assez de retour sur l’éventuel impact de cette politique en faveur de la vape auprès de la jeune population britannique.

Un sujet qui intéresse d’ailleurs chaque année le gouvernement britannique, rappelons-le, dans leur veille du risque de consommation pour les non-fumeurs. Car le rapport annuel du Public Health England a pour but de vérifier par des données précises que les réglementations sur le tabac, la nicotine et les produits du vapotage permettent d’aider les fumeurs à sortir du tabagisme tout en évitant une consommation de ces mêmes produits par les non-fumeurs, quel que soit leur âge. Une approche qui n’a rien de contradictoire et dont les dirigeants Européens auraient beaucoup de choses à apprendre.

N’en déplaise à l’ONU et à la Commission Européenne, une politique bienveillante envers la vape peut en effet être menée intelligemment, en en faisant la promotion uniquement en tant que moyen de sevrage tabagique efficace pour les fumeurs, comme c’est le cas en Angleterre, sans entraîner de risque pour les non-fumeurs, y compris parmi les jeunes. Le rapport ne souligne en effet aucune hausse du vapotage chez les jeunes non-fumeurs, avec seulement 0,8% à 1,3% de jeunes vapoteurs n’ayant jamais fumé auparavant, contre 6,1 % de vapoteurs qui n’ont jamais fumé chez les adultes. Le 7ème rapport sur le vapotage du Public Health England souligne que la plupart des jeunes vapoteurs âgés de 11 à 18 ans sondés étaient ainsi des fumeurs anciens ou actuels et que 11,9% d’entre eux ont même déclaré avoir vapoté pour arrêter de fumer.

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Il ressort du 7ème rapport annuel sur le vapotage du PHE que la prévalence du vapotage et du tabagisme chez les jeunes âgés de 11 à 18 ans en Angleterre a peu évolué ces dernières années selon l’enquête ASH-Youth. Une légère baisse est à noter pour le tabagisme, avec une proportion de 7,1 % de jeunes fumeurs en 2015 tombée à 6,7 % aujourd’hui. La prévalence de l’utilisation d’une cigarette électronique au moins une fois par mois par les jeunes âgés de 11 à 18 ans au Royaume-Uni n’a quant à elle pas bougé du tout depuis un an, en restant en mars 2020 à 4,8%, taux identique à celui obtenu en mars 2019 dans l’enquête ASH-Youth.

Les chercheurs à l’origine du rapport du Public Health England recommandent par prudence au gouvernement britannique de poursuivre la surveillance de ces données dans le futur afin de s’assurer que cela ne change pas.

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Si le nouveau rapport du Public Health England constitue une nouvelle preuve face aux arguments de la vape passerelle vers le tabagisme chez les jeunes, il comporte des recommandations pour protéger davantage les jeunes de toute forme de dépendance à la nicotine. Premier levier d’action recommandé : renforcer la surveillance de l’application de la réglementation sur l’âge de vente pour le vapotage et le tabagisme. En cause : le fait que trois quarts des vapoteurs actuels âgés de 11 à 17 ans ont pu acheter des produits de vapotage malgré l’interdiction de ventes aux moins de 18 ans et par procuration appliquée dans le pays.

Les chercheurs n’évoquent pas, contrairement à la Commission Européenne dans le cadre de son plan de lutte contre le cancer édition 2021, d’intérêt à interdire les arômes (sauf classics) pour dissuader la jeune population de commencer à vapoter. Et pour cause : Le rapport du Public Health England montre que les arômes fruités sont les préférés des jeunes comme des adultes, et qu’une telle mesure pénaliserait l’ensemble des vapoteurs et non pas seulement les jeunes. Interdire les arômes fruités aurait donc une répercussion négative auprès des adultes passés à la vape adeptes de saveurs fruitées, soit la majorité d’entre eux.

La seule différence de consommation réellement perceptible entre les jeunes et les adultes se situe au niveau du matériel utilisé. Le rapport du Public Health England rapporte en effet une préférence des adultes pour les cigarettes électroniques rechargeables en e-liquide (75%) là où les jeunes, qui utilisent aussi ces dispositifs rechargeables avec une préférence pour les pods mods à 49,1%, semblent de plus en plus attirés par les e-cigs fonctionnant avec des cartouches pré-remplies, avec un taux de 17,6% en 2019 passé à 34,2% en 2020. Ainsi, s’il fallait prendre des mesures pour limiter l’entrée des jeunes dans le vapotage, il apparaîtrait plus judicieux de cibler les appareils à cartouches pré-remplies en e-liquide plutôt que les arômes des e-liquides, ces cartouches pré-remplies étant les seuls produits que l’on retrouve en hausse d’utilisation uniquement auprès de la jeune population.

Désinformation : le plus gros frein de la vape

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Ann Mc Neill, professeure spécialisée dans l’addiction au tabac au National Addictions Center du King’s College London Institute of Psychiatry, directrice adjointe du UK Centre for Tobacco Control Studies, et auteur principale du 7ème rapport annuel sur le vapotage au Royaume-Uni du Public Health England ne mâche pas ses mots sur le sujet :

« Ce qui est inquiétant, c’est que les fumeurs, en particulier ceux des groupes défavorisés, croient à tort et de plus en plus que la vaporisation de nicotine est aussi nocive que le tabagisme. Ce n’est pas vrai et cela signifie que moins de fumeurs essaient le vapotage. »

Ann Mc Neill

La pratique du vapotage a en effet atteint un plafond chez les adultes et les jeunes depuis le dernier rapport de PHE en mars 2020 qui questionne les chercheurs, avec une prévalence du vapotage inférieure à la prévalence du tabagisme dans tous les groupes, qui continue d’être d’environ 6% (entre 5,5% et 6,3%), ce qui équivaut à environ 2,7 millions de vapoteurs adultes en Angleterre. Leur explication ? Une croyance erronée de la dangerosité de la vape.

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D’après leurs données, 38% des fumeurs en 2020 pensent encore que vapoter est aussi nocif que fumer et 15% pensent même encore que c’est plus nocif. Seuls 29 % des fumeurs pensent que le vapotage est moins nocif que le tabagisme. 18 % ne savent pas. Les chercheurs du Public Health England indiquent ainsi leur inquiétude face à cette perception des risques qui se dégrade, allant de pair avec une anxiété croissante par rapport aux produits du vapotage, qui entraîne une diminution du nombre de fumeurs qui se tournent vers la vape pour arrêter de fumer.

Ces idées fausses sur les méfaits relatifs du tabagisme et du vapotage touchent aussi les jeunes, et donc malheureusement aussi les jeunes fumeurs. Le rapport du Public Health England indique ainsi que ces points devront être abordés avec la jeune population britannique pour contrer le problème. La proportion des 11 à 18 ans qui pensaient que le vapotage était moins nocif que le tabagisme est en effet tombée de 66,7% en 2015 à seulement à 43,3% en 2020.

Pourquoi une telle croyance malgré une communication positive du Public Health England sur la vape depuis plusieurs années ? Sont probablement en cause les informations contraires à celles publiées par le Public Health England, encore trop nombreuses sur la toile, issues de discours officiels d’importants organismes comme l’OMS et de la Commission Européenne (entre autres) qui persistent à présenter la vape comme un nouveau produit du tabac, sous couverture d’un possible effet passerelle de la vape vers le tabac pourtant démenti dans de nombreuses études. Difficile pour la population de savoir à quelle autorité se fier face à ces flots d’information contraires provenant toutes de hautes instances.

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Dans le communiqué de presse du Public Health England paru le 23 février 2021, le professeur John Newton, directeur de l’amélioration de la santé à PHE, intervient directement pour rappeler aux fumeurs là où se situent les véritables risques :

« Le tabagisme reste la principale cause évitable de décès prématuré et de maladie – tuant près de 75000 personnes en Angleterre en 2019. La meilleure chose qu’un fumeur puisse faire est d’arrêter complètement de fumer et les preuves montrent que le vapotage est l’un des moyens les plus efficaces pour arrêter de fumer, aidant environ 50000 fumeurs à arrêter de fumer par an. Des milliers d’autres auraient pu arrêter de fumer, sauf pour des craintes non fondées sur la sécurité des cigarettes électroniques. Les preuves sont claires depuis un certain temps que, bien que non sans risque, le vapotage est beaucoup moins nocif que le tabagisme. Pour tous ceux qui fument, en particulier ceux qui ont déjà essayé d’autres méthodes, nous leur recommandons fortement d’essayer le vapotage et d’arrêter de fumer – idéalement avec le soutien supplémentaire de leur service local pour arrêter de fumer pour les meilleures chances d’arrêter de fumer pour de bon. »

John Newton

Michelle Mitchell, bien placée pour parler des risques du tabagisme en tant que Cancer Research UK’s Chief Executive, est également intervenue après la parution du rapport pour surenchérir sur le sujet :

« Les cigarettes électroniques sont un produit encore relativement nouveau – elles ne sont pas sans risque car nous ne connaissons pas encore leur impact à long terme. Nous décourageons fortement les personnes qui n’ont pas fumé de les utiliser, en particulier les jeunes. Mais les recherches menées jusqu’à présent montrent que le vapotage est moins nocif que le tabac fumé et, comme le souligne ce rapport, elle peut aider les gens à arrêter de fumer. Les effets à long terme des e-cigarettes sont inconnus, mais les méfaits à long terme du tabac sont indiscutables. »

Michelle Mitchell

L’Angleterre : championne de la lutte anti-tabac

L'Angleterre : championne de la lutte anti-tabac

L’approche rigoureuse du gouvernement britannique qui préfère réaliser soi-même ses recherches au sujet de la vape et de son efficacité dans le cadre du sevrage tabagique est très différente de celle de la France. Notre Ministère de la Santé n’a en effet pas initié de recherches sur le vapotage sur l’hexagone depuis 2013. Comment dans de telles circonstances espérer obtenir une politique de lutte contre le tabagisme d’actualité par rapport aux habitudes de consommation de sa population ? La France semble, comme les autres pays de l’Union Européenne, s’en remettre à ce sujet aux recommandations de la Commission Européenne en la matière, issues de recherches menées sur la population européenne comme l’Eurobaromètre 2021 qui a servi à l’élaboration du nouveau plan de lutte contre le cancer 2021 également paru un peu plus tôt en février 2021.

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L’Eurobaromètre 2021 titré Attitudes of Europeans towards tobacco and electronic cigarettes, qui a comptabilisé 30000 participations dans les 27 pays de l’Union européenne entre août et septembre 2020, est le rapport sur lequel s’est appuyé la Commission Européenne pour expliquer les leviers d’actions de son plan de lutte contre le cancer édition 2021. Un plan d’action qui, rappelons-le, place la vape comme un ennemi à combattre au même titre que le tabac, comme nous vous l’avions expliqué auparavant dans cet article.

Pourtant, certaines données de l’Eurobaromètre 2021 rejoignent les conclusions du 7ème rapport sur le vapotage au Royaume-Uni du Public Health England et attestent que la politique de réduction des risques avec promotion du vapotage au Royaume-Uni est plus efficace que celle de la France et des autres pays européens qui diabolisent la cigarette électronique dans le cadre de leur lutte contre le tabagisme.

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La France compte en effet encore 28 % de fumeurs en France, bien qu’elle connaisse une baisse de 8 % depuis l’Eurobaromètre de 2017. Bien que descendu de la 3ème à la 10ème place des pays les plus fumeurs d’Europe, notre pays est en effet encore loin derrière le Royaume-Uni. Ce dernier ne comptabilise que 12% de fumeurs dans l’Eurobaromètre 2020 et se hisse à la 2nde place du classement derrière la Suède.

Les mesures annoncées par la Commission Européenne par rapport à la vape, déjà surprenantes compte tenu des statistiques obtenues dans l’Eurobaromètre 2021, finissent ainsi d’apparaître comme un comble à la lecture des arguments avancés par le Public Health England. L’argument de protéger la jeune population européenne mis en avant par la Commission Européenne résistera-t-il une fois de plus aux données scientifiques du PHE qui mettent à mal cette couverture dangereuse pour la lutte contre le tabagisme ? L’histoire nous rappelle que c’est malheureusement ce qui est à redouter.

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