
Dans le contexte européen actuel où certains pays ont décidé d’interdire la vente en ligne de cigarettes électroniques, comme la Belgique, la reconnaissance de l’utilité de la cigarette électronique comme produit à risques réduits et moyen d’aide au sevrage tabagique efficace semble loin d’être assurée dans les pays, y compris en France, malgré les recommandations de santé d’associations spécialisées. Les premiers résultats d’une étude co-menée actuellement par le CRIVAPE (Centre de Recherche et d’Innovation pour la Vape), un institut privé, et le CHU de Strasbourg (HUS), un institut public arrivent donc au bon moment pour rappeler que la vape a un rôle à jouer en matière de santé : elle y est présentée comme l’outil le plus approprié en matière de sevrage tabagique !
Le succès de la vape vu par la Science

La vape connaît un véritable engouement parmi les populations. La consultation publique européenne au sujet des taxes tabac avait d’ailleurs déjà montré que les européens étaient majoritairement pour une reconnaissance de la vape comme produit à risques réduits et outil d’aide à l’arrêt du tabac, puisque 89,5% des participants y citaient la vape comme une aide au sevrage tabagique. En France, la cigarette électronique est même le premier outil de sevrage tabagique, et ce depuis depuis 2017, puisque 26,9% des personnes qui ont fait une tentative d’arrêt du tabac ont eu recours à la cigarette électronique contre seulement 18,3% des personnes qui ont utilisé d’autres substituts nicotiniques, d’après le baromètre santé 2017 de Santé Publique France.

Toutefois, les autorités de santé françaises n’ont toujours pas reconnu l’utilité du vapotage dans la lutte contre le tabac, faute d’une étude fiable menée sur le territoire sur l’efficacité de la cigarette électronique. S’il y a un évident plaisir dans la vape grâce aux variétés de saveurs et à une gestuelle proche de celle de la cigarette qui pourrait expliquer la raison de l’engouement pour la vape plus que pour d’autres substituts nicotiniques, des scientifiques français ont décidé de creuser un peu plus loin la raison d’un tel succès et de rechercher d’autres causes, scientifiques cette fois, sur ce qui se passe dans le corps après vapotage.

Les choses pourraient ainsi changer en France grâce au projet scientifique co-mené actuellement par le CRIVAPE et le CHU de Strasbourg dans un partenariat inédit privé/public, visant à comprendre scientifiquement la vape. Leur étude préliminaire pour ce projet, nommée Pharmacocinétique de la nicotine après vapotage : étude animale, a plus précisément été menée conjointement par Maryse Hengen, Yohann Ballu, Eric Noll, Sophie Diemunsch, Véronique Kemmel, Pierre A. Diemunsch, spécialistes des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, et Sébastien Roux, le directeur du CRIVAPE. Il s’agit d’une analyse sur l’absorption, la diffusion, la métabolisation et l’élimination de la nicotine par l’organisme après vapotage, afin de prouver ou d’infirmer son efficacité en tant que substitut nicotinique, pour réduire les risques liés au tabagisme. Et les résultats sont plutôt encourageants !
L’efficacité de la cigarette électronique

L’équipe de spécialistes a mené de septembre 2017 à juillet 2018 des expérimentations dont les résultats sont ressortis dans un communiqué de presse en date du 30/11/2018, et clairement en faveur de la vape. Leur conclusion est en effet très claire : « la vape est l’outil le plus approprié en matière de sevrage tabagique : la pharmacocinétique de la nicotine après vapotage est très proche de celle observée après l’utilisation d’une cigarette. »
Une méthodologie fiable
Pour arriver à une telle conclusion, l’équipe de chercheurs a effectué des relevés sanguins après une administration pulmonaire d’aérosol issu d’une cigarette électronique. L’étude a donc consisté à effectuer des prélèvements sanguins veineux et artériels avant vapotage puis après, à 2 minutes puis 5, 10, 20, 40, 80 et 120 minutes afin de doser la nicotine et la cotinine (principale métabolite de la nicotine) sur des patients anesthésiés généralement, auxquels a été administré un aérosol pour 2 minutes de vapotage continu avec du e-liquide FR-M d’Alfaliquid dosé à 6mg/ml de nicotine, grâce à une batterie iStick mini™ d’Eleaf réglé à 8,5 W et un atomiseur GS Air M d’Eleaf avec une résistance de 1,5ohm.
Des preuves tangibles
Les chercheurs ont alors réussi à démontrer pourquoi la sensation de satiété ressentie par les vapoteurs est plus importante que celle ressentie avec d’autres substituts nicotiniques. En fait, la nicotine issue du vapotage a une pharmacocinétique rapide, ce qui veut dire qu’elle est rapidement assimilée par l’organisme et qu’elle est délivrée également très vite au niveau du système nerveux central, d’une manière équivalente à la nicotine contenue dans les cigarettes. Ainsi, la nicotine d’un e-liquide vaporisé induit un pic de concentration sanguine seulement deux minutes après le début du vapotage. Un record qu’aucun autre substitut nicotinique ne peut se vanter d’avoir ! Les patchs de nicotine, par exemple, n’induisent un pic que dans les trente minutes après utilisation, ce qui explique l’insatisfaction liée à ces substituts qui ne permettent pas de satisfaire le besoin d’une sensation de satiété en nicotine des fumeurs.
Selon Sébastien Roux, directeur du CRIVAPE, « la vape se révèle ainsi particulièrement efficace, en répondant aux deux caractéristiques d’un sevrage tabagique réussi : une délivrance rapide et saine des molécules actives de nicotine. Ces premiers résultats sont un encouragement très positif pour l’avenir : faire reconnaître la cigarette électronique comme substitut nicotinique et réduire à long terme considérablement le nombre de décès liés au tabagisme. »
Le CRIVAPE, qui depuis 2016 a pour but d’apporter des connaissances scientifiques au sujet de la vape et de son application potentielle dans le domaine de la santé, et de contribuer au service du sevrage tabagique vient donc, en collaboration avec le CHU de Strasbourg, d’effectuer un sérieux premier pas dans la crédibilisation de la vape comme substitut nicotinique. Les prochaines étapes de ce projet scientifique apporteront-elles de nouvelles preuves de l’intérêt de la vape dans la lutte contre le tabagisme ? L’affaire est à suivre.
